Réforme des retraites : "il ne serait pas difficile d'enclencher une mobilisation" (CFDT)

 |   |  1097  mots
Jean-Paul Delevoy remettra son rapport sur la réforme des retraites le 18 juillet
Jean-Paul Delevoy remettra son rapport sur la réforme des retraites le 18 juillet (Crédits : Benoit Tessier)
Après 18 mois de préparation, le haut-commissaire à la réforme des retraites présentera enfin, le 18 juillet, son rapport censé servir de base au projet de loi. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, assure qu'il ne "serait pas difficile d'enclencher une mobilisation" sur ce sujet.

Après 18 mois de concertation avec les dix organisations syndicales et patronales qui y ont participé" (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Medef, CPME, U2P et FNSEA), Jean-Paul Delevoy, le haut-commissaire à la réforme des retraites présentera enfin  le 18 juillet ses "recommandations" pour la mise en place du "système universel" promis par Emmanuel Macron. De nombreux points restent à trancher, mais certains grands principes ont déjà été actés, comme celui d'un système universel à points, d'un "âge d'équilibre" ou d'une décote. Les retraités actuels ne sont pas concernés par cette réforme, de même que les actifs à moins de 5 ans de la retraite au moment de l'adoption de la loi.

Une régime universel

Les 42 régimes de retraites actuels, où les pensions sont calculées en fonction du nombre de trimestres cotisés, seront remplacés par un "système universel" où chacun accumulera des points tout au long de sa carrière et où "un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous". La règle des 25 meilleures années pour les salariés du privé et des 6 derniers mois pour les fonctionnaires disparaît.

Dans ce futur système "public et par répartition", tout le monde cotisera au pot commun jusqu'à 10.000 euros brut de revenus mensuels, primes des fonctionnaires comprises. Les très hauts revenus auront matière à protester: au-delà de 10.000 euros brut par mois, ils devront s'acquitter d'une "cotisation déplafonnée non créatrice de droits". Un coup de canif au projet "universel" du chef de l'Etat

 L'âge légal de départ maintenu à 62 ans

Promesse du candidat Macron, l'âge légal de départ sera maintenu à 62 ans. Mais il y aura aussi un "âge d'équilibre" et des "incitations à travailler davantage".

Il s'agit de remplacer le mécanisme actuel de décote/surcote en fonction du nombre de trimestres cotisés, qui sert de référence pour calculer la retraite "à taux plein". Une notion qui disparaît dans un régime à points, où l'on ne compte plus la durée de cotisation.

Selon Jean-Paul Delevoye, "l'âge d'équilibre qui consolide le système, c'est 64 ans". Un bonus-malus pourrait ainsi voir le jour autour de cette nouvelle borne d'âge: les futurs retraités verraient leur pension amputée en cas de départ avant 64 ans, et majorée dans le cas contraire.

Pensions de reversion

Il y aura toujours des pensions de réversion qui "garantiront le niveau de vie des veuves et des veufs après le décès du conjoint". Mais le haut-commissaire privilégie la piste d'un "solde de tout compte" en cas de divorce pour répartir les droits entre les anciennes épouses d'un retraité après son décès.

Autre nouveauté, les pensions seront majorées "dès le premier enfant" et non plus à partir du troisième, via "une bonification proportionnelle", c'est-à-dire un pourcentage plutôt qu'un nombre de points forfaitaire par enfant.

Fin des régimes spéciaux en théorie

 Le "système universel" doit en théorie entraîner la "fin des régimes spéciaux", mais des traitements de faveur subsisteront: "A métier identique, retraite identique", résume Jean-Paul  Delevoye.

Parmi les fonctionnaires des "catégories actives", les métiers "régaliens" (policiers, douaniers, pompiers, surveillants pénitentiaires) garderont leurs "spécificités de départ anticipé" à 57, voire 52 ans. En revanche, les aides-soignantes des hôpitaux publics devront se plier aux mêmes règles que leurs consœurs du privé, avec l'accès au "compte pénibilité" pour partir au mieux à 60 ans.

