Régionales : malgré la claque de LREM , Macron veut poursuivre les réformes

Après un scrutin marqué par une abstention record, Emmanuel Macron veut poursuivre la réforme des retraites et celle de l'assurance-chômage dans un timing serré avant la fin du quinquennat.
Grégoire Normand
Le président entend mettre l'accent sur l'attractivité économique du territoire française et la baisse des impôts menées depuis le début du quinquennat en montrant que la politique de l'offre est efficace.
Le président entend mettre l'accent sur l'attractivité économique du territoire française et la baisse des impôts menées depuis le début du quinquennat en montrant que la politique de l'offre est efficace. (Crédits : SARAH MEYSSONNIER)

En dépit d'une sévère défaite de la majorité aux élections régionales du dimanche 27 juin et d'une abstention historique, le président de la République persiste dans sa volonté de poursuivre son programme de réformes. Emmanuel Macron a prévu de vanter les différents chantiers menés depuis le début du quinquennat devant un aéropage de grands patrons invités en grande pompe aux château de Versailles à l'occasion de la quatrième édition du sommet Choose France lundi 28 juin.

Le président entend mettre l'accent sur l'attractivité économique du territoire française et la baisse des impôts menées depuis le début du quinquennat en montrant que la politique de l'offre est efficace. "Toute la politique économique qui a été menée depuis le début de mandat est cohérente et on continue à creuser le sillon avec le plan de relance politique de soutien à l'offre qui est favorable aux entreprises" assurent les conseillers du locataire de l'Elysée .

Pourtant, le calendrier de la fin du quinquennat est relativement serré pour mener à bien de telles réformes. En effet, la campagne présidentielle qui approche à grand pas va contraindre la majorité à agir dans la précipitation. Or ces mesures impopulaires risquent de mettre l'exécutif en danger à quelques mois d'un scrutin décisif. En outre, même si la situation sanitaire s'est grandement améliorée ces dernières semaines, la progression du variant Delta est scrutée par les autorités sanitaires.

Lire aussi 6 mnAprès la déroute de LREM aux Régionales, Macron en opération séduction auprès des grands patrons étrangers

L'explosive réforme des retraites remise sur la table

Le dossier explosif des retraites est revenu au centre des débats depuis un déplacement d'Emmanuel Macron dans le Lot au début du mois de juin. Le chef de l'Etat avait alimenté les spéculations en réaffirmant qu'il allait prendre des décisions "difficiles" pour que la dernière année du quinquennat soit "utile" selon des propos rapportés par l'Agence France Presse (AFP). Tout au long de ces quatre dernières semaines, plusieurs membres du gouvernement et de la majorité ont distillé des éléments de langage dans la presse alimentant les discussions sur ce dossier.

En outre, l'ancien chef économiste du Fonds monétaire internationale Olivier Blanchard et le récipiendaire du prix d'économie en hommage à Alfred Nobel Jean Tirole ont consacré une large part de leur copieux rapport remis à Emmanuel Macron la semaine dernière à la réforme des retraites.

"Le système existant a un certain nombre de défauts comme le manque de transparence, le système d'indexation. La France peut faire beaucoup mieux. La réforme des retraites mise sur la table est proche de nos propositions" a indiqué Olivier Blanchard lors d'un échange récent avec des journalistes. Réforme systémique, changements de paramètres (âge, durée de cotisation..)

A ce stade, il est encore difficile de connaître les orientations véritables du gouvernement. Surtout, l'exécutif sait très bien qu'il avance en terrain miné. La plupart des partenaires sociaux ont répété leurs oppositions à cette réforme et le patronat par la voix de Geoffroy Roux de Bézieux a également fait savoir qu'il était récalcitrant pour mener ce chantier à terme avant la fin du quinquennat.

