Pourquoi les prix alimentaires tirent l'inflation à la hausse
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A cause de l'inflation, la baisse des dépenses alimentaires s'établit à 8,5% sur un an.
Reuters
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A cause de l'inflation, la baisse des dépenses alimentaires s'établit à 8,5% sur un an.
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Casse-tête pour la Banque centrale européenne (BCE) et source de tensions pour les gouvernements, l'inflation persiste à rester élevée en Europe, les prix de l'alimentaire ayant pris le relais de ceux de l'énergie depuis quelques mois. Si les cours du gaz naturel et du baril de pétrole ont baissé respectivement de plus de 60% et de plus de 30% sur un an, il n'en est pas de même pour l'alimentation. Alors qu'en zone euro, l'inflation s'établissait à 7 % en avril, après 6,9 % en mars, « la hausse des prix des produits alimentaires reste toutefois élevée, à 13,6 % en avril contre 15,5 % en mars », soulignait Christine Lagarde, présidente de la BCE, le 4 mai, après avoir annoncé une nouvelle hausse des taux, de 25 points de base.
En France, si l'Insee prévoit qu'après le pic de 5,9% sur un an atteint en avril, l'indice des prix pourrait ralentir à 5,4% d'ici la mi-juin, l'institut des statistiques pointe le problème posé par la modification de sa composition au fil des trimestres, avec une prépondérance des prix de l'alimentaire en hausse de 15%. La France n'est pas une exception. En Allemagne, « malgré l'atténuation des problèmes d'approvisionnement, la pression sur les prix alimentaires reste élevée et la majorité des commerces de détail s'attend à ce que les prix continuent d'augmenter à court terme », note cette semaine Patrick Höppner, de l'institut Ifo, qui fait également part d'« une pénurie de personnel qualifié qui reste un problème urgent pour de nombreux commerces d'alimentation. »
Cette situation inédite brouille les pistes pour anticiper l'évolution des prix. « De la fin des années 1980 jusqu'à la pandémie, le panier alimentaire dans les pays riches augmentait d'environ 2% par an. C'était six fois plus l'an dernier et la tendance s'est encore renforcée début 2023 dans plusieurs pays européens », constate Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF.
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Comme d'autres segments de l'économie, le secteur alimentaire a subi différents chocs sur la production et la distribution entraînés par l'apparition en 2020 de la pandémie du Covid-19 et ses confinements généralisés qui se sont amplifiés avec l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe en février 2022. En outre, ce conflit meurtrier et destructeur qui dure toujours oppose deux pays producteurs majeurs de céréales et d'engrais.