Par ailleurs, les indépendants, qui cotisent moins que les salariés, bénéficieront d'un "régime adapté" pour leur éviter un alignement brutal.

 Mais pour "bénéficier à 100% des outils de solidarité" comme le minimum de pension, les agriculteurs, artisans et autres libéraux devront tout de même accepter les mêmes prélèvements jusqu'à environ 40.000 euros brut de revenus annuels.

Alliance CFDT-CGT-FO?

Bercy pousse pour mettre en oeuvre le système de bonus-malus au-delà de l'âge légal dès l'an prochain, pour boucler un budget plombé par les coûteuses concessions aux "gilets jaunes". A défaut, un allongement plus rapide que prévu de la durée de cotisation est évoqué: elle passerait à 43 ans dès 2025, au lieu de l'échéance actuelle fixée à 2035. Mais avec de telles "mesures d'âge" à court terme, "la réforme est morte", a mis en garde le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, à deux doigts de "se battre" aux côtés de la CGT et FO.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, assure qu'il ne "serait pas difficile d'enclencher une mobilisation" sur la réforme des retraites , prévenant que son organisation refusera toute discussion avec l'exécutif s'il envisage d'augmenter la durée de cotisation "dès 2020".

"Le regroupement des différents régimes de retraite dans un système universel doit s'appliquer à partir de 2025", estime Laurent Berger dans une interview parue dans Dimanche Ouest-France.

Dans les rangs de la majorité, où beaucoup jugent urgent d'attendre au moins jusqu'aux élections municipales de mars 2020, certains prédisent déjà que "la réforme des retraites ne sera pas pour ce quinquennat".

 "S'il s'agit de rendre le fonctionnement plus juste et plus lisible, la CFDT participera à la concertation. Mais si l'annonce est doublée d'une mesure applicable dès 2020, par exemple l'augmentation de la durée de cotisation, la discussion sera terminée pour la CFDT", prévient Laurent Berger.

"Aujourd'hui, on va vers l'équilibre du système. Il n'y a aucune raison de travailler davantage", argumente le dirigeant. Mais "si le gouvernement le décidait, ce serait pour faire payer aux travailleurs autre chose que les retraites: renflouer les caisses de l'État ou financer les baisses d'impôts. Ce serait injuste".

"Il ne serait pas difficile d'enclencher une mobilisation sur ce sujet", prévient-il, "néanmoins, en démocratie, on ne peut pas mesurer la pertinence d'une politique à l'ampleur de la contestation".

Il donne l'exemple de la réforme "injuste" de l'assurance chômage, avec laquelle 1,2 million de chômeurs pourraient voir leurs allocations réduites, selon des analyses de l'Unédic. "Pourtant, elle ne semble pas agiter les foules. Parce qu'il y a un vieux fond dans notre pays qui consiste à penser: quand on est au chômage, c'est qu'on l'a un peu cherché. Ce qui est une vision très dangereuse".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/07/2019 à 20:13 :
Il y aura toujours des pensions de réversion qui "garantiront le niveau de vie des veuves et des veufs après le décès du conjoint". Mais le haut-commissaire privilégie la piste d'un "solde de tout compte" en cas de divorce pour répartir les droits entre les anciennes épouses d'un retraité après son décès.

Attention :

Le texte ne précise pas les conditions ; vous n’avez pas le «  droit de mourir » avant 55 ans ;

Car la pension pour les Veufs et veuves n’est possible qu’à partir de 55 ans et à hauteur de 54% du salaire du défunt ( es).

