Les levées de fonds ont été ternes selon les données d’Invest Europe, avec 120 milliards de dollars levés – soit moins 12 % par rapport à 2023 – incitant les fonds à se réinventer. (Photo d’illustration)
EXCLUSIF. Face à une croissance atone et une multiplication des faillites d’entreprises, les grands fonds d’investissement étrangers basés à Paris se recentrent sur Londres. – à l’image de Permira et Cinven.
Frémissements sur la place parisienne. L'année 2024 a été un mauvais millésime pour les grands fonds mondiaux, qui ont réduit à bas bruit leur voilure en France, selon les sources que La Tribune a collectées.
Le fonds britannique Permira -- 80 milliards d'euros d'actifs sous gestion en 2025 - a ainsi largement élagué sa petite équipe française. « Le fonds conserve son adresse postale rue de la Baume, à Paris, mais il n'y a plus personne, entre ceux qui sont appelés à chercher un nouveau poste et ceux qui sont redispatchés à Londres », analyse un expert du secteur.
Participations en difficulté
Autre cas de discrète réduction de voilure, le fonds Cinven s'est séparé de deux seniors dans un bureau d'une dizaine de personnes.
Quant au fonds suédois EQT, présent en France de longue date, il connaît des difficultés avec deux de ses participations, les laboratoires Cerba et les maisons de retraite Colisée. Les deux entités sont en pleine crise : Cerba est en train de restructurer sa dette car elle ne peut plus faire face à ses créanciers, tandis que Colisée envisage de le faire, lestée par une dette très importante dans un secteur malmené, qui a connu des restructurations en série. Signe de tension, la tête du bureau français en infrastructure a été écartée.
Plus d'opportunités de marché à Londres
Selon Le Financial Times, d'autres entreprises françaises détenues en partie par des fonds, comme le géant de l'immobilier Emeria - au sein de Partners Group -, ou l'opérateur des paiements Ingenico - chez l'américain Apollo -, risquent d'avoir besoin de restructurer leur dette.
D'autres fonds, s'ils ne quittent pas la France, déploient leurs ressources humaines vers des géographies plus prospères. « On demande aux investisseurs qui couvrent Paris de s'intéresser davantage à Londres, où il y a plus d'opportunités de marché », note une deuxième source, proche de fonds d'investissement.
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