Les Français risquent de ne pas "accepter" d'être "privés" des fêtes de Noël" (Edouard Philippe)
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"Que chacun prenne ses responsabilités": le Premier ministre Édouard Philippe a prévenu les grévistes opposés à la réforme des retraites que les Français risquent de ne pas "accepter" d'être "privés" des fêtes de Noël, dans un entretien au Parisien dimanche.
Le Premier ministre, Edouard Philippe a demandé vendredi soir à la SNCF
de préparer un "plan de transport" précisant quels trains seraient maintenus au moment des fêtes de fin d'année.
Quant aux commerces pénalisés, "nous réfléchissons à (...) des mesures de lissages pour le paiement de leurs cotisations sociales, afin qu'ils arrivent à passer le cap", comme au moment de la crise des "gilets jaunes", ajoute M. Philippe.
Face au besoin d'un simulateur "officiel" pour permettre à chacun de mesurer les effets de la réforme, le locataire de Matignon affirme qu'"on est en train de le construire, ce n'est pas facile", car "il faut que toutes les hypothèses, toutes les données soient stabilisées".
Il a demandé avant mercredi prochain aux équipes du haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye un "maximum de cas types", par exemple sur le cas d'un professeur de 50 ans avec 3 enfants. Et le simulateur "complet" devra être prêt "courant 2020, de préférence début 2020".
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En attendant, "tous les simulateurs de retraite que vous voyez traîner sont faux", lance-t-il.
Les régimes spéciaux seront eux supprimés "tous en même temps et on finit au même rythme" ultérieurement, précise-t-il. Et concernant les professeurs, "notre objectif est de revaloriser (leurs) rémunérations", ce qui "commencera dès le 1er janvier 2021, selon des modalités qui sont à déterminer pendant le 1er semestre 2020 et qui s'appliqueront pendant plusieurs années", indique Edouard Philippe, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'y attelant.
Pourquoi ne pas faire passer la réforme par points par référendum? "Juridiquement, ce n'est pas du tout impossible" mais "les députés ont été élus pour faire ce qui a été promis" et "je pense donc qu'un examen par le Parlement est indispensable", répond le Premier ministre.
Il ne se "pose pas" la question d'une éventuelle démission en cas d'échec de cette réforme: "Sinon, on ne fait plus rien. Cette réforme, j'y crois. Je suis déterminé. C'est pour cela que je suis calme".
Par ailleurs, le Premier ministre a jugé que "la bonne foi de Jean-Paul Delevoye était totale", après les mises en cause du haut-commissaire aux retraites sur ses activités parallèles.
Le "Monsieur retraites" du gouvernement a reconnu avoir omis de déclarer à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui scrute patrimoine et activités des membres du gouvernement, sa fonction d'administrateur bénévole dans un institut de formation de l'assurance, l'Ifpass. D'autres oublis sont apparus depuis: il siège bénévolement depuis 2016 au conseil d'administration de la Fondation SNCF, et préside l'Observatoire régional de la commande publique des Hauts-de-France.
Jean-Paul Delevoye a aussi cumulé sa fonction gouvernementale avec celle, rémunérée, de président d'un think tank du monde de l'éducation, Parallaxe - cumul qu'il avait déclaré mais qui, a-t-il appris depuis, n'était pas autorisé.
Selon le chef du gouvernement, "il s'en est expliqué. Quand il a eu la certitude que quelque chose dans sa déclaration n'allait pas, il a à la fois démissionné des mandats pour lesquels il n'était pas rémunéré, et s'est engagé à rembourser immédiatement les sommes en question". "Je pense que la bonne foi de Jean-Paul Delevoye est totale", a-t-il ajouté.
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Jean-Paul Delevoye n'a pas exclu de démissionner pour préserver la réforme des retraites dont il est l'artisan et qui est contestée de toutes parts. "Ce n'est pas à moi de juger mais si j'estimais, à un moment, que je suis devenu un sujet de fragilité, j'en tirerais les conséquences", a-t-il déclaré vendredi à Libération.
Le procureur de Paris a demandé des précisions à la HATVP sur le défaut de déclaration d'activité de Jean-Paul Delevoye. Une réunion du collège de la Haute autorité se tiendra mercredi.
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