Ces modifications ont eu lieu en 2012 ( sous l’ump et validé par le conseil Constitutionnelle)


Une façon de «  baisser » les taux d’intérêts bancaire ?
Payer la dette via le malheur des populations ?
a écrit le 09/07/2019 à 17:53 :
Sous la justice sociale mise en avant , une arnaque doit exister , Laquelle ?
Peut être l impossibilité de connaitre le montant de sa retraite puisque nous ne connaissons pas les paramètres qui la déterminera , a part le nombre de points acquis .
a écrit le 09/07/2019 à 15:12 :
Le plus simple se serait d'assurer un minimum vieillesse a chacun (850 euros garantis a 65 ans, je suis sur qu'il y a plein d'allemands ou d'anglais qui signeraient tout de suite) et laisser les gens se faire leur complement eux même

Et surtout taper sur les retraites mahousses actuelles, reformer l'avenir pour regler un probleme present et même passé (reforme balladur en 93, il y a 26 ans) , ça ne regle rien, il faudra encore reformer dans 5, 10,15 ans...
Réponse de le 09/07/2019 à 17:00 :
Instaurons deux regimes en france. Après tout on est bien mis en concurrence au niveau mondial, a distance et même a domicile avec les travailleurs detachés, pour quoi ne pas avoir le choix entre un regime "macron" et un regime "lapin" decrit plus haut.

Bien sur le taux de cotisation ne serait pas le même, le taux "lapin" rendrait de la competitivité a ceux qui le choisirait. Il n'y aurai pas de defaut d'egalité puisque ça existe deja avec les détachés et la concurrence exterieure.
A chacun de faire son choix, collectivisme a outrance ou liberalisme avec un filet de securité commun

(et bon, a mon avis un smicard d'aujourd'hui dans 20 ans il sera de toutes façons au minimum vieillesse)
Réponse de le 11/07/2019 à 13:29 :
Vous en faite pas il y aura toujours deux régime de retraite, celle du président qui pour 5 ans de politique de destruction de notre pays lui octroi a vie une retraite de 100% de son salaire d'actidf et tous les autres qui eux peuvent pleurer...
a écrit le 09/07/2019 à 14:24 :
Les principes de la reforme sont bons et surtout le fait qu'un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous.
Il n'y a qu'une seule injustice, faite par démagogie: la cotisation déplafonnée non créatrice de droits" au-delà de 10.000 euros brut par mois.
Réponse de le 09/07/2019 à 15:05 :
L'euro cotisé donnant les mêmes droits a tous, si c'est en mensuel ou annuel moi ça me pose un serieux probleme au contraire. Entre le gus qui aura étalé du bitume, petit salaire, petite retraite et vite fait dans la boiboite d'où on ne sort pas et le cadre administratif, bon salaire, bonne retraite et peter les 100 ans, le rendement de l'euro cotisé est pas du tout le même, le manard se fait avoir fin bien.
a écrit le 09/07/2019 à 12:03 :
la CFDT a " le cul entre deux chaises" . elle affiche vouloir une réforme " plus juste et plus lisible" , mais elle sait que pour cela il faudrait supprimer les avantages indus accordés aux régimes spéciaux et fonctionnaires tant sur la justification des trimestres validés que sur la base de référence du calcul du montant des pensions . les dérogations au système universel en faveur pour l'essentiel aux fonctionnaires et autres régimes spéciaux ne seront sans doute pas toutes dévoilées par le rapport Delevoye . Berger a dû d'ailleurs participer à la validation de certaines . et c'est sans doute le financement de ces "dérogations" qui amène le gouvernement à accélérer le tempo du nombre de trimestres actfs exigible pour déclencher la demande de pension . cette manoeuvre concernerait une contribution majeure des salariés du secteur privé qui pourraient reprocher aux syndicats et particulièrement à la CFDT de ne pas les avoir suffisamment défendus .
Berger risque prochainement d'avoir du mal à expliquer publiquement la position de son syndicat dans l'élaboration de la réforme .
a écrit le 09/07/2019 à 8:57 :
Macron a tue la retraite pour payer la dette sociale la csg c est du passé
a écrit le 09/07/2019 à 2:00 :
Pour les futures retraitées après la retraite c est là maison de s retraites Brigitte Macron elle et retraitées ?
a écrit le 08/07/2019 à 18:48 :
S'attaquer aux régimes spéciaux sera sans doute retoqué par le conseil constitutionnel,et a juste raison.Cette réforme ne satisfait personne,elle coutera sans doute plus qu'elle ne rapportera!
a écrit le 08/07/2019 à 17:36 :
le berger ne rassemble plus ses moutons ! les jeunes d aujourdhui sont les retraités de demain ! une faible minorité politique ne peut pas en décider a main levée
Réponse de le 10/07/2019 à 11:36 :
Mais si. Ils font la pluie et le beau temps. Vous en serez pour vos frais, puisque in fine, c'est vous tous qui allez payer pour vos nantis parasites. Good luke.
a écrit le 08/07/2019 à 15:31 :
Avec cette réforme des retraites, le JACKPOT est pour les policiers, gendarmes, gardiens de prison, douaniers, qui bénéficient le plus de primes, d'échelons d'avancement, d'avantages en nature etc... et d'une retraite promise d'être maintenue à 50 voir 52 ans. Ils finiront s'ils investissent intelligemment toute leur carrière en payant l'impôt sur la fortune immobilière.
Le Conseil Constitutionnel devra obligatoirement se prononcer sur cette injustice!
a écrit le 08/07/2019 à 11:40 :
Pour moi, et tout ceux que je rencontre sont d'accord avec moi, il faut à la place des stupides trimestres, et du système par points, tout aussi idiot (50 ans de retard), décider un quota d'heures à réaliser sur une carrière pour envoyer le top départ, quand aux ressources elles vont augmenter pour les caisses de retraite, chacun tapant dans les heures sup pour partir à temps ou disposer d'une retraite entière. Et un boost de l'économie.
Réponse de le 08/07/2019 à 13:41 :
Il y a des heures qui comptent plus que d'autre.

