Municipales : le maire demeure l'élu local préféré des Français

D'après notre sondage OpinionWay-Public Sénat-La Tribune pour l'UNCCAS (*), la « prime au maire sortant » joue à plein à quelques jours des élections. Si la réforme des retraites risque de peser sur le choix des votants, l’écologie s’impose comme la priorité du prochain mandat.
César Armand
(Crédits : Damien Meyer/Pool/AFP)

Le maire est celui qui comprend le mieux les préoccupations des Français au quotidien. Si cette phrase tombe sous le sens à la veille du premier tour des municipales, elle est confortée par notre sondage exclusif OpinionWay-Public Sénat-La Tribune pour l'UNCCAS (*) réalisé auprès de 1.001 personnes. 68% du panel cite en effet le titulaire de l'écharpe tricolore devant le conseiller régional (6%), le parlementaire (député ou sénateur à 6%), le président de la République (5%), le conseiller départemental (5%) ou le député européen (3%).

« Le maire est le dernier élu à "portée d'engueulades", dixit le président du Sénat Gérard Larcher. Il est sur le marché tous les week-ends et se doit de répondre à toutes les sollicitations », explique le directeur général de l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (UNCCAS) Benoît Calmels. « On est sorti des relents dégagistes de 2017 et de l'après-gilets jaunes. Il est redevenu la figure de proximité en qui nos compatriotes ont confiance. »

Sécurité, services publics et budgets en tête des sujets

La sécurité des biens et des personnes (39%), le maintien et la qualité des services publics (36%) ainsi que la gestion budgétaire de la ville (34%) apparaissent en outre comme les sujets prioritaires sur lesquels le maire devrait agir. « La question de la sécurité est à la fois un effet miroir de la situation de chacun et un sentiment général qui couvre plusieurs réalités: peur du déclassement, d'avoir une mauvaise retraite... » considère Benoît Calmels. « Les Français ne veulent pas de saupoudrages type maisons France service à 30 min de chez eux, mais des services publics dans leur commune. Ils disent au maire: ''débrouillez-vous et faites-le avec les moyens dont vous disposez, sans augmenter les impôts locaux''.

En revanche, à la question des actions à entreprendre pour la commune au lendemain du scrutin pour « améliorer les conditions de vie au quotidien », les sondés répondent « baisse des impôts » (40%), « accès plus facile à un service de santé » (34%) et « action écologique au niveau local » (34%). Le DG de l'UNCCAS se félicite de cette prise de conscience : « je suis dans le domaine des collectivités depuis 26 ans et c'est la première fois que l'écologie s'impose comme une problématique devant être réglée au niveau local », souligne-t-il. « C'est une très bonne nouvelle pour la planète. Nos concitoyens font confiance aux maires pour régler ce qui est devenu un problème du quotidien. »

"La prime au sortant" semble se vérifier

Les Français sont en outre prêts à se mobiliser. 60% des électeurs interrogés déclarent qu'ils iront voter les 15 et 22 mars prochain. Malgré la crise du coronavirus qui aurait pu les inciter à rester chez eux, les 18 ans et plus vont majoritairement aller choisir leur prochain maire, comme en 2014 où la participation fut de 63,6%.

Au regard de notre étude, la fameuse « prime au sortant », qui consiste à privilégier l'édile qui se représente devant ses administrés, semble également se vérifier. 50% des des panélistes ont l'intention de réélire leur maire actuel ou même de soutenir le candidat qu'il soutiendra, contre 44% qui entendent voter pour un concurrent. De même que 56% estiment que le maire a accompli un « bon » travail depuis 2014, et même un « excellent » travail, soit 65% d'avis positifs. A l'inverse, 32% le qualifient de « médiocre » (22%) voire même de « mauvais » (10%).


« Tout comme les enjeux de la gestion municipale, le niveau de satisfaction à l'égard du travail du maire est étroitement lié à la taille de la commune. Il est le plus élevé dans les communes rurales, où 75% des habitants de communes rurales jugent que leur maire a fait du bon travail », relève le sondeur OpinionWay dans sa note méthodologique. « Il est encore haut dans les autres communes de province : 65% dans les communes comptant de 2.000 à 20.000 habitants, 68% dans les communes de 20.000 à 100.000 habitants et 64% dans les villes de 100.000 habitants et plus hors région parisienne. Les habitants de la région parisienne sont en revanche beaucoup plus mitigés sur la gestion de leur commune : 52% sont satisfaits ».

Le poids des enjeux nationaux

Dans le même temps, le poids des enjeux nationaux pèsera aussi sur le prochain scrutin local. 54% des déclarants révèlent que la situation nationale comptera dans leur vote, et même 29% « certainement » contre 18% « certainement pas ». Ainsi, la réforme des retraites conduite par le gouvernement, qui a mobilisé beaucoup d'actifs et de seniors - la population qui vote le plus -, impactera ces élections.

55% des sondés affirment en effet que le projet de loi ne sera pas un critère dans leur choix, mais 43% disent l'inverse et 2% ne se prononcent pas. « Alors qu'ils se montrent inquiets pour leur retraite et pour l'avenir de leurs enfants, ils estiment en effet en majorité que le niveau de vie des jeunes générations sera moins bon que celui des retraités actuels quand elles arriveront à la retraite », considère OpinionWay. « Ce sentiment est partagé chez les jeunes et les actifs (62%) mais également chez les retraités qui pensent que les futurs retraités vivront moins bien qu'eux (69%). »

Il faudra, enfin, regarder, dès le 23 mars, à la fois quelle suite sera donnée à la réforme des retraites au Parlement et ceux qui sortiront du chapeau à l'issue des premières réunions des nouveaux conseils municipaux : les sortants, leurs alliés d'hier ou leurs irréductibles ennemis.

En attendant, ne serait-ce qu'au regard de la démultiplication des listes et du nombre de citoyens engagés, ces élections démontrent que la politique locale passionne, encore et toujours, les Français. C'est un excellent signe de vitalité démocratique après des mois de critiques de la démocratie représentative et d'accrochages entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui aspirent à gouverner autrement.

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(*) Née en 1926, l'UNCCAS fédère les centres communaux et intercommunaux de l'action sociale. C'est une association d'élus qui les représente auprès des ministères, du Parlement, et des échelons départementaux, régionaux et européens, de même qu'il s'agit d'une tête de réseau qui fait de la veille législative et réglementaire pour ses adhérents. Joëlle Martinaux, conseillère (LREM) à la mairie de Nice, en est la présidente depuis 2014.

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>> L'intégralité du sondage

César Armand

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Commentaires 2
à écrit le 09/03/2020 à 17:25
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80% des maires sortant se représentent. Ils sont à bonne hauteur humaine, voilà pourquoi dans l'ensemble, ils seront reconduits dans leur fonction. Ceci enlève tout crédit à la théorie matraquée qui voit dans cette élection une sanction du gouverneme...

à écrit le 09/03/2020 à 8:54
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Le maire est aimé des français parce qu’il est devenu une assistance sociale mais ce ne devrait pas être son rôle principal

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