Les six dossiers urgents qui attendent Michel Barnier
Léna Ménager

(Photo d'illustration)
Reuters
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Les dossiers risquent de s'empiler bien vite sur le bureau du nouveau chef du gouvernement, à peine les premiers cartons déposés à l'hôtel de Matignon. Budget, Outre-mer, santé, environnement... Aperçu des principaux chantiers qui attendent le successeur de Gabriel Attal.
Ce sera le baptême du feu pour le nouveau Premier ministre. Le gouvernement démissionnaire a préparé une trame, avec un projet de loi de finances 2025 chiffré à 492 milliards d'euros. Une proposition que son successeur pourra amender, à condition d'en avoir le temps. Le calendrier du Parlement est intraitable : le budget de l'Etat doit être déposé le 1er octobre au Parlement, pour être examiné à l'Assemblée, et voté, en dernière lecture, au plus tard le 31 décembre.
Amendements en pagaille, invectives, motion de censure... Compte tenu de la composition politique du palais Bourbon - consécutive aux élections législatives, ayant donné lieu à trois blocs (NFP, camp présidentiel et extrême droite), sans majorité -, la séquence parlementaire promet d'être explosive.
Ce dossier sensible figure en haut de la pile. Les indépendantistes réclament toujours l'abandon de la réforme électorale, votée en mai puis suspendue par la dissolution. Seize semaines de violentes insurrections ont porté le bilan à onze morts et des dégâts considérables. Alors que la situation sociale et économique s'enlise, les acteurs locaux attendent impatiemment des solutions.
Le 28 août dernier, le Congrès de Nouvelle-Calédonie a adopté à une large majorité une résolution : elle demande un soutien massif de l'Etat de 500 milliards de francs Pacifique (soit 4,2 milliards d'euros) pour reconstruire l'archipel après les émeutes qui en ont ravagé le tissu économique. Ce plan, qui reste à négocier avec l'Etat, a vocation à être présenté rapidement au futur gouvernement afin de pouvoir être pris en compte lors de l'examen du projet de loi de finances 2025. Avant même la crise liée à la réforme du corps électoral, la Nouvelle-Calédonie faisait face à une situation financière préoccupante, liée notamment à la crise du secteur du nickel.
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Le mois d'août a, une fois de plus, été rythmé par les fermetures de services d'urgences, et ce, partout en France, y compris dans des agglomérations de grande taille. La crise devrait se prolonger, alors qu'une baisse du nombre d'internes est anticipée à l'automne. Plusieurs réformes destinées à lutter contre les déserts médicaux, comme la réforme du métier d'infirmière ou l'expérimentation de l'accès direct aux spécialistes, sont suspendues. Charge au prochain gouvernement de reprendre ou non ces solutions à son compte, alors que la préparation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale a pris du retard.
Les agriculteurs veilleront à ce que les promesses engagées au printemps soient tenues. « L'agriculture aujourd'hui a besoin d'autre chose que d'expédier les affaires courantes, elle a besoin de décisions », a ainsi mis en garde le président de la FNSEA Arnaud Rousseau. Jeudi 29 août, le syndicat majoritaire a pris les devants en proposant une loi « entreprendre en agriculture ». La loi d'orientation et le renouvellement des générations en agriculture, elle, est dans les limbes.
La filière nucléaire attend toujours une commande ferme de l'Etat et une décision sur le financement des prochains réacteurs promis par Emmanuel Macron en 2022. Un arbitrage sera aussi déterminant dans la stratégie nationale bas carbone (SNBC) : le gouvernement devait remettre en juin cette feuille de route nationale pour lutter contre le changement climatique, qui attendra finalement le prochain gouvernement. Même sort réservé au plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc), dont la présentation à l'Assemblée a été une énième fois repoussée.
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Alors que plus de 3.000 enseignants manquent toujours à l'appel en cette rentrée scolaire, le prochain gouvernement devra s'atteler à rendre le métier plus attractif. La réforme de la formation initiale des enseignants, qui devait tenter d'y répondre, a été suspendue. L'avenir de la réforme du collège demeure encore incertaine : les « groupes de besoin » seront bien mis en place cette année en classe de sixième et cinquième, mais les contours du nouveau brevet restent flous.
Léna Ménager