Une heure de comptabilité ne vaut pas une heure de lutte au sol contre un incendie de forêt, et vous aurez du mal à faire admettre à un chirurgien spécialiste, qui a passé 25 ans à étudier son sujet, qu'on valorise son travail à l'égal de celui d'une femme de ménage qui a débuté le matin même.

Le quota d'heures est inapplicable si l'on ne coefficiente pas en fonction de la pénibilité et du niveau d’expertise requis.

Au passage remarquons seulement que dans un monde "idéal", le salaire devrait refléter tous ces paramètres. On sait tous que ce n'est pas le cas et que de nombreuses personnes faisant un travail pénible, salissant, insalubre, gagnent beaucoup moins que le donneur d'ordre assis dans un fauteuil.
Réponse de le 09/07/2019 à 20:26 :
Le système trimestriel est dépassé. Mais je pense qu'un quota d'heure est une fausse bonne idée. Comment allez vous tenir compte des congés maternités?, ou comment allez vous tenir compte d'emploi atypiques ou les gens font peu d'heures rémunérées, mais mieux rémunérées (acteurs/artistes, professions libérales, autoentrepreneurs...)? Je pense au contraire que le système à point est le meilleur, chaque catégorie 'achetant' des points pour un même montant d'argent. Un employé achètera des points peu à peu, des points seront 'offerts' pour les congés maternités, un autoentrepreneurs pourra 'acheter' beaucoup de points les mois ou il travaille beaucoup, et moins les mois où l'activité est plus faible. Pour bénéficier de sa retraite, il faudra un certain nombre de points et tout le monde pourra savoir à tout moment où il en est.
a écrit le 08/07/2019 à 11:32 :
Beaucoup de blabla pour pas grand chose. Dans le privé 2 salariés sur 3 travaillent en horaires décalés de jour comme de nuit. Au non quoi certains fonctionnaires auraient droits à certains privilèges de nabab. Que je sache, ils ne tiennent pas une pelle et une pioche. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur les statistiques sur la durée de vie pendant la retraite dont les grands gagnants sont les cadres et... les fonctionnaires tous confondus. Encore une réforme de perlimpinpin qui sera favorable encore et toujours aux agents publics et territoriales. Bien loin de l'intérêt général.
a écrit le 08/07/2019 à 11:19 :
Tout le monde sait ce qu'il faut faire mais cela n'avance pas... 65 ans pour l'âge de la retraite en Belgique, comme partout ailleurs en Europe.
Réponse de le 08/07/2019 à 17:39 :
Jusqu'alors en Italie, la grande majorité des salariés devait cotiser jusqu'à 67 ans ( Mario Monti 2012)depuis janvier 2019 ,on additionne l'âge et les années d'ancienneté professionnelle, et si le total dépasse 100, la retraite est accessible, l'âge minimal requis étant de 62 ans et 38 années de cotisations.baptisée Quota 100, la mesure est expérimentée trois ans.
a écrit le 08/07/2019 à 11:01 :
Pourquoi les policiers, les douaniers, les flics, les militaires auraient droit à une retraite anticipée, ils sont peut être fatigués les pauvres. C'est totalement inadmissible. De plus ces gens ont des emplois protégés dans la sécurité, dans les transports de fonds lorsqu'ils sont en retraite. C'est pour tout le monde pareil ou pas. Ca suffit ces injustices criantes.
a écrit le 08/07/2019 à 9:43 :
"Les très hauts revenus auront matière à protester: au-delà de 10.000 euros brut par mois, ils devront s'acquitter d'une "cotisation déplafonnée non créatrice de droits". Un coup de canif au projet "universel" du chef de l'Etat"

