« Pas d'esbroufe s'il vous plaît » : Michel Barnier met en garde ses ministres
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« Pas d'esbroufe s'il vous plaît », a lancé Michel Barnier aux 39 membres de son gouvernement ce lundi.
Sarah Meyssonnier
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« Pas d'esbroufe s'il vous plaît », a lancé Michel Barnier aux 39 membres de son gouvernement ce lundi.
Sarah Meyssonnier
[Article publié le lundi 23 septembre 2024 à 11h35 et mis à jour à 17h46] Après un été de transition, le nouveau gouvernement, composé de 39 ministres et secrétaires d'Etat, fait sa rentrée, ce lundi. Le tout premier Conseil des ministres s'est tenu à 15 heures, à l'Elysée et a duré moins de 30 min. Les nouveaux membres de l'exécutif, dévoilé samedi soir, se sont réunis tôt ce lundi matin pendant plus de deux heures, à Matignon, pour un « petit-déjeuner gouvernemental », avant les passations de pouvoirs dans les différents ministères. C'est une « réunion des ministres autour d'un café pour mieux se connaître », a dit en ouverture de cette réunion Michel Barnier, qui a affirmé à ses ministres sa « détermination ».
Un briefing de sa nouvelle équipe pour éviter tout dérapage, alors que le gouvernement est en sursis, auprès d'un Parlement largement divisé entre le bloc de gauche et l'extrême droite.
Le chef du gouvernement a donc demandé aux membres de l'exécutif d'être « irréprochables et modestes ». Le Premier ministre les a aussi invités à « agir plus que communiquer » et à « agir avant de communiquer ». « Pas d'esbroufe s'il vous plaît », a-t-il martelé aux 39 membres de son gouvernement, en leur demandant « d'avoir du respect pour tous nos concitoyens et pour tous les partis politiques et d'écouter tout le monde », alors que son équipe est déjà traversée par des tensions. Il a promis un gouvernement « républicain, progressiste et européen ».
Les ministres se sont ensuite rendus dans leurs ministères respectifs pour les traditionnelles cérémonies de passation. Une première a déjà eu lieu dimanche à Bercy.
Lors du bref Conseil des ministres, Emmanuel Macron a assuré à ses ministres qu'il serait « là pour (les) aider à réussir », « avec une seule boussole, l'unité du pays et l'intérêt supérieur de la nation », a rapporté un participant. Chaque ministre, « dépositaire d'une mission plus grande que lui », doit faire preuve de « courage », d' « audace » et d' « ambition », a martelé le chef de l'Etat.
De son côté, Michel Barnier a exhorté ses ministres à se montrer solidaires, « irréprochables », « modestes » et respectueux de tous les partis politiques, au sein d'un gouvernement « républicain, progressiste et européen » .
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Le Premier ministre avait déjà appelé dimanche sur France 2 son gouvernement à travailler dans la « plus grande cohésion » et la « plus grande fraternité ». Ce dernier a aussi affirmé ne pas créer « de polémique » avec le chef de l'État, même s'il a affirmé que les « domaines réservés » du président étaient « aussi des sujets » qui « l'intéressaient », désireux de travailler avec lui dans un « esprit de compromis positif, dynamique ».
Et pour cause, l'exécutif est déjà menacé d'une motion de censure par la gauche. Elle sera déposée juste après la déclaration de politique générale du Premier ministre - prévue début octobre -, a confirmé sur France 3 dimanche le patron du PS Olivier Faure. Si le Rassemblement national a affirmé ne pas participer à la tentative de renversement à venir, il s'est tout de même déjà montré menaçant.
Ce dernier a confirmé que son parti ne censurerait pas « avant d'avoir vu le budget, c'est-à-dire les grandes orientations traduites de façon très concrète ». Mais « il n'y aura jamais rien d'acquis qui pourrait nous empêcher un moment de changer notre position si nous jugeons que ce n'est pas l'intérêt des Français », a-t-il prévenu.
Le RN demandera également à Michel Barnier « d'inclure l'abrogation de la réforme des retraites dans son projet de budget » si la gauche refusait de voter la proposition de loi déposée par le RN qui sera débattue le 31 octobre.
Lors de son premier entretien télévisé depuis la nomination du gouvernement, dimanche, le Premier ministre a fixé quelques caps pour tenter de rassurer ses alliés comme ses opposants.
Alors que l'élaboration du budget 2025, qui a déjà pris un retard inédit, est l'urgence numéro un dans un contexte économique très tendu, Michel Barnier a promis de ne « pas alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français ». Mais « les plus riches doivent prendre part à l'effort de solidarité », a prévenu le Premier ministre LR, sans se prononcer directement sur un rétablissement de l'ISF, avidement réclamé par la gauche.
Au lendemain de cette prise de parole, Sébastien Chenu a jugé que « c'était un peu court ». « Il n'y a rien », a renchéri le député RN Jean-Philippe Tanguy sur France inter, pointant « une prise de parole très longue avec très peu d'informations concrètes ». De son côté, le député macroniste Sylvain Maillard a cependant rappelé ce lundi sur France 2 l'opposition du groupe central à toute hausse d'impôts. « Nous sommes dans une coalition et dans une coalition, il y a des discussions entre les partenaires », a-t-il néanmoins reconnu. De quoi percevoir des débats houleux dans l'hémicycle ces prochaines semaines avant et après la présentation du Budget 2025 que le Premier ministre envisage pour le 9 octobre.
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Le Premier ministre Michel Barnier présidera un séminaire gouvernemental vendredi après-midi à Matignon de 15h à 18h, ont annoncé ce lundi ses services. Cette réunion vise notamment à préparer sa déclaration de politique générale qu'il prononcera le 1er octobre et où il exposera sa feuille de route. Elle sera suivie par la photo officielle du gouvernement, qui sera prise à Matignon, sans le président Emmanuel Macron.
(Avec AFP)
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