« Industrie verte : le projet de loi est totalement à la hauteur des enjeux » (Thierry Déau, Meridiam)
César Armand et Philippe Mabille
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Thierry Déau (photo) a créé Meridiam en 2005.
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LA TRIBUNE : Vous avez contribué au projet de loi industrie verte en copilotant avec le député Renaissance Mathieu Lefèvre « Transformer la fiscalité pour faire grandir l'industrie verte ». Vous avez notamment proposé d'aider l'industrie à s'engager dans la décarbonation. Le texte, qui est en cours d'examen au Sénat, est-il à la hauteur de vos ambitions ?
THIERRY DÉAU : Peut-être que le projet de loi n'a pas été suffisamment compris, mais il est totalement à la hauteur des enjeux sur ses deux objectifs principaux : l'installation de sites de production d'énergies nouvelles - hydrogène ou batteries par exemple - et l'incitation à la décarbonation des industries existantes. L'industrie du futur doit être décarbonée. Certes, cela entraîne des problématiques de revalorisation des métiers de l'industrie et cela change les processus, mais les perspectives, la dynamique et les signaux donnés sont excellents et cela confirme aussi que cette transformation créera de l'emploi car nous aurons besoin notamment d'ingénieurs et de techniciens pour cette nouvelle industrie. C'est-à-dire une industrie propre qui suscite des vocations et qui fournit des emplois mieux payés que les services.
En discutant avec les professionnels, se dégage un double sentiment de confusion et de déception, et l'impression d'une nouvelle usine-à-gaz, à la différence de l'IRA américain, simple et puissant, qui subventionne la décarbonation...
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On a tendance en France à se plaindre, mais on oublie que c'est le seul plan que les Américains ont fait sur le sujet. En France et en Europe, nous avons multiplié les plans verts, les plans de financement de l'innovation - la Commission à travers la Banque européenne d'investissement a investi 70 millions d'euros dans NorthVolt dès 2015 -, sans parler du Green Deal ou de la BEI qui a mobilisé le plan Juncker de plus de 500 milliards. Et cela a déjà été mis en place ! En France, nous n'avons pas toujours la capacité à faire simple, mais l'ambition de ce projet de loi est de faire simple et d'agir de façon concrète, c'est là le plus important. C'est ce que le gouvernement, sous l'impulsion et la coordination du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Bruno Le Maire, nous a demandé de faire, et nous avons respecté la consigne.
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