=> Pourquoi les hauts salaires sont ils toujours ponctionnés de la sorte ?
Il faut arrêter de penser que la richesse se calcule en fonction du salaire, nous sommes dans un systeme capitaliste pas "salariste", la richesse se definit en fonction du capital que chacun possède.
(il vaut mieux avoir 10,000,000€ dans une assurance vie et ne pas payer d'impot plutot que 0€ d'economie et 120,000€ de salaire -> il faut en plus travailler)
a écrit le 08/07/2019 à 9:10 :
... afin de la tuer.

Merci à vous autres syndicats d'avoir participer au déclin général.
a écrit le 08/07/2019 à 9:00 :
C'est marrant mais en tant que cadre dans le privé, je suis persuadé que comme toute réforme sous Hollande ou Macron elle me sera défavorable...
Réponse de le 08/07/2019 à 9:34 :
ça sera défavorable pour tout le monde car la valeur du point sera variable.
Réponse de le 08/07/2019 à 12:13 :
Tu peux rajouter sarkozy :
La loi du 19 janvier 2000, dite "loi Aubry II sur les 35 heures" avait classé les cadres en 3 catégories (cadres dirigeants, cadres intégrés et cadres autonomes) afin de déterminer le régime qui leur était applicable au regard de la réglementation sur la durée du travail. Toutefois, cette distinction a été abrogée par la loi n°2008-789 du 28 août 2008.
a écrit le 08/07/2019 à 7:35 :
il est à souhaiter que les gens qui vont voter cette réforme seront également concernés par ce qu'ils vont décider pour les français , nos parlementaires qui profitent d'un système très généreux doivent montrer l'exemple
a écrit le 08/07/2019 à 6:14 :
A quel âge doit-on fixer celui de la retraite ... pour être sûr de n'avoir pas à la payer? Cette énième "réforme", qui n'est pas du ressort des gouvernements mais des partenaires sociaux, tiendra quelques années; espérons-le! Le vrai problème est celui du nombre des cotisants, et donc celui du coût du travail; on nous berce de statistiques toujours mieux trafiquées sur le nombre de chômeurs; va-t-on, un jour, s'interroger sur le pourquoi nous achetons à l'étranger des produits qu'on pourrait fabriquer en France? "Le poumon, vous dis-je!"
Réponse de le 08/07/2019 à 7:52 :
A l'étranger nos plus gros fournisseurs (dont les 2/3 ne son pas européens) ne connaissent pas la sécurité sociale et les salaires sont "adaptés" au niveau de vie.

