Taxes américaines : les exportateurs de vins et spiritueux exigent des compensations

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(Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a demandé samedi la création d'un fonds de compensation, face à la décision américaine de maintenir à 25% les droits de douanes additionnels sur leurs produits dans le cadre du contentieux aéronautique américano-européen.

L'administration américaine avait décidé d'appliquer des tarifs douanier punitifs sur 7,5 milliards de dollars de produits européens en représailles contre des subventions reçues par Airbus, et jugées indues par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Parmi les produits touchés, les vins et certains types de spiritueux français se sont vu imposer une surtaxe de 25%, décision pénalisante pour ce secteur d'activité, dont les Etats-Unis sont précisément le  premier marché à l'exportation.

"Danger majeur"

Le maintien de ces droits de douanes supplémentaires, annoncé vendredi par l'administration américaine, "représente un danger majeur pour la pérennité de nos entreprises et plus largement de la filière vin", s'inquiète la FEVS dans un communiqué pour qui "si Airbus est au coeur du conflit, c'est bien le vin qui est au coeur des sanctions".

"A la veille du Salon de l'Agriculture (qui doit ouvrir ses portes le 22 février, NDLR), nous demandons solennellement au président de la République de débloquer sans attendre 300 millions d'euros sous la forme d'un fonds de compensation d'urgence", a insisté le président de la Fédération, Antoine Leccia, cité dans le communiqué.

Depuis l'application de cette décision américaine, le FEVS chiffre à 17,5% le recul des exportations des vins français pour le seul dernier trimestre 2019, ce qui représenterait une perte de chiffre d'affaires supérieure à 20%.

Pertes de chiffre d'affaires

Le maintien de ces taxes additionnelles pourrait entraîner une perte de plus de 50% de chiffre d'affaires pour près d'un tiers des entreprises du secteur, avait assuré la Fédération lors d'une conférence de presse mercredi lors du salon Wine Paris-Vinexpo. Une surtaxe qui inquiète d'autant plus que ni les vins italiens ni ceux du Portugal ne sont touchés par une décision similaire, renforçant ainsi leur compétitivité face aux vins français, malgré les gros investissements réalisés sur la décennie écoulée par les grandes maisons de l'Hexagone.

Si l'année 2019 a été très bonne pour les exportateurs de vins et spiritueux, avec une hausse de 0,7% des volumes et 5,9% de la valeur, la profession s'inquiète d'une année 2020 qui pourrait être difficile, entre sanctions américaines, coronavirus en Chine et Brexit, perturbant les trois premiers marchés d'exportation.

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Commentaires
a écrit le 20/02/2020 à 9:21 :
Un peu gonflés!!! Les Bordelais, notamment, ont fait exploser les prix depuis 15 ans sans augmentation des prix de revient . Ils vendent un max via des négociants ( bonjour, efforts commerciaux minimum...) et bénéficient du statut agricole plutôt sympathique en matière d’imposition et maintenant ils veulent des des subventions??? Que les plus aisés organisent une caisse de péréquation pour aider les plus pauvres !!!
a écrit le 17/02/2020 à 13:32 :
La plupart des exportateurs français de vin vers les Etats-unis sont ceux qui se sont volontairement détournés du marché français jugés pas assez riche. Par exemple, entre un Condrieu qui doit tenir compte de difficulté de gestion de son exploitation du fait des pentes extrêmes et un Bordeaux ou un Bourgogne qui "vallone" au plus, il n'y pas d'écart de prix. Pourtant les difficultés ne sont pas du tout les mêmes.
Alors, pourquoi compenser des surcoûts illogiques appliqués sur les bouteilles pour les gros exportateurs aux Etats-unis qui n'ont pas su se restreindre et répartir leur offre.
Quand le marché tirait, ils n'ont pas baissé les prix et ont continué à exporter : il est logique qu'ils en payent le prix.
a écrit le 17/02/2020 à 10:47 :
Gonflés : ils vont avoir moins de benefices et ils veulent que les contribuables compensent . Le pire c'est que nos politiques pourraient donner suite
a écrit le 17/02/2020 à 9:44 :
Ils ont raison, vu comme notre UE est faible il faut en profiter, tant que l'on est riche et influent on peut lui prendre son argent.
a écrit le 16/02/2020 à 20:42 :
Ce ne sont pas ces patrons là qui dénoncent "l'assistanat" dont bénéficieraient honteusement les salariés et autres citoyens français ?
Remuez vous le lard et prospectez de nouveaux marchés ! On vit dans un monde concurrentiel, n'est ce pas ?
a écrit le 16/02/2020 à 13:47 :
Manquerait plus que cela...
Les contribuables devant indemniser les producteurs d' alcool...
Au contraire, il faut taxer encore plus pour faire diminuer la consommation
100% de taxes
Réponse de le 16/02/2020 à 19:09 :
Vous n avez rien compris
Les US taxe les vins Francais mais oas les Italiens ou espagnols
Donc c est a bruxelles de compenser avec l argent du grenier des Europeens pas des Francais !!
a écrit le 16/02/2020 à 13:11 :
C'est la sécheresse, on indemnise! le carburant augment on indemnise transporteurs, agriculteurs! Il gèle les arbres fruitiers et autres, on indemnise! Il y a une tempête, du vent, des inondations on indemnise! Il y a de mouvements de foules, on indemnise les commerçants! En plus c'est sans compter toutes les subventions données tous les jours sous le gouvernement Hollande, aux céréaliers, marins pêcheurs, patrons transporteurs etc...
En France on indemnise à tous va, sans même regarder le patrimoine des personnes indemnisées.
Saut, que la facture c'est : plus de 2200 milliards de dettes publique et que si jamais les taux d'intérêts pour une raison ou une autre venaient à augmenter, il est fort probable que le peulple "d'en bas" cri famine.
a écrit le 15/02/2020 à 19:23 :
1) baisser les prix des vins de 25 % jusqu'à suppression de cette surtaxe

2) l'UE doit suspendre un gros contrat d'achat d'avion Boeing par une compagnie UE jusqu'à suppression de la taxe.

3) ... etc

les autres idées du même genre sont les bienvenues
a écrit le 15/02/2020 à 19:20 :
je ne pense pas que les viticulteurs soient misereux au point d'avoir besoin d'aide
Réponse de le 16/02/2020 à 0:42 :
Quand les gros maigris sent, les maigres meurent
Réponse de le 16/02/2020 à 20:38 :
pas faux
cela dit moi aussi je veux, ou plutot ' j'exige' une compensation' a cause du coronavirus et du rechauffement climatique
si les viticuklteurs ne font rien les vendeurs de champagne refactureront ca au client americain( c'est ce qui se passe actuellement sur les taxes usa chine)
pareil pour les autres vins, sauf ceux en concurrence avec les vins sud africains, mais ca c'est un pb marketing, lie a l'arrogance des francais depuis deja plus de 30 ans; donc c'est un autre pb

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