Retraites : Delevoye ne privilégie pas l'application de la réforme aux seuls nouveaux entrants

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Jean-Paul Delevoye.
Jean-Paul Delevoye. (Crédits : Benoit Tessier)
Faut-il appliquer la réforme en cours d'élaboration aux seuls nouveaux entrants ? Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n'y est pas favorable, contrairement à ce qu'avait laissé entendre Emmanuel Macron.

Il y a comme un son de cloche dissonant entre Emmanuel Macron et le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye sur le sujet de la réforme des retraites. Alors que qu'Emmanuel Macron a semblé suggérer, lundi, que l'application de la réforme des retraites en cours d'élaboration ne concernerait que les seuls nouveaux entrants, Jean-Paul Delevoye a expliqué que cette option était "sur la table" mais que, à titre personnel, ce n'était pas celle qui avait ses faveurs.

"Je comprends tout à fait quelqu'un qui est à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans, et qui proteste. Et donc il faut qu'on trouve une solution intelligente. Il est rentré avec un pacte avec la Nation, on lui a dit vous allez travailler dans cette entreprise voilà vos droits. Sans doute il ne faut pas tout bousculer pour lui", a déclaré lundi le chef de l'État à l'antenne de RTL.

Appelant à "donner le temps à la transition", il a ajouté: "Mais, est-ce que le gendarme que j'embauche demain, je peux pas dire 'il rentre dans le nouveau système lui'?". Appelée "clause grand-père", la piste consistant à réserver les effets de la réforme des retraites aux seuls nouveaux entrants ne recueille pas les faveur de M. Delevoye "parce que je crois que ce que l'on fait pour les uns, il faut le faire pour les autres", a-t-il déclaré sur le plateau de France 2.

"Quand vous parlez de revisiter le contrat avec la nation, c'est pour l'ensemble de la fonction publique", a-t-il poursuivi, reconnaissant que ce serait une "injustice" d'appliquer "brutalement" la réforme par exemple aux enseignants. "Il faut mettre des mesures d'accompagnement pour pouvoir faire en sorte qu'il y ait un nouveau contrat avec les enseignants avec une revalorisation de leur rémunération (...)", a-t-il développé.

"Aujourd'hui, c'est l'ensemble de la société qui est concernée: comment on se comporte avec les 70% de salariés du privé, comment on se comporte avec les 10% d'indépendants ? Et il y a un chemin pour chaque profession, pour chaque statut, y compris pour les régimes spéciaux", a ajouté le haut-commissaire.

Interrogé sur la grève interprofessionnelle prévue le 5 décembre à l'appel de la CGT, FO, FSU et Solidaires, il a reconnu ne pas se "faire d'illusion : la grève aura lieu". "Si c'est pour dire 'nous avons un contrat et nous estimons qu'il y a rupture de contrat' avec une perception de souffrance par rapport à ça, alors je dis 'j'entends ça'", a-t-il tempéré, appelant à la poursuite de la concertation sur les aménagements dans le temps pour les régimes spéciaux.

