Un seul régime de retraite, à points : l'exécutif rend ses premiers arbitrages

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(Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
L'exécutif a exposé mercredi 10 octobre les grands principes du futur système "universel" de retraite français. Les 42 régimes vont disparaître et seront remplacés en 2025 par un seul régime de retraite, universel, à points. Les organisations syndicales se disent globalement satisfaites des orientations du gouvernement, même si elles n'approuvent pas toutes les mesures décidées.

Après six mois de concertation, le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye a présenté mercredi 10 octobre aux partenaires sociaux les premières pistes de la future réforme des retraites. L'objectif est de créer  un système universel par point, dans lequel chaque euro cotisé vaudra les mêmes droits pour chaque Français qu'il soit salarié du privé, indépendant ou fonctionnaire. En clair, il s'agit ni plus ni moins d'une remise à plat des pensions des cinq millions de fonctionnaires.

Le basculement du régime en annuités vers le système par points concernera donc tous les actifs, d'ici "cinq ans après l'adoption de la loi", soit en 2025. Le nouveau régime concerne donc les générations nées à partir de 1963.

Salariés et fonctionnaires cotiseront au même niveau

Ce qu'il faut tout d'abord retenir est que ce système sera toujours "par répartition", c'est-à-dire que les actifs d'aujourd'hui financeront par leurs cotisations les pensions des retraités d'aujourd'hui, conformément à la promesse d'Emmanuel Macron.

Dès 2025, le régime universel remplacera donc les 42 régimes existants. Il garantira pour tous les assurés la prise en compte de leurs revenus d'activité dans la limite de 120.000 euros brut annuels. On comprends donc que salariés et fonctionnaires cotiseront au même niveau et, à revenu identique, auront les mêmes droits à la retraite. Le taux de cotisation sera, lui, proche de la situation actuelle, soit de l'ordre de 28% pour les assurés et leurs employeurs, qu'ils soient publics ou privés.

Pour ne pas bouleverser les équilibres économiques de leur activité, les travailleurs indépendants bénéficieront d'un régime de cotisation adapté.

Conséquence directe pour les fonctionnaires : leur retraite ne sera plus calculée sur les dix derniers mois de leur vie professionnelle, mais toute la carrière sera prise en compte. En contrepartie, leurs primes seront intégrées au calcul.

Basculement du régime en annuités vers le système par points

Les cotisations seront désormais converties en points, accumulés tout au long de la vie et enregistrés sur un compte unique pour calculer les futures pensions.

Des points seront accordés pour chaque enfant, dès le premier enfant, afin de compenser les impacts sur la carrière des parents, de l'arrivée ou de l'éducation de l'enfant. Et des points seront aussi accordés pour prendre en compte les interruptions d'activité liés aux aléas de carrière (chômage, maladie, invalidité, etc.), ainsi que la maternité.

Précision qui a son importance, le document indique aussi que ce nouveau système sera construit dans le respect des grands équilibres financiers actuels et devra assurer sa solidité, sa stabilité et sa viabilité sur le long terme. Pour le syndicat Force ouvrière (FO), cela pourrait signifier que des objectifs financiers seront donc à respecter chaque année, ce qui risque de faire fluctuer la valeur du point.

L'âge légal de départ à la retraite maintenu à 62 ans

Lundi, nos confrères des Echos révélaient que le gouvernement songeait à créer un âge-pivot de départ à la retraite. Ardemment défendu par le Medef, l'âge-pivot est une limite d'âge à partir de laquelle on applique une surcote ou une décote aux pensions pour retarder les départs à la retraite. Pour l'instant, cette proposition ne fait pas partie  des recommandations de Jean-Paul Delevoye. Mais ce dernier n'exclut pas d'aborder le sujet dans de prochaines concertations. En revanche, l'âge légal de départ à la retraite reste fixé à 62 ans.

Pour sa part, la CGT estime qu'elle n'a pas obtenu de réponse concernant le "niveau de pension" et "l'âge de départ à la retraite".

"Nous pensons que ce système va faire baisser le niveau des retraites à un niveau qui va être proche du seuil de pauvreté", a dit Catherine Perret, négociatrice.

(avec Reuters)

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a écrit le 12/10/2018 à 10:53 :
Il semble que les nouvelles générations ont du mal à se mobiliser et surtout à se défendre , mais qu'elles se disent bien, personnes le fera à leurs places . A mon avis la réforme telle quelle est une régression suffisamment importante pour menacer leur avenir car ils sont sur des droits qu'ils auront gagné par l'effort de toute leur vie. Leur fin de carrière est menacée pour beaucoup, pour ceux qui auront perdu leurs emploi.
a écrit le 12/10/2018 à 10:49 :
"L'objectif est de créer un système universel par point, dans lequel chaque euro cotisé vaudra les mêmes droits pour chaque Français qu'il soit salarié du privé, indépendant ou fonctionnaire.", vous pouvez vous arrêtez de lire là. Ce qui est écrit est faux puisqu'ils prévoient tout un cas d'exceptions. Il eut été bon que cet article rappelle l'existence du site de consultation publique mis en place dans le cadre de cette "réforme".
Réponse de le 12/10/2018 à 13:19 :
Vous avez raison,mais les exceptions vont changer:les régimes spéciaux vont sauter au profit de ceux qui étaient lésés.En gros ceux qui étaient favorisés:public,régimes spéciaux,cadres.Ceux qui étaient lésés:artisans commerçants,prof libérales ,employés et ouvriers
a écrit le 12/10/2018 à 9:16 :
POURQUOI PAS !!! mais ne pas s'orienter vers le profil le plus bas !!!
a écrit le 12/10/2018 à 8:58 :
"Les cotisations seront désormais converties en points, accumulés tout au long de la vie et enregistrés sur un compte unique pour calculer les futures pensions".

On peut rappeler que les règles du nouveau sytème de retraite complémentaire voté le 30 octobre 2015, suite à la fusion de l'Agirc et l'Arcco,qui permettra de moduler le niveau de pension en cas de déficit financier des caisses de retraite. Le système mis en place au 1er janvier 2019 permettra en effet de faire jouer la "valeur du point de retraite" qui sert de référent au calcul de sa pension.
a écrit le 11/10/2018 à 19:44 :
1/non seulement tout le monde privé comme public -va y perdre puisqu' aucune garantie de prestation sera à l' ordre du jour (la valeur du point est révisable chaque année en fonction de pleins de critères),
2/ les salaires vont diminuer dans la fonction publique ( pas les mêmes taux que le privé) seuls, bien, sur les hommes-femmes politiques en sont exclus....
3/ça va pas inciter les fonctionnaires et assimilés à être plus productifs -vu ce qu' ils se prennent en ce moment.de plus l' état prend le risque que les meilleurs partent et lui reste sur les bras les moins-productifs dont on allonge la carrière..
4/changer les règles du jeu à 10-15 ans de la retraite me parait pas soutenable et plutôt malvenu :pourquoi un tel une autre non....
5/ca comporte des risques politiques (populisme, effet boomerang aux elections),
des risques economiques ( baisse de la conso -seul vrai moteur actuel eco en France)car baisse de salaire-moral-retraite,épargne de précaution:
6/ risques de burn out peut-etre vague de suicide tout secteur confondu (?)
il aurait fallut le faire sur 15-20 ans ...mais le débuter il y a 15 il est vrai.
certaines générations (15-30 ans de cotisations) vont se faire dépouiller pour payer les retraites de leurs ainés , eux qui n' ont jamais accepté de réforme..mais n' auront ni le temps ni l' argent d' épargner pour assurer la différence de montant escompté
il y a bien un risque de crispation inter-générationnel !!!!!
7/les syndicats que font-ils ? qu 'en pensez-vous?
a écrit le 11/10/2018 à 19:41 :
1/non seulement tout le monde privé comme public -va y perdre puisqu' aucune garantie de prestation sera à l' ordre du jour (la valeur du point est révisable chaque année en fonction de pleins de critères),
2/ les salaires vont diminuer dans la fonction publique ( pas les mêmes taux que le privé) seuls, bien, sur les hommes-femmes politiques en sont exclus....
3/ça va pas inciter les fonctionnaires et assimilés à être plus productifs -vu ce qu' ils se prennent en ce moment.de plus l' état prend le risque que les meilleurs partent et lui reste sur les bras les moins-productifs dont on allonge la carrière..
4/changer les règles du jeu à 10-15 ans de la retraite me parait pas soutenable et plutôt malvenu :pourquoi un tel une autre non....
5/ca comporte des risques politiques (populisme, effet boomerang aux elections),
des risques economiques ( baisse de la conso -seul vrai moteur actuel eco en France)car baisse de salaire-moral-retraite,épargne de précaution:
6/ risques de burn out peut-etre vague de suicide tout secteur confondu (?)
il aurait fallut le faire sur 15-20 ans ...mais le débuter il y a 15 il est vrai.
certaines générations (15-30 ans de cotisations) vont se faire dépouiller pour payer les retraites de leurs ainés , eux qui n' ont jamais accepté de réforme..mais n' auront ni le temps ni l' argent d' épargner pour assurer la différence de montant escompté
il y a bien un risque de crispation inter-générationnel !!!!!
7/les syndicats que font-ils ? qu 'en pensez-vous?
a écrit le 11/10/2018 à 17:52 :
Les militaires (gendarmerie, pilote etc) et les policiers vont faire un carton plein, si toutes leurs primes comptent pour la retraite. Rien que la prime de suggestion de police (prime de risques) ou prime à l'Air (pour les pilotes) et une aubaine pour ceux qui en bénéficient. De plus vont-ils devoir aller à 62 ans voir 63 ans. Ils vous dirons que non. Car il faut être en forme physiquement pour exercer leur profession. Par contre ils vous cacherons qu'à la retraite ils veulent tous exercés dans la réserve malgré leur âge. A ce moment là ils sont donc tous bien encore en forme physique!!!!!!!!!!
a écrit le 11/10/2018 à 17:22 :
Comment vont ils faire pour les étrangers qui arrives en France et qui n'a jamais cotisé en France pour qu'il touche la retraite et tous ces étrangers qui touche 700 à 800 euros alors que certains français les touche même pas à leurs retraite merci a tout cela qui on voter macron maintenant on va souffrir et grave je suis à 8 ans de la retraite et maintenant je vais subir la nouvelle loi j'aurais 44 année de cotisations en 2025
62 ans et partir a la retraite avec une misère
Réponse de le 11/10/2018 à 18:57 :
Comme Dab ils toucheront plein pot comme actuellement ceux qui arrivent ^par regroupement familial et non jamais versé un copeck .
a écrit le 11/10/2018 à 17:01 :
Le travail et l'énergie représentent la même grandeur physique. Il faut alimenter les retraites par le travail ET par l'énergie. C'est très compliqué à comprendre!
a écrit le 11/10/2018 à 16:50 :