Est ce à dire qu'il faut qu'on renonce à notre sécu et qu'on vive comme les mendiants de Calcutta?

Le principe de réalisme voudrait qu'on pratique un protectionnisme bien tempéré qui protège tant les industries locales que les nôtres. Quand on exporte des poulets surgelés en batterie au Cameroun et qu'on importe de la viande frelatée du Brésil , on ne rend service à personne.
a écrit le 08/07/2019 à 4:57 :
Sauf de confisquer entièrement le revenus des actifs, il n'y a plus rien pour payer les retraites, on a bien compris.
Réponse de le 08/07/2019 à 8:15 :
Le montant global des retraites (base, complémentaire et supplémentaire) versées chaque année aux français avoisine les 300 milliards €.

Le montant des seuls dividendes du CAC 40 représente 40 milliards €.
Le cout estimé de la fraude fiscale représente entre 50 et 150 milliards €.

Le CICE coute cette année 40 milliards €, la défiscalisation des heures sup 1.5 milliards, la fin de l'ISF 3.5, la flat taxe sur les revenus des actions 1.5 milliard €, le SNU 1.6 milliards...

On pourrait encore payer (et mieux) les retraites. C'est un problème de volonté politique, pas de moyens.
Réponse de le 08/07/2019 à 13:32 :
@Croyez vous ?
Non, le CICE ne coûte pas 40 milliards mais moitié moins...
C'est conjoncturellement pour 2019 que le coût du CICE (au titre de 2018 puisque c'était une mesure avec un différé d'un an) se cumule avec la baisse de charges qui le remplace. Ca allègera simplement (un peu) la trésorerie des entreprises, ça évitera sans doute quelques cessations de paiement mais ça ne changera que très peu leur résultat comptable. Quant au coût estimé de la fraude fiscale, bien malin qui peut le chiffrer (vous donnez une fourchette de 1 à 3, ça me semble très présomptueux... mais il est probable qu'elle soit beaucoup plus faible, peut être 10 à 20 milliards, et on n'a pas la moindre idée de la manière de la réduire, l'attirail législatif et technique déployé pour la combattre étant déjà considérable... il n'y a que la torture qu'on n'a pas encore osé essayer... et encore...), et en tout cas gager des dépenses certaines (les retraites) par des recettes aléatoires (le produit de la lutte contre la fraude fiscale) est un jeu qu'il vaut mieux ne pas essayer de jouer. D'éventuelles améliorations de la performance de la lutte contre la fraude fiscale devraient être plutôt exclusivement affectées au désendettement.
Les dividendes sont la rémunération NORMALE du capital, la part de la valeur ajoutée qui va au capital est d'une très grande stabilité depuis plus d'un demi-siècle, il n'y a pas de hausse de la ponction du capital sur la VA.
L'ISF est l'une des causes de la faiblesse du capitalisme français. Il n'a malheureusement pas été entièrement supprimé (grosso modo il a été maintenu sur tout ce qui n'est pas délocalisable, la fortune immobilière). La flat tax procède de la même logique, il vaut mieux des taux raisonnables qui ne "mangent" pas l"assiette que des taux prohibitifs dont l'assiette disparaît. Il ne faut jamais oublier que nous sommes dans un monde global...
Là où je vous rejoins, c'est sur le SNU, machin complètement inutile (ce n'est pas en un mois qu'on va réparer 16 ou 17 ans d'éducation familiale et scolaire ayant failli à transmettre un minimum de civisme). Mais si on économise 1,6 milliards là dessus ce n'est sûrement pas pour augmenter le coût des pensions mais pour réduire déficits et dette.
a écrit le 08/07/2019 à 2:49 :
Questions retraite travailles plus pour avoir moins travailler dodo tombeau
a écrit le 07/07/2019 à 23:20 :
On est ici typiquement en face d'une réforme largement nécessaire et impopulaire.
Nécessaire parce que l'équilibre du financement des retraites qui prend déjà dans les 350mds d'euros et que, en effet, il y a des caisses spécialisées qui ont été vertueuses(encore, que avoir de la trésorerie auj ne veut pas dire en avoir demain, cf la caisse des cadres) et d'autres qui se sont retrouvées le bec dans l'eau (celle des agriculteurs avec énormément de bénéficiaires et très peu de cotisants) et que l'état est obligé de renflouer(et je vois pas pourquoi on prendrait pas au médecin pour donner aux agriculteurs).
Le problème, c'est que a terme, on sera à 1,2 cotisants pour 1 retraité alors qu'on est à 1,7 aujourd'hui.
Pour l'équité entre générations, supportabilité du système de retraite et dette à éponger, il est nécessaire d'y venir quitte à bosser jusqu'à 70ans...(chose à laquelle je me suis déjà préparé...)
Réponse de le 08/07/2019 à 8:21 :
"Le problème, c'est que a terme, on sera à 1,2 cotisants pour 1 retraité alors qu'on est à 1,7 aujourd'hui".

