Information publique sur les stocks, personnel fiché "S" : l'industrie chimique alerte à nouveau le gouvernement

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La sécurité des sites chimiques a déjà été renforcée après l'attentat de juin dans une usine d'Air Products en Isère et les explosions en juillet sur un site pétrochimique de Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône).
La sécurité des sites chimiques a déjà été renforcée après l'attentat de juin dans une usine d'Air Products en Isère et les explosions en juillet sur un site pétrochimique de Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône). (Crédits : REUTERS/Emmanuel Foudrot)
L'Union des industries chimiques (UIC) alerte le gouvernement sur le risque que représentent la présence des informations relatives aux productions et aux stocks des usines du secteur sur la toile. Elle avait déjà demandé leur retrait en juillet dernier, sans succès.

Article publié le 17.11.2015 à 13:57, mis à jour le 19.11 à 11:46

Après les attentats perpétrés vendredi à Paris, l'industrie de la chimie alerte de nouveau le gouvernement. Comme elle l'avait déjà fait en juillet, lorsque sa demande n'avait été que partiellement mise en oeuvre, l'Union des industries chimiques (UIC) demandera mardi 17 novembre au ministère de l'Environnement le retrait des sites internet de toutes les informations relatives aux productions et aux stocks des usines du secteur, a déclaré à Reuters son directeur général Jean Pelin.

L'UIC, qui fédère 1.200 des 3.000 entreprises en France, sera en effet reçue dans l'après-midi par les services administratifs du ministère.

"On va redemander que soient sorties immédiatement d'internet toutes les informations à caractère sensible sur les stocks de produits dispersifs, explosifs ou aux productions sensibles. Il est incroyable que ce genre d'informations soient encore sur Internet", a souligné Jean Pelin.

Les sites chimiques Seveso très protégés

La sécurité des sites chimiques a déjà été renforcée après l'attentat de juin dans une usine d'Air Products en Isère et les explosions en juillet sur un site pétrochimique de Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône).

En revanche, "il n'y a pas de consignes particulières qui ont été données par les services de la Direction générale de la prévention et des risques du ministère de l'Environnement à la suite des attentats de vendredi car nous avons été sensibilisés dès le mois de janvier à ces questions de terrorisme. Cela a été confirmé après les attentats dans l'Isère et les Bouches-du-Rhône", a expliqué Jean Pelin.

Il y a en France 1.200 sites Seveso, pour moitié dans le secteur de la chimie. Celui-ci emploie près de 200.000 personnes. Jean Pelin a souligné:

"Les sites chimiques Seveso sont très contrôlés et le risque terroriste est ailleurs".

Les limites de l'information publique ?

Dans son article du 18 novembre, "Le Figaro" va plus loin, qui interroge un directeur de site Seveso, lequel sous le sceau de l'anonymat, décrit ce problème en termes très concrets qui explicitent on ne peut mieux les craintes du directeur général de l'Union des industries chimiques :

«Il suffit de taper 'plans de prévention des risques technologiques' (PPRT) et le nom de l'entreprise sur Google et on a accès à tous les éléments relatifs aux PPRT de notre site en libre accès sur le site de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement», rapporte le Figaro

Fiches "S": comment sécuriser l'embauche sur les sites sensibles ?

Le Figaro aborde un autre sujet sensible: la transmission de la liste des personnes fichées "S" pour éviter d'embaucher un individu à risque sur un site sensible:

"Nous n'avons à ce jour aucun moyen légal de connaître le placement en fiche S, ni des candidats à l'embauche, ni de nos employés», assure ce patron. Jean Pelin confirme: «La loi ne le permet pas effectivement, mais, dans la pratique, des dispositions sont prises pour éloigner ces personnes des sites. Certaines entreprises ont déjà pu avoir des contacts avec la sécurité intérieure. Nous sommes dans une zone grise».

Dans le contexte actuel d'attentats terroristes, Jean Pelin appelle le gouvernement à faire évoluer rapidement les dispositions légales du travail, selon le Figaro.

Le quotidien national propose en outre une infographie sur le risque Seveso en France, en termes de volumes et de répartition, mais précision importante non détaillée.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 18/11/2015 à 8:48 :
C est sur que les site seveso sont protéges ... si 3 gars avec des AK47 se pointent pour tout faire sauter, que vont faire les vigiles sans arme ....
a écrit le 17/11/2015 à 18:11 :
En parlant de chimie : http://www.france24.com/fr/20130430-francais-une-population-particulierement-contaminee-pesticides-insecticides-environnement-sante-invs/ Et vous remarquerez que l'aluminium est soigneusement évité.
Réponse de le 17/11/2015 à 22:16 :
La pierre d'alun est très prisée, il ne faut pas effrayer les gens. (de mémoire ça doit être un sulfate d'aluminium et d'ammonium ou potassium, doit y en avoir deux sortes (du moins en labo)).
Les pesticides peuvent avoir un effet cocktail, pas entre eux obligatoirement mais avec certains médicaments (un binôme a été trouvé, très spécifique, comme quoi c'est pas impossible mais il y a tellement de combinaisons, un peu comme le pamplemousse qui inhibe certains traitements, ....).
Je me souviens qu'on mangeait dans des casseroles/autres en alu quand j'étais petit, et moyen voire grand. il était déconseillé de faire cuire des aliments acide dedans (genre rhubarbe).

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