Michel Barnier : « Emmanuel Macron n’est pas le seul à défendre l’Europe »
Propos recueillis par Jules Pecnard
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Michel Barnier en juin 2023.
© LTD / ROGER ASKEW/SHUTTERSTOCK/SIPA
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Michel Barnier en juin 2023.
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LA TRIBUNE DIMANCHE : Emmanuel Macron s'est exprimé à la Sorbonne pendant près de deux heures sur l'Union européenne. Qu'en avez-vous retenu?
MICHEL BARNIER : J'écoute toujours avec intérêt ce que le président de la République a à dire sur l'Europe. Depuis son premier discours prononcé sur le sujet, en 2017, je suis content que la France ait confirmé son souhait de rester européenne. Elle l'était avant Emmanuel Macron et doit l'être après lui. Ce discours aurait gagné en crédibilité s'il avait été tenu quelques mois plus tôt, hors du contexte électoral. Le fait que le chef de l'État soit suspecté de voler au secours de sa liste enlève de la force au discours. Je ne lui en fais pas le reproche, mais cela nourrit une forme d'ambiguïté. Sur le fond, il y a des points communs avec les priorités des Républicains et de notre candidat, François-Xavier Bellamy, mais aussi des différences.
Lesquelles ?
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Depuis sept ans, Emmanuel Macron et ses soutiens prétendent être les seuls à défendre l'Europe; c'est faux. De la même manière que Marine Le Pen et Jordan Bardella ne sont pas les seuls à défendre la nation. Il y a, au milieu, la ligne du Parti populaire européen, la nôtre, à la fois patriote et européenne. Il y a par ailleurs, comme toujours, une distance entre ce que proclame le président et ce que font ses amis à Strasbourg, où ils ont été solidaires d'une inflation normative, notamment pour freiner l'activité agricole et soutenir la décroissance. Or c'est le contraire qu'il faut faire. J'ai pu retrouver dans ce discours des projets que je défends depuis longtemps, mais il ne faut pas confondre les idées et les incantations. L'influence française ne se décrète pas depuis la Sorbonne.
Propos recueillis par Jules Pecnard