Quand la gauche française joue à la roulette russe
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PASCAL ROSSIGNOL
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C'est ce qu'on appelle un flop. Alors qu'Anne Hidalgo, qui s'écrase jour après jour dans les sondages, a finalement proposé aux autres candidats de « la gauche » une primaire début janvier, ses camarades rouges verts roses clairs roses foncés, ont tous répondu par la négative. Et la plupart n'ont pas pris de pincettes pour faire passer le message à la maire PS de Paris.
Décidément, cette campagne présidentielle devient un véritable supplice pour Anne Hidalgo. Du côté du parti socialiste, cela fait déjà des mois que l'ambiance ressemble à Petits meurtres entre amis. Après avoir laissé la maire de Paris prendre la direction des opérations, chacun, en coulisses, s'est employé à pousser son avantage. L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve pensait déclarer sa candidature cet automne, et finalement non. Derrière, on trouvait même Jean-Christophe Cambadélis, ancien premier secrétaire du PS, pour laisser entendre qu'il serait en fait l'homme de la situation...
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Bref, en proposant cette primaire sous forme de rétropédalage, la maire de Paris a creusé définitivement sa tombe. Dans les prochains jours, il ne serait pas surprenant que les sondages la donnent aux mêmes scores qu'un Fabien Roussel ou Arnaud Montebourg. C'est que ces trois-là ont oublié, c'est que la politique n'est pas un télé crochet, comme si les électeurs choisissaient leur candidat en fonction de leur humeur du jour, ou d'impressions... Ce constat vaut également pour les deux jokers que sont Christiane Taubira et François Hollande, tous deux se tâtent depuis des semaines pour y aller, et multiplient donc les cartes postales dans les médias. Pourtant, là encore, la politique réduite au simple marketing ne peut fonctionner.
Alors qu'un vent droitier a soufflé sur les débats de rentrée avec l'arrivée tonitruante des deux Éric, Zemmour et Ciotti, sans parler de Marine, fille de son père, qu'ont dit ces deux figures d'une « gauche » réduite à la petite « morale » et aux « symboles » ? Pas grand chose ou presque. Quand ils « interviennent », on a l'impression d'écouter un cours d'instruction civique.
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