Il faut tenir compte des gains de productivité; nous ne sommes plus au moyen age. Il faut solliciter l'énergie pour compléter les retraites. Voir ce qu'en pensent nos prix Nobel d'économie.
Réponse de le 11/10/2018 à 18:33 :
@Gépé tout à fait logique il faut trouver un autre mode de financement que le mode actuel pour les retraites mais pas sûr qu'en taxant l'énergie ce soit la solution une contribution sur la valeur ajoutée de toutes les entreprises travaillant en France est peut être à étudier
Réponse de le 12/10/2018 à 7:31 :
Mais si, Gabuzo, l'impot sur l'énergie est la bonne solution et même la seule solution. C'est un prix Nobel de l'économie qui nous le dit. Il faut l'assortir d'une allocation universelle pour respecter l'équité. Merci.
a écrit le 11/10/2018 à 15:43 :
La retraite à 60 ans pour tous est possible avec un meilleur partage des richesses, lorsque je découvre dans la revue challenge que la richesse de nos super-riches est passée de 6% du PIB en 1996 à 30% en 2017 je me demande si ces gens sont plus heureux? En outre limitons les retraites par répartition à 4000 euros par foyers fiscal.
a écrit le 11/10/2018 à 15:32 :
ça va pas rendre les personnels du secteur publique plus productif!!!
Bien que travaillant dans le secteur privé, je trouve qu' on charge bien la barque pour ces personnels...dont on cumul tous les sujets-nécessaires- en si peu de temps
ne craint-on pas un burnt out généralisé ou des suicides ? voire un retour du bâton dans les élections (européennes, législatives, présidentielle...)
le secteur privé n' est pas non plus gagnant...
Ce nivellement par le bas aura ces conséquences dans quelques années....qui va consommer? (modèle éco bien Français): pas les jeunes ni les seniors...(enfin pas la majorité)
De plus l' allongement des carrières pour tous à venir ne va pas aider à réduire les effectifs dans la fonction publique ou parapublique et rajeunir dans le privé.
a écrit le 11/10/2018 à 15:32 :
ça va pas rendre les personnels du secteur publique plus productif!!!
Bien que travaillant dans le secteur privé, je trouve qu' on charge bien la barque pour ces personnels...dont on cumul tous les sujets-nécessaires- en si peu de temps
ne craint-on pas un burnt out généralisé ou des suicides ? voire un retour du bâton dans les élections (européennes, législatives, présidentielle...)
le secteur privé n' est pas non plus gagnant...
Ce nivellement par le bas aura ces conséquences dans quelques années....qui va consommer? (modèle éco bien Français): pas les jeunes ni les seniors...(enfin pas la majorité)
De plus l' allongement des carrières pour tous à venir ne va pas aider à réduire les effectifs dans la fonction publique ou parapublique et rajeunir dans le privé.
a écrit le 11/10/2018 à 13:23 :
Un renseignement: vous dites 5 ans après la promulgation de la loi, donc 2919 , ce serait les 1eres personnes concernées seraient celles nées en 1963 ou 1964?
Réponse de le 11/10/2018 à 17:27 :
Année 1963 malheureusement
a écrit le 11/10/2018 à 13:22 :
Un renseignement: vous dites 5 ans après la promulgation de la loi, donc 2919 , ce serait les 1eres personnes concernées seraient celles nées en 1963 ou 1964?
a écrit le 11/10/2018 à 13:07 :
Le système à points permet de réduire le montant des retraites, mais l'important, c'est le système pour alimenter les caisses de retraites. On n'en parle pas! Sur les salaires ou sur l'ensemble du PIB? Il faut mettre un système alimenté par une contribution de l'énergie. Certains prix Nobel évoquent cette possibilité et c'est ce qui se passe ailleurs que chez nous. Qui le comprendra?
a écrit le 11/10/2018 à 12:13 :
Ce que l'on peut remarquer au premier abord c'est la barre de 120 000 euros brut après quoi les parlementaires et rentiers de la politique seront exonérés . Donc à mon avis , on a pris des précautions pour que le corps législatif ne s'oppose pas à la loi . Cela va être intéressant de suivre les syndicats qui généralement on la fonction de faire passer la pilule en évitant les sujets qui fâchent auprès des salariés .Les journalistes de l'information des grands médias sont donc évités également . Je pense qu'il y a matière à s'opposer en faisant bloc dans le pays . Ceux qui sont affiliés à la sécurité sociale devraient tous faire partie de la mesure sans barème exonérant les plus hauts salaires . C'est une question à poser au conseil constitutionnel , car tout le monde doit être égaux devant la loi . Mais ! au grand mais ??????? dans quelle République sommes nous maintenant .
Réponse de le 11/10/2018 à 16:31 :
C'est fou ce que les gens peuvent critiquer sans savoir de quoi ils parlent.Les cotisations et donc en conséquence les pensions sont plafonnées depuis toujours. La pension de base est plafonnée à 50% du plafond de la sécu et les cotisations sur les complémentaires ne s'appliquent depuis toujours que sur un salaire plafonné à 4 fois celui de la sécu.
Réponse de le 11/10/2018 à 19:04 :
Je vous ferez remarquer que vous répondez à ce que je dit , peut-être est-ce volontaire , ou vous n'avez pas compris la question .

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