Rénovation urbaine : les deux tiers du budget engagés, flou sur la suite
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Le programme national rénovation urbaine prévoit de transformer 448 quartiers populaires dits « prioritaires de la politique de la ville ».
Reuters
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Le programme national rénovation urbaine prévoit de transformer 448 quartiers populaires dits « prioritaires de la politique de la ville ».
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Le programme national rénovation urbaine (NPNRU) trace sa route. Son budget de 14 milliards d'euros a, à ce jour, entièrement été alloué à des projets. Et les deux tiers de cette somme ont même déjà été engagés, selon un communiqué de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) publié ce mercredi.
Lancé en 2014 pour couvrir la période jusqu'en 2030, le NPNRU a pris le relais d'un premier programme national de rénovation urbaine (PNRU) mené entre 2004 et 2021. Il prévoit de transformer 448 quartiers populaires, dits « prioritaires de la politique de la ville » (QPV). C'est-à-dire, d'une part, en rénovant ou démolissant de grandes barres d'immeubles et en reconstruisant à la place des immeubles plus petits. Mais aussi en aménageant des espaces publics ou en fournissant de nouveaux équipements, notamment des groupes scolaires.
Quelque trois millions d'habitants dans 400 communes sont concernés par ces projets, qui touchent essentiellement des quartiers de grands ensembles, composés en majorité de logements sociaux et de copropriétés privées. Ainsi, plus de 260.000 logements sociaux sont actuellement en cours de réhabilitation ou font l'objet de démolitions-reconstructions. La moitié des villes concernées sont des villes petites ou moyennes.
Ce bilan intervient dans un contexte de difficultés de financement des programmes de l'Anru. Le NPNRU est normalement financé par l'organisme paritaire Action logement (10,1 milliards d'euros), les bailleurs sociaux (2,7 milliards) et l'État (1,2 milliard). Or, il s'avère que l'État n'a pour le moment que peu débloqué sa part. Il n'aurait ainsi versé « que 107 millions d'euros à l'Anru, soit à peine 9% du montant prévu », a indiqué fin novembre la sénatrice Viviane Artigalas (PS), dans un rapport de la Chambre haute sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2025.
Et la situation n'était pas prête de s'améliorer. Dans la version initiale du PLF pour 2025, l'État n'avait prévu aucune contribution au financement du NPNRU. Si bien que même la ministre démissionnaire du Logement et de la rénovation urbaine, Valérie Létard, avait poussé pour y ajouter un amendement pour allouer 50 millions d'euros à l'Anru l'année prochaine.
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Le PLF ayant fait l'objet d'une motion de censure par les groupes d'opposition, dont la validation a entraîné le renversement et la démission du gouvernement, le texte n'a pas été adopté. Il pourrait donc faire l'objet de modifications par le futur exécutif, dont le nom du ou de la chef(fe) est censé être connu d'ici jeudi.
Plus globalement, depuis la nomination du gouvernement sortant de Michel Barnier, les acteurs de la politique de la ville ont regretté que les quartiers populaires en aient été « oubliés ». Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre n'avait glissé aucune référence aux 1.580 QPV et à leurs plus de 5,4 millions d'habitants. Et aucun ministère n'avait ensuite été dédié à la politique de la ville.
Pour Thomas Kirszbaum, chercheur associé au Ceraps à Lille, l'intitulé de « rénovation urbaine », traduit « une conception réductrice de la politique de la ville, qui ne marche plus que sur une jambe, celle de la transformation physique des quartiers, en oubliant de répondre aux problématiques sociales des habitants ».
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Loin d'être un « loupé », la disparition d'un ministère dédié est « un choix », observait de son côté le sociologue Renaud Epstein. Rappelant au passage que la ruralité avait, elle, toute sa place, avec une ministre déléguée. « Ce choix vient parachever une dynamique d'effacement de la politique de la ville à l'œuvre depuis dix ans », jugeait-il. « Les gouvernants sont tétanisés par la pression du Rassemblement national et désormais de la droite, avec un discours qui consiste à dire qu'on met des milliards dans les banlieues, sous-entendu pour les "Noirs et les Arabes", pendant que la France, supposée périphérique, souffre », analysait-il. À voir si le futur gouvernement restera, ou non, sur la même ligne que l'équipe démissionnaire.
(Avec AFP)
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