Fin des chaudières à gaz : tout comprendre sur cette bombe sociale
César Armand et Juliette Raynal
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Photo d'illustration
Licence Unsplash - Hessam Nabavi
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La fronde allemande, provoquée en ce moment par la volonté du gouvernement d'interdire l'achat de nouvelles chaudières à gaz dès 2024, n'a pas refroidi les pouvoirs publics français. Trois ministères viennent de lancer une concertation jusqu'au 28 juillet sur la décarbonation du bâtiment, responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre. L'une des mesures consiste à envisager la fin progressive des chaudières à gaz, dont les ventes sont déjà en fort déclin, pour les remplacer par des pompes à chaleur électriques (PAC), réputées trois fois plus efficaces. Un sujet pendant très longtemps tabou jusqu'à ce que, fin mai, la Première ministre évoque l'interdiction, devant le Conseil national de la transition écologique, une instance composée d'associations, d'élus, d'entreprises et de parlementaires.
Si aucune échéance n'a été communiquée publiquement, Elisabeth Borne a fait part, auprès d'organisations patronales le 23 mai, de 2026 comme une « échéance possible et potentiellement souhaitable ». Une date-butoir qui apparaît aussi dans plusieurs documents de travail.
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Ce dossier est extrêmement sensible alors que 40% des Français, et même la moitié des occupants de maison individuelle, se chauffent actuellement au gaz, soit 12 millions de foyers équipés d'une chaudière de ce type et environ 500.000 renouvellements par an. Sans surprise, la filière gazière s'oppose vivement à toute interdiction. Mais elle n'est pas la seule. Artisans et associations de consommateurs et de locataires se joignent aussi à cette levée de boucliers. Pouvoir d'achat fragilisé, hausse des dépenses publiques, délais intenables, infaisabilité technique, inefficacité sur le plan climatique... Les critiques se multiplient. Etat des lieux.
César Armand et Juliette Raynal