Si toutes les entreprises ont observé le lundi 16 novembre une minute de silence, les attentats à Paris et à Saint-Denis ont soulevé de nombreuses questions dans le monde du travail, avec des salariés parfois directement touchés par la perte d'un collègue.
Selon les professionnels de la prévention des risques psychosociaux réunis à Paris dans le cadre du salon Best (ou Rencontre nationale Bien-être et santé au travail), les événements du 13 novembre ont poussé de nombreuses entreprises à s'intéresser à la question de la "gestion de crise".
"Les entreprises se sont senties engagées et ont pris rapidement des initiatives. Elles ont commencé à réfléchir à la gestion de crise et, en ce sens, les attentats ont contribué à une prise de conscience", détaille François Cochet.
"80% des appels, dès le week-end [des attentats du 13 novembre, Ndlr], venaient de chefs d'entreprises qui souhaitaient mettre en place une aide pour leurs salariés", précise de son côté Christophe Rey, vice-président de la FIRPS, qui compte une vingtaine d'adhérents pour environ 500 consultants.
Cette aide s'est aussi traduite par "un travail de fond, plus à froid, comme un conseil au management sur les comportements à adopter, les discours à tenir, le langage à utiliser", précise l'expert en gestion de crise. Car après l'émotion, les questions posées par les dirigeants comme par leurs salariés se focalisent sur la sécurité. Et notamment des sites sensibles, comme l'a rappelé l'affaire "Yassin Salhi" en juin.
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Pour rappel, l'homme employé d'une entreprise de produits chimiques en Isère a assassiné son patron par décapitation, puis placé sa tête sur un grillage de la société, entourée de drapeaux islamistes.
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Avec les impératifs de sécurité, les dirigeants doivent aussi s'atteler à la question du "fait religieux" en entreprise, et celle -in fine plus préoccupante- de la radicalisation.
Le 17 novembre, dans sa traditionnelle conférence de presse mensuelle, le président du Medef, Pierre Gattaz, avait abordé la question en ces termes :
En effet, avant l'été 2015, Thibault Lanxade (vice-président du Medef en charge des PME) et Jean-François Pilliard (en charge des dossiers sociaux) s'étaient vu confier une réflexion consacrée au sujet.
Le même jour, Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, va plus loin et n'hésite pas à inciter le patronat à prendre des mesures fortes en cas de suspicion de radicalisation. Ainsi, il explique au micro de France Info que "si quelqu'un a un comportement radicaliste", "le devoir du chef d'entreprise, c'est de signaler à la police ce comportement". Il assurait toutefois que ces situations demeuraient exceptionnelles, bien qu'elles se soient produites à la SNCF, à l'aéroport de Roissy, ou encore à la RATP.
Samy Aminour, un des trois kamikazes du Bataclan, avait été chauffeur de bus au sein de l'entreprise publique.
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Pour aller plus loin: "Première grande étude en France sur le fait religieux au travail" (une étude de l'Institut Randstad et de l'Observatoire du Fait Religieux en Entreprise qui s'appuie sur une enquête administrée entre septembre 2012 et mars 2013)
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