Les acteurs de la filière du fret ferroviaire cherchent leur voie et leur modèle. Réunis à Montpellier à l’occasion des Rencontres régionales du fret ferroviaire le 16 septembre, ils ont débattu des enjeux de l’arc méditerranéen et de sa connexion avec l’Europe. Si les défis à relever sont encore nombreux pour faire du fret ferroviaire un outil stratégique de la transition écologique, une dynamique collective se met en place.Depuis plus de vingt ans, le fret ferroviaire a dû mal à trouver un modèle économique. Seulement 9% des marchandises sont aujourd'hui transportées par le train mais l'ambition française est de doubler la part modale pour le fret ferroviaire en 2030 et d'atteindre les 25% à horizon 2050. Quant à l'Union Européenne, avec son plan « Fit for 55 », elle veut s'attaquer au secteur des transports, responsable de 31% des émissions de gaz à effet de serre, alors que la part du ferroviaire ne pèse encore que 0,3%...
En Occitanie, le Contrat de plan Etat-Région (2023-2027), signé en juin dernier, prévoit 160 millions d'euros d'investissement exclusivement sur le fret. De son côté, SNCF Réseau Occitanie dit avoir posé sur la table cette année 300 millions d'euros pour régénérer le réseau structurant.
« L'Etat et la Région Occitanie sont alignés sur le fait qu'il faut continuer à renforcer les infrastructures en s'appuyant sur des hubs ferroviaires très forts comme le port de Sète, Perpignan Saint-Charles, Le Boulou ou Port-la-Nouvelle, mais il est également nécessaire de renforcer la connectivité à l'international,déclare Catherine Trevet, directrice territoriale SNCF Réseau Occitanie, à l'occasion des Rencontres régionales du Fret, le 16 septembre à Montpellier. Les corridors européens permettent de favoriser des flux massifs mais il faut créer des partenariats avec l'ensemble des acteurs. Airbus, par exemple, est en train de basculer, pour la première fois, des marchandises de l'aérien vers le rail. C'est cela, l'avenir. »
Uniformiser l'écartement des chemins de fer
Alors que 70% du trafic part d'Occitanie vers l'Europe et le Maghreb, la question portant sur les enjeux de l'arc méditerranéen et sa connexion avec l'Europe est cruciale. Mais les obstacles sont encore nombreux. A commencer par l'écartement des voies de chemins de fer. Si les principales voies ferrées de la plupart des pays européens respectent un écartement standard (1,435 mètres), d'autres pays, comme l'Espagne, ont des écartements différents (1,688 mètres), exigeant des transbordements ou l'emploi de matériels complexes.