Face à la dérive des comptes publics, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) pousse l'idée d'une plus forte taxation des «superprofits» ou des « superdividendes ». De son côté, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé que la taxe spéciale sur les énergéticiens serait prolongée en 2025, « mais pas plus que ça ». À Bruxelles, Emmanuel Macron a renvoyé à la stratégie que le gouvernement doit dérouler la semaine prochaine.La promesse des baisses d'impôts du président Macron est-elle encore tenable ? Face à des finances publiques exsangues et une économie au ralenti, le camp présidentiel se fissure sur ce dossier hautement inflammable. Comme l'avait évoqué en août 2022 l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne quand elle dit ne pas fermer la porte à une taxation des superprofits, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) a poussé les feux ce vendredi pour réclamer une réflexion sur une taxation exceptionnelle des grandes entreprises.
« Nous ne souhaitons pas que les impôts des Français augmentent. Cela étant dit, moi je suis partisane de regarder lorsqu'il y a des superdividendes, des superprofits, des rachats d'actions massifs par les entreprises », a-t-elle déclaré sur l'antenne deFrance Bleu.
La présidente du Palais Bourbon doit se rendre dimanche au Congrès du Modem à Blois. Dans ce groupe parlementaire, le chef des députés Jean-Paul Mattei réclame depuis 2022 une hausse de la fiscalité sur le capital. Balayée d'un revers de main par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, cette proposition risque de revenir en force face à la montagne d'investissements à réaliser dans la transition écologique, le numérique et la Défense.
Le ministre de l'Economie a d'ailleurs affirmé au micro de BFMTV que le budget 2025 prolongerait « le mécanisme de récupération des rentes qui ont pu être faites par les énergéticiens parce que les prix ont flambé », « mais pas plus que ça».
Mi-mars, la Cour des comptes a pointé le faible rendement de cette taxe et jugé celle-ci pas « équitable » pour le consommateur. Sur 2022 et 2023, le rendement était de 4,2 milliards d'euros, alors que les énergéticiens ont affiché des résultats mirobolants. Compte tenu du ralentissement de l'activité, le rendement de cette fiscalité devrait mécaniquement baisser.