Lire aussi 5 mnRetraites : les propositions explosives du rapport Blanchard-Tirole à Macron

Assurance-chômage : le gouvernement persiste

Après l'échec des négociations entre les partenaires sociaux à l'hiver 2019, le gouvernement avait repris la main sur la réforme décriée de l'assurance-chômage. Au coeur de l'été, l'ex-Premier ministre Edouard Philippe et l'ancienne ministre du Travail Muriel Pénicaud avaient fait passer par décret la réforme de ce système assurantiel quelques mois avant le début de la pandémie.

Près de deux ans après cette séquence, le gouvernement entend bien mener cette réforme jusqu'au bout malgré la récente décision du Conseil d'Etat de suspendre les modalités de calcul du salaire journalier de référence (SJR) qui devaient entrer en vigueur à partir du premier juillet.

"Les incertitudes sur la situation économique ne permettent pas de mettre en place, à cette date, ces nouvelles règles qui sont censées favoriser la stabilité de l'emploi en rendant moins favorable l'indemnisation du chômage des salariés ayant alterné contrats courts et inactivité" a expliqué la plus haute juridiction française dans un communiqué.

De son, côté, le ministère du Travail a annoncé que cette décision "ne remettait pas en cause la réforme". En attendant, le juge des référés compétent pour intervenir sur des sujets urgents ne s'est pas encore prononcé sur le fond de la réforme. Interrogé par La Tribune, le Conseil d'Etat ne connaît pas encore le calendrier concernant la date d'audience et la décision sur le fond.

Grégoire Normand

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 11
à écrit le 29/06/2021 à 11:49
Signaler
la grande reforme à faire pour que les autres passent est de supprimer tous ces elus et fonctionnaires qui ne servent à rien ex 45 pages pour un protocole de vaccination ,,????? ce BAYROU et ses 100 compagons alors que nous avons deja la chambre e...

à écrit le 29/06/2021 à 9:13
Signaler
D’ il fait ces 2 réformes c est qu il ne se représentera pas … je ne vois pas comment il le pourrait les électeurs des générations concernés lui reverront le boomerang. Ces deux réformes devraient être appliquées à tous y compris les politiques et l...

à écrit le 28/06/2021 à 22:27
Signaler
Son avenir est assuré dans une multinationale quelconque, pourquoi insister?

le 29/06/2021 à 7:32
Signaler
dans une banque americaine pour celui qui a deja vendu nombre d'entreprise

à écrit le 28/06/2021 à 19:44
Signaler
A mon avis, ils vont finir par aimer ça, la claque !

à écrit le 28/06/2021 à 19:17
Signaler
Les réformes ou la feuille de route de Bruxelles ou GOPE? "Il faut que les français comprennent que tout candidat fortement médiatisé, quel qu'il soit, sert les intérêts de ce système machiavélique. L'oligarchie européo-atlantiste s'est donc rés...

le 29/06/2021 à 7:55
Signaler
quel que soit l'election après lecture du résultat c'est le déni qui s'impose déjà au présidentiel celui qui a été élus n'a pas eu la majorité des Français inscrit donc ce n'est en aucun cas un plébiscite pour sa vision de reforme pour la france ...

à écrit le 28/06/2021 à 18:28
Signaler
Soyons certains qu'il va le faire payer très cher aux gaulois réfractaires. Ainsi est Macron : fort avec les faibles (vieux, retraités, chômeurs , classe moyenne ...) et faible avec les forts (Trump puis Biden, Poutine, Erdogan, la finance, Bruxelle...

à écrit le 28/06/2021 à 17:32
Signaler
Quand on parle de réforme c'est toujours pour se mettre au niveau des "recommandations" de l'administration de Bruxelles! Rien de démocratique!

à écrit le 28/06/2021 à 17:23
Signaler
C'est qu'il a des comptes à rendre à Bruxelles et à Berlin. Et pas du tout aux français

à écrit le 28/06/2021 à 16:57
Signaler
"Je serais impitoyable avec les pauvres et servile avec les riches" Nicolas Sarkozy lors d'un discours pour la présidence de la république française en 2007 lors d'un meeting à Nice qui a fait chavirer les cœurs de pierre des mégas riches le soutenan...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.