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a écrit le 03/11/2019 à 11:09 :
si Delevoye publiait l'état des lieux de tous les régimes de retraite , on verrait que la réforme ne s'impose que pour les régimes des fonctionnaires et entreprises publiques( dont celles en partie privatisées )qui sont des gouffres financiers à la charge du contribuable . le régime général des salariés du privé serait largement équilibré si lEtat ne l'obligeait pas subventionner d'autres régimes déficitaires comme la MSA et accorder des pensions à certaines catégories de personnes n'ayant jamais cotisé et à des étrangers dont l'administration ne souhaite pas exiger des preuves de vie ...
autant les retraités de la MSA aux pensions très faibles méritent une aide solidaire apportée par la communauté , autant les régimes spéciaux du secteur public et parapublic très avantageux en termes de conditions d'accès et montants des pensions ne peuvent justifier et prétendre à un maintien de privilèges payés par le contribuable .
une majorité de français n'acceptera pas que les régimes déjà privilégiés et très largement subventionnés avec l'argent des contribuables continuent d'échapper à l'effort demandé aux autres .
quant à la solution de reporter aux seules générations futures accédant à l'emploi une modification des conditions d'attribution d'une pension de retraite , c'est une option irresponsable qui romprait le pacte civil et la confiance qui fondent le système de retraites français .
Réponse de le 03/11/2019 à 20:08 :
La compensation de certains régimes est totalement normale compte tenue de la démographie de ces secteurs. Par exemple cheminots et agriculteurs ont vus leurs effectifs divisés par dix. Par contre la fonction publique territoriale à augmenté et son régime est excédentaire et contribue à payer agriculteurs artisans et commerçant.
Pour beaucoup de régime dit "spéciaux" le taux de reversement est assez proche du régime générale cumulé aux complémentaires.
a écrit le 31/10/2019 à 11:19 :
Nous sommes de plus en plus nombreux a penser que la réforme doit etre appliquée aussi aux retraités actuels:c'est une question de justice entre les générations!
Réponse de le 03/11/2019 à 20:16 :
il y a des jeunes riches et des vieux pauvres (même si c'est souvent le contraire je le concède). Plutôt que de revenir sur des droits acquis, ce qui est moralement contestable, une imposition "correctrice" me parait plus acceptable si elle ne touche que les retraités aisés.
a écrit le 31/10/2019 à 9:36 :
Enfin une décision logique que l'on attendait depuis longtemps. Cette décision doit également être appliquée aux pensions de réversions M Delevoye.
a écrit le 31/10/2019 à 9:36 :
Macron n'est qu'un aboyeur du vide pendant que la caravane passe. Déjà les premiers recul sur les retraites spécifiques avec la police (métier difficile pour se promener sur les trottoirs ou avoir le cul assis dans une voiture toute la journée pour 2h de stress par mois) les militaires qui peuvent prétendre à une retraite anticipée plus tôt que les cheminots, les enseignants du publics champions de l'absentéisme et sans obligation d’objectifs, résultats, etc... Macron et son gouvernement de pacotille commence à nouveau à reculer sur les autres retraites spécifiques... Adieu les grandes réformes de la fonction publique et de l'état... Quel manque de courage... Tellement plus facile d'aboyer... Tellement plus facile de taper sur les chômeurs, les pauvres... Mais réformer cette caste de nababs de fonctionnaires, de salariés du public cela demande d'avoir un véritable leadership et du courage d'affronter les syndicats du publiques aux méthodes maffieuses... Oui Jupiter Macron cela n'est que du vide ou de l'enfumage !!!! La dette de la France caracole à 100% du pib et poursuit sa monter stratosphérique. Bravo Emmanuel ! vous ruinez notre pays pour une minorité d'assistés de l'état qui ne représente que 6 millions de fonctionnaires au détriment de l’intérêt de notre pays !!!
T
Réponse de le 31/10/2019 à 15:34 :
Tellement plus facile d’embêter les travailleurs, ceux qui cotisent, ceux qui paient leurs impôts, ceux qui se lèvent tôt le matin pour aller au travail, ceux qui bossent de nuit ou les week end, qu’ils soient fonctionnaire ou du privé !

Alors oui remettons d’abord les chômeurs au travail ! Aidons-les à retrouver un job !
Et laissons les travailleurs tranquilles !
De juger qu’un flic n’a pas de stress ou qu’un militaire a une retraite avant un cheminot, il fallait choisir un autre métier alors pour bénéficier de ces «privilèges»
a écrit le 30/10/2019 à 21:26 :
Le poisson pilote ? Le lobby bancaire perd sa directrice générale qui rejoint Bercy.....
a écrit le 30/10/2019 à 18:44 :
Eh bien il a tort. Si les politiques avaient eu ce bon sens (N'est-ce pas Alain JUPPE...), il y a trente ans au moins que la réforme serait faite. Seulement ils repoussent toujours les réformes en se repassant la patate chaude... Et donc on va avoir une jolie pagaille dans les transports en commun à compter du 5 décembre, avant une énième reculade d'un gouvernement depuis plus de 30 ans...
a écrit le 30/10/2019 à 17:39 :
bien sûr que cette réforme doit s'appliquer à tous mais ne doit léser personne , il faut également rappeler que certain régimes spéciaux bien gérés sont bénéficiaires ; la question de la retraite des parlementaires et ex ministres et présidents reste également sur la table ?....
a écrit le 30/10/2019 à 16:32 :
Il y en a un qui devra gérer la colère et les manifestations des français, l'autre pas !
a écrit le 30/10/2019 à 16:29 :
L'histoire du contrat avec la nation me fait sourire. Ces régimes spéciaux sont financés par les autres, c 'est tout de même un peu facile. Une entrée en douceur étalée sur plusieurs années, pourquoi pas. Quand il y a visiblement une anomalie, injustifiable, on la corrige. Sinon le contribuable va encore payer pour eux pendant 40 ans !

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