Aides à Airbus : Washington menace de taxer (encore) plus les produits européens
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Airbus A320, Hambourg
Reuters
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Airbus A320, Hambourg
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[Article publié le 09.04.2019 à 9h22, mis à jour à 10h53 avec les déclarations du porte-parole d'Airbus, Rainer Ohler et Bruno Le Maire]
Il s'agit là d'une nouvelle étape dans le conflit qui oppose depuis 14 ans Boeing et Airbus via leurs pays respectifs, qui s'accusent mutuellement devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de verser des aides illégales à leurs champions aéronautiques respectifs. Le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer, a estimé lundi que les subventions européennes à Airbus "pénalisent" les États-Unis à hauteur de 11 milliards de dollars d'échanges commerciaux (soit 9,8 milliards d'euros) chaque année et s'est dit prêt "à l'action" alors que l'OMC doit rendre prochainement un nouvel arbitrage sur ce conflit.
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L'USTR a publié une liste préliminaire de produits européens qui pourraient faire l'objet de droits de douane, en signe de représailles. Les avions gros porteurs commerciaux européens ainsi que leurs pièces provenance de France, d'Allemagne, d'Espagne ou du Royaume-Uni, mais aussi les produits laitiers et le vin font partie des produits visés. La liste finale sera connue après l'arbitrage de l'organe de règlement des différends de l'OMC, fait savoir l'USTR. Le résultat est attendu cet été.
Les aides à Airbus ont contribué à faire perdre à Boeing "plus de 300" appareils et des parts de marché dans le monde entier, peut-on lire. L'avionneur américain s'est félicité de l'annonce de l'USTR.
À la suite de la publication de cette liste, l'action d'Airbus a cédé environ 1,4% en Bourse mardi en fin de matinée, dans un marché parisien orienté à la hausse.
Le porte-parole d'Airbus, Rainer Ohler, a immédiatement réagi aux déclarations du représentant américain au Commerce, estimant qu'il ne voyait "aucune base légale" pour que les États-Unis imposent de telles sanctions, y compris sur les avions commerciaux.
Depuis plus de 14 ans, Washington et Bruxelles s'accusent mutuellement de verser des aides indues à Boeing et Airbus. Ce conflit commercial, dont l'enjeu s'élève à des milliards d'euros ou de dollars, est le plus long et le plus compliqué traité par l'OMC.
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Dans le dossier concernant les aides à Boeing, l'OMC a confirmé fin mars que les États-Unis ne s'étaient pas pleinement conformés à sa décision de 2012 leur intimant de mettre fin aux aides illégales versées au groupe aéronautique, notamment en transformant certaines en allègements fiscaux. Une source à la Commission européenne a déclaré à Reuters que l'exécutif européen se préparait à d'éventuelles représailles concernant les subventions accordées à Boeing.
Le niveau des contre-mesures envisagées par les États-Unis est "très exagéré", a ajouté la source, en soulignant que le montant de représailles ne pouvait être déterminé que par un arbitre de l'OMC.
L'UE, a ajouté la source, reste ouverte à la discussion avec les États-Unis sur la question des subventions aux programmes de développement d'avions.
Pour tenter de calmer le jeu, le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire a plaidé ce mardi pour un compromis entre les États-Unis et l'Union européenne sur les subventions accordées à Airbus.
Ce communiqué intervient dans un climat de tensions commerciales récurrentes avec la Chine et l'Union européenne. L'administration de Donald Trump est devenue coutumière des droits de douane punitifs, dont elle brandit la menace pour négocier et dont elle a déjà imposé un certain nombre.
L'UE et les États-Unis s'efforcent depuis des mois de concrétiser l'entente commerciale annoncée fin juillet par le président américain et le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, notamment en négociant un accord commercial limité aux biens industriels. Donald Trump menace dans ce cadre de taxer lourdement l'industrie automobile européenne.
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En outre, le communiqué de l'USTR intervient alors que Boeing est en pleine tourmente, en raison de la mise en cause de son avion vedette 737 MAX, dont la sécurité est en cause après deux accidents mortels.
(avec AFP et Reuters)
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