Il est donc urgent d'élargir le financement des retraites à d'autres ressources (TVA, IR, IS, .....).
Réponse de le 08/07/2019 à 10:06 :
on peut en effet dire qu il faudra travailler plus longtemps. mais pourquoi systematiquement exempter de tout effort les retraites actuels qui eux sont partis a 50-55 ans ?
On pourrait au moins geler leurs pensions et les taxer autant que les actifs qui les financent !

Les vieux ont un niveau de vie superieur aux actifs et c est toujours au actifs qu on demande un effort
a écrit le 07/07/2019 à 19:06 :
Un référendum pour les retraité part point en 2020 !!
a écrit le 07/07/2019 à 18:07 :
Les menaces de la cfdt avec une mobilisation ne sont pas crédibles. Ces syndicats n'ont réussi à rien faire depuis l'élection de Macron, ils sont discrédités et n'ont plus la force d'antan.
Réponse de le 07/07/2019 à 18:46 :
La CFDT a voté à près de 48% pour LREM (Unsa à 42 %)et ce dès le 1er tour ,et elle est favorable à la retraite par points en sachant que c'était dans le programme de Macron, donc tout faux.En gros, il font comme en 2010 ,appel à manifester et au final, la signature .
Réponse de le 07/07/2019 à 20:26 :
Cette réforme dépasse les seuls syndicats traditionnels.

Ce qui est en route est une ré-étatisation de la sécurité sociale, dans la lignée du programme neolibéral élaboré par Denis Kessler, ex-medef et qui consiste à revenir sur la gestion paritaire (programme du CNR gaullo-communiste mis en oeuvre à la libération).

On le voit à l’œuvre avec l'assurance chômage que l'état, au prétexte d'un échec des négociation sur un programme imposé impossible (faire 3 milliards € d'économie en plus chaque année avec plus de chômeurs), a repris en main est est en train de modifier sans ou contre l'avis des partenaires sociaux.

Le but de la réforme des retraites est de remettre l'état aux manettes, de supprimer les régimes particuliers et la gestion paritaire des retraite.
Le tout pour que l'état ait les mains libres pour faire baisser les charges sociales obligatoires par la ruse et la violence (le dialogue et la collégialité ne sont pas au programme depuis deux ans).

Il se trouve qu'il y a en France des organismes de retraite qui disposent de fond très importants (dizaines de milliards). Ce sont par exemple les fonds de pension d’indépendants comme les notaires, les experts comptables, les avocats ou les médecins. Ces derniers ont prévu de longue date le déséquilibre démographique et ont un public plutôt aisé. Ils disposent de cagnottes qui excitent fort la convoitise de l'état, impécunieux et imprévoyant. La retraite à point sera le prétexte à une confiscation du magot.

Il n'y aura donc pas dans le rue que la CFDT, la CGT, FO et les syndicats traditionnels. Tous les organismes de retraite des indépendants qui jusqu'ici étaient passés à coté des gouttes des réformes en seront aussi.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :