Municipales: les promoteurs immobiliers pessimistes pour l'année 2020

Alexandra François-Cuxac
Bernard Lachaud

Alexandra François-Cuxac
Bernard Lachaud
"Je n'ai rien qui me permet d'être optimiste." Alexandra François-Cuxac, présidente de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI), a le mérite d'être franche. En 2019, les permis de construire ont chuté de 6,8% dans le collectif neuf de même que les mises en chantier ont reculé de 1,7%, par rapport aux chiffres de 2018. Si la demande est toujours soutenue avec plus de 160.000 logements vendus l'an dernier, l'offre se rétracte avec moins de 100.000 habitats disponibles.
Dans cette traditionnelle période de latence, les professionnels de l'immobilier attendent en effet que les municipales soient passées pour déposer des permis de construire en mairie. "Entre des lendemains d'élections qui vont engorger les services d'urbanisme et des prix de construction qui demeurent très élevés, la baisse des mises en chantier est devant nous", estime la patronne de la FPI. "2020 sera une année blanche", insiste-t-elle encore.
À l'inverse, la construction de maisons individuelles se porte très bien, avec un bond de +4,6% entre 2018 et 2019. Cela réjouit les constructeurs-aménageurs, mais cela agace prodigieusement les promoteurs qui rêvent, à voix haute, d'immobilier "vert, serviciel et connecté". Sans évoquer la crise des "gilets jaunes", issue des zones pavillonnaires, Alexandra François-Cuxac s'étonne d'un "aménagement du territoire qui n'est pas fait". "Qu'on crée collectivement un modèle !", exhorte-t-elle. "Il y a une certaine irresponsabilité à envoyer des gens très loin."
En revanche, ni le coronavirus ni la réforme des retraites n'impactent, pour l'instant, les acteurs du logement. "Nous ne sommes pas immédiatement touchés et nous assistons même à une dynamique de refuge dans la pierre, mais si cela devait se durcir et devenir une crise économique, cela impacterait notre secteur", souligne la présidente de la fédération des promoteurs immobiliers.
Dans le même temps, cette dernière déclare que les investisseurs ont "redécouvert" le résidentiel comme "un secteur attractif". "Les acteurs financiers français et étrangers le considèrent, avec un regard assez neuf, comme un secteur calme et assez pérenne, soutenu par une demande récurrente liée aux besoins d'habitat principal", relève Alexandra François-Cuxac.
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Il faut dire qu'en 2019, sur 161.561 réservations de logements neufs, les investisseurs ont été les premiers (65.440), tant dans la vente au détail (59.985) que dans la vente en bloc (5.455), devant les primo-accédants (63.474), les bailleurs sociaux (22.893) et les acteurs du logement intermédiaire (4.753).