À Genève, une nouvelle session de négociation pour un traité contre la pollution plastique
Raphaël Melka

La production de plastique pourrait tripler d’ici à 2060, selon le Conseil économique, social et environnemental.
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Raphaël Melka

La production de plastique pourrait tripler d’ici à 2060, selon le Conseil économique, social et environnemental.
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Une session supplémentaire du Comité intergouvernemental de négociation (CIN) s'ouvre ce mardi 5 août à Genève. Elle réunit 193 délégations. Officiellement nommée INC-5.2, elle fait suite à la cinquième (et présupposée dernière) session de négociation qui s'est tenue à Busan, en Corée du Sud, à la fin de l'année 2024 et au cours de laquelle les discussions avaient été interrompues et ajournées.
L'objectif est de finaliser un traité mondial juridiquement contraignant pour limiter la pollution plastique. Le processus a été lancé en 2022, après l'adoption de la résolution 5/14 par l'assemblée de l'ONU pour l'environnement.
La production mondiale de plastique pourrait tripler d'ici à 2060 si rien ne change, selon le Conseil économique social et environnemental (Cese). Actuellement, environ 460 millions de tonnes sont produites chaque année, dont la moitié à usage unique. Seuls 9 % de ces déchets sont recyclés, 20 % sont incinérés et le reste est mis en décharge, ou abandonné dans l'environnement, dont une part dans les milieux marins.
Les discussions de Genève se déroulent sur la base d'un projet de texte établi par le président des négociations, le diplomate équatorien Luis Vayas Valdivieso. Mais plus de 300 points de désaccords ont été identifiés, comme la question de la production de plastique vierge - fabriqué directement à partir de matières premières pétrochimiques -, la gestion des substances chimiques intégrées aux plastiques, comme les PFAS ou certains phtalates, qui sont soupçonnés de présenter des risques pour la santé humaine et les écosystèmes.
Un groupe d'une soixantaine d'États appelle à un accord ambitieux. Cette coalition, qui comprend notamment l'Union européenne, le Mexique et plusieurs États africains, défend un texte qui impose des mesures contraignantes sur la production, la conception des produits plastiques et leur recyclage, ainsi qu'à un mécanisme de financement fondé sur le principe du « pollueur payeur ».
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À l'inverse, les pays producteurs de pétrole devraient peser dans les négociations. Plus de 99 % des plastiques sont fabriqués à partir de ressources fossiles, ce qui fait de la pétrochimie un secteur stratégique pour plusieurs de ces États. Une limitation de la production de plastique est perçue comme une atteinte directe à leurs intérêts économiques. Des pays comme l'Arabie saoudite, l'Iran ou la Russie s'opposent ainsi à l'inscription d'objectifs contraignants dans le traité.
Certains observateurs estiment que les négociations pourraient déboucher sur un accord partiel. « Il est possible qu'un squelette de traité émerge des discussions, même s'il sera probablement sans financement, sans tripes et sans âme », a déclaré à l'AFP Bjorn Beeler, directeur du réseau d'ONG Réseau international d'élimination des polluants (Ipen). Ce scénario consisterait à fixer un cadre général sans le doter d'un cadre financier, ni trancher les points les plus sensibles, comme la production ou les limitations d'usages de certaines les substances chimiques.
Plusieurs ONG suivent les discussions de près, comme Scientists' Coalition for an Effective Plastics Treaty (Coalition scientifique pour un traité efficace sur les plastiques) ou Greenpeace, présente à Genève avec une délégation venue de plusieurs continents. L'organisation « exige un traité ambitieux qui réduise d'au moins 75 % la production de plastique d'ici à 2040 ». Dans un communiqué, l'ONG met également en garde contre l'influence croissante des représentants de l'industrie pétrochimique, très présents autour des négociations.
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Une mobilisation de Greenpeace est prévue ce lundi 4 août, place des Nations, à Genève. Elle doit rassembler des représentants de la « société civile », à la veille de la reprise des négociations.
Raphaël Melka