Retraite à 65 ans, baisse de l'impôt sur les sociétés, hausse de la TVA, fin des 35 heures... Ce vendredi 1er juillet, invité de la « Matinale de la FNTP », un événement co-organisé par « La Tribune » et la Fédération nationale des travaux publics, Jean-François Copé, député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) et candidat à la primaire de la droite, a eu l'occasion de présenter son programme « musclé » sur les questions économiques et sociales.
Certes, la teneur de son projet est assez proche de celle de ses concurrents pour cette primaire. Comme les autres, il veut réduire la dépense publique d'environ 100 milliards d'euros sur cinq ans pour la ramener à 50% du PIB. Il veut aussi baisser l'impôt sur les sociétés d'environ cinq milliards d'euros. Il souhaite également remplacer l'actuel crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) par une nouvelle tranche de 30 milliards d'euros d'allègements des cotisations patronales. A cela s'ajouterait quatre milliards d'euros d'allègements des cotisations salariales. Il plaide aussi, parallèlement, pour une augmentation du taux normal de TVA de trois points (de 20 à 23%) qui rapporterait environ 23 milliards d'euros. « Certains l'appellent TVA sociale, moi je préfère parler de TVA anti délocalisation. Et je ne crois pas que cela nuirait aux consommateurs car il n'y quasiment pas d'inflation » explique Jean-François Copé. Bien entendu, à l'instar des autres candidats, il plaide aussi pour la suppression de l'ISF.
Jusqu'ici, rien de très original donc, mais rien d'étonnant à cela puisque l'ensemble des candidats (ou presque) à la primaire appartiennent à la même famille politique : « Les Républicains ». Cependant, Jean-François Copé se démarque sur quelques points.
Sa méthode de gouvernement notamment. « Maintenant, on ne recule plus, un chef élu au suffrage universel doit pouvoir prendre rapidement des décisions », explique-t-il. Aussi, s'il accédait à l'Elysée, il demanderait immédiatement au Parlement le droit de gouverner par ordonnance afin d'aller vite. " Dès, l'automne 2016 mon programme pourrait s'appliquer sur ses principaux points ". Jean-François Copé estime " à une quinzaine" le nombre de ces ordonnances "dont une abrogerait la durée légale du travail de 35 heures".
Autre originalité, Jean-François Copé propose de doter d'un compte Siret chaque Français dès l'âge de 16 ans, afin d'insuffler un esprit d'entreprise. « Il faut donner aux jeunes l'envie d'entreprendre, y compris ceux qui sont en situation d'échec scolaire. Aidons-les à développer une activité d'indépendant. C'est l'une des réponses au chômage ».
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Une autre proposition de Jean-François Copé détonne. S'il veut une gestion nettement plus vigoureuse de la fonction publique en supprimant notamment le « statut à vie » et en limitant le nombre des agents publics, il plaide en revanche pour la création de 50.000 postes « pour assurer la sécurité des Français ». Cette augmentation des effectifs concernerait les magistrats, la gendarmerie, la police et les gardiens de prison.
En matière sociale aussi, Jean-François Copé se distingue. Il veut ainsi totalement « rénover » le paritarisme en « nationalisant » l'assurance chômage « car c'est à l'Etat de prendre les décisions que les organisations syndicales ne savent pas prendre pour redresser les comptes ». Idem pour les caisses de la Sécurité sociale « car nous ne sommes plus en 1945 ».
Au niveau des entreprises, Jean-François Copé ne fait manifestement pas confiance aux syndicats non plus, notamment à la CGT qu'il n'a de cesse d'étriller. Ainsi, il souhaite faire une « loi El Khomri + + », dit-il, en permettant aux entreprises de déroger au code du travail et aux conventions de branche par la voie du référendum. « Les salariés sont tout à fait habilités à intervenir directement, je ne vois vraiment pas pourquoi des syndicats qui souvent ne représentent rien peuvent décider de bloquer un projet d'accord ».
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Reste maintenant pour Jean-François Copé à convaincre les électeurs de la primaire de droite de son originalité. Certes ce n'est pas gagné, mais, en revanche, il se dit confiant sur le succès que va remporter cette primaire, tablant sur une participation « qui pourrait dépasser les 3 millions d'électeurs ». Rendez-vous le 20 novembre pour vérifier.
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