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ÉconomieFrance

Quel avenir pour les services d'urgences ?

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 01 septembre 2015 à 12:06 - Mis à jour le 02 septembre 2015 à 14:02

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Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales assure qu'aucun service d'urgence ne sera supprimé. Le ministère prépare en revanche un programme d'actions pour rationaliser l'accès aux urgences, notamment dans les zones rurales.

Mise sous pression par plusieurs syndicats de médecins, qui menacent de faire grève le 3 octobre, Marisol Touraine doit maintenant s'atteler à rassurer les professionnels des services d'urgences. En effet, quelques jours après la fuite dans la presse du rapport rédigé par Jean-Yves Grall, le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais, le monde hospitalier public est en émoi.

Que dit ce rapport remis en juillet à la ministre des Affaires sociales ? Ses conclusions sont les suivantes : il faut permettre un accès à des soins adaptés et de qualité sur les territoires. Comment ? En formalisant, sous l'égide des ARS, un réseau territorial de prise en charge des " urgences ", en créant des équipes d'urgentistes de territoire sur la base des futurs Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT). Il propose aussi de revisiter le niveau de prise en charge des " urgences ", d'une part en identifiant des services et antennes des urgences et d'autre part en labellisant des centres de soins non programmés (CNSP). Il recommande également d'optimiser le recours aux médecins spécialistes de l'urgence en les mettant au centre du dispositif de la prise en charge des " urgences " en lien avec les autres acteurs. Avec quelle méthode ? En resserrant le plus possible les urgentistes sur leur cœur de métier médical, en organisant la régulation médicale avec un recours plus important aux médecins généralistes et une mutualisation entre régulations, en optimisant le recours aux services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR) dans les zones éloignées et peu peuplées, et en développant les transports infirmiers inter hospitaliers.

Le rapport propose aussi de favoriser au sein du réseau territorial, la prise en charge des patients ne relevant pas de l'urgence " vraie " en élargissant les périodes d'ouverture de maisons médicales proches des services d'urgence, en organisant au sein du territoire des filières spécifiques comme la traumatologie dite « petite », en incitant les médecins libéraux à recevoir de façon imprévue pendant les horaires de consultation en créant une lettre clé spécifique et enfin, en adaptant les adressages par les transports sanitaires au sein du réseau, et permettre la prise en charge financière.

La distinction entre les zones urbaines surchargées, et les zones rurales qui le sont bien moins

C'est surtout cette question de la territorialisation qui inquiète les professionnels, et sans nul doute, les citoyens concernés. Le rapport fait en effet une distinction entre les grandes zones urbaines et les autres zones, notamment rurales. Dans les premières, le sujet porte sur l'efficience de l'organisation pour limiter les « embouteillages ». Dans les autres, il s'agit d'optimiser la gestion des ressources disponibles - les urgentistes - « pour répondre à la demande de soins non programmés et garantir une coordination assurant la prise en charge des urgences vraies en 30 minutes ».

Que redoutent les professionnels ? Une fermeture des services d'urgence qui mobilisent trop de ressources pour un faible nombre de cas à traiter. « Selon les cas, certains services d'urgence à faible activité (moins de 8.000 ou 10.000 passages par an) pourraient évoluer et être transformés en centres de soins non programmés », précise le rapport. Selon les calculs du Figaro, cette stratégie conduirait à la fermeture de 67 services d'urgences sur les 650 recensés sur le territoire.

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Un programme d'actions sera bientôt présenté

Avenue de Ségur, au ministère des Affaires sociales, on réfute officiellement toute fermeture prochaine de services d'urgence. " Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, tient à préciser qu'il n'existe aucune liste de services d'urgences menacés de fermeture. Au contraire, le gouvernement renforce, depuis 2012, le service public des urgences, conformément à la promesse du Président de la République lui-même de garantir à chaque Français un accès aux soins urgents en moins de trente minutes ", explique la ministre dans un communiqué.

En revanche, ce qui est certain, c'est que le ministère présentera bientôt un programme  qui rationalisera les services d'urgences, via notamment des organisations du travail différentes, et des mesures permettant de faire la distinction entre les urgences et les soins non programmés.

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Sur ce dernier point, Jean-Yves Grall a déjà formulé une piste de réflexion : " faire reposer l'organisation des soins non programmés en général, non seulement sur les médecins urgentistes, spécialistes de l'urgence, qu'il faut recentrer au mieux sur leur spécialité, mais aussi sur toutes les structures et professionnels disponibles sur le territoire ", telles que les futures communautés professionnelles territoriales de santé et les groupements hospitaliers de territoire, les établissements de santé publics et privés, les structures médico-sociales, les structures spécialisées dans les soins de suite et de réadaptation SSR, les hôpitaux locaux, les maisons de santé, les spécialistes et généralistes libéraux.

Reste maintenant à savoir si cette rationalisation conduira à la mise en place d'un système plus lisible pour les professionnels et les patients.

Fabien Piliu

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