Réindustrialisation : « Ayons une mentalité de pays émergent » (Nicolas Dufourcq, Bpifrance)
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« Tous les machines d'ACC sont chinoises, les modes d'emploi sont chinois et progressivement, nous allons apprendre et tout copier », a grincé Nicolas Dufourcq.
Nicolas Cousew pour les Rencontres d'Aix
RENCONTRES ÉCONOMIQUES D'AIX-EN-PROVENCE. Ce dimanche, le directeur général de la banque publique d'investissement Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a incité les dirigeants économiques et politiques à adopter une « mentalité » de pays émergent pour réindustrialiser la France. Le patron de Meridiam, Thierry Déau, ne lui a pas donné tort...
Il faudra encore attendre 2028, au mieux, pour voir sortir de terre une gigafactory de cellules photovoltaïques produites en France et, en même temps, les pompes à chaleur, fabriquées en Chine, risquent de débarquer, en nombre, dans les foyers français si le gouvernement va jusqu'au bout de l'interdiction des chaudières à gaz en 2026. Un débat sur la souveraineté qui s'est invité aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence ce 9 juillet.
« La France est un pays émergent sur le photovoltaïque, sur les batteries, sur tout ce que la Chine a pris comme avance depuis quinze ans », atranché Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance depuis 2013.
Adopter une « mentalité » de pays émergent
Il conseille d'adopter une « méthode » de pays émergent : « s'ils veulent investir chez nous, nous imposons une co-entreprise et des transferts technologiques », pousse l'auteur de La désindustrialisation de la France: 1995-2015 (Odile Jacob)
« Toutes les machines d'ACC sont chinoises, les modes d'emploi sont chinois et progressivement, nous allons apprendre et tout copier », a grincéNicolas Dufourcq.«Il faut que nous ayons une mentalité de pays émergent», a-t-il insisté
Dans ces conditions, sommes-nous en capacité de nous rattraper ?
« Nous sommes bien un pays émergent dans une Europe qui ne l'est pas. Il ne faut pas toujours se regarder le nombril, mais regarder le nombril de l'Europe », aconfirmé Thierry Déau, le patron du Meridiam.
Réfléchir à la souveraineté suppose de le faire à l'échelle de ces deux cercles, enchaîne le géant des infrastructures. Sauf que « nous ne sommes pas toujours nécessairement le nombril de l'Europe », a-t-il conclu.