Avoirs russes : la justice française saisit pour 70 millions d'euros de biens
latribune.fr
La procédure a permis de geler plusieurs propriétés de luxe, dont un domaine à Grasse (Alpes-Maritimes) et des villas à Saint-Raphaël et Grimaud (Var). (Photo d'illustration)
Après une longue enquête, la justice française s'est saisie de plus de 70 millions d'euros de biens immobiliers appartenant à des hommes d'affaires russes, révèle le journal Le Monde.
[Article publié le lundi 14 octobre 2024 à 17h07 et mis à jour à 18h06] La justice française a saisi des biens d'une valeur dépassant 70 millions d'euros, appartenant à deux hommes d'affaires d'origine russe, dans le cadre d'une enquête pour présomption de blanchiment aggravé, a confirmé lundi une source proche du dossier, relayée parLe Monde, et confirmée par l'AFP.
Cette procédure, lancée en mars par le parquet de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco - au sein du parquet de Paris), a permis en septembre de geler plusieurs propriétés de luxe, dont un domaine de 22,5 hectares à Grasse (Alpes-Maritimes) et des villas à Saint-Raphaël et Grimaud (Var). L'enquête repose sur des soupçons solides quant à la provenance douteuse des fonds ayant permis ces acquisitions immobilières.
«Dans le cadre de cette procédure, huit saisies immobilières ont été à ce jour réalisées, ainsi que la saisie de deux véhicules de luxe, pour respectivement des valeurs de près de 69.800.000 euros et de 670.000 euros. De même, des parts sociales ont été saisies pour près de 2.700.000 euros».
Deux hommes d'affaires au coeur de l'affaire
Dans le détail, deux hommes d'affaires, Ruslan Goryukhin et Mikhail Opengeym, se trouvent dans le collimateur de la justice. Tous deux titulaires de passeports chypriotes, ils sont soupçonnés d'avoir utilisé des montages financiers complexes pour masquer l'origine de leurs fonds. Selon Le Monde, la majorité des biens immobiliers visés par l'enquête ont été financés par des prêts octroyés par des sociétés contrôlées par les deux hommes, les rendant à la fois prêteurs et bénéficiaires de leurs propres montages.
Sollicités par l'AFP, les deux avocats des mis en cause n'ont pas commenté dans l'immédiat.
Le premier a eu des responsabilités dans le domaine énergétique russe, selon Le Monde, et a dirigé SGM. Le second est présenté dans des documents issus des Pandora Papers consultés par le quotidien, comme un homme d'affaires investissant dans le domaine énergétique également.
Les gendarmes ont également porté leur attention sur des intermédiaires financiers et professionnels du droit. Parmi eux, un notaire de Grasse : celui-ci aurait joué un rôle clé dans les différentes transactions suspectes, validant des prêts de montants conséquents sans intérêts, octroyés par des sociétés offshore sur une période de trente ans. Des perquisitions ont eu lieu à son étude ainsi qu'au siège de deux sociétés spécialisées dans l'ingénierie fiscale à Monaco, notamment Rosemont Consulting, qui aurait contribué à la création des structures juridiques impliquées.
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Cette enquête s'inscrit dans le cadre d'une stratégie plus large, visant à saisir les biens acquis par des hommes d'affaires russes à travers des montages financiers complexes et des sociétés offshore. La recherche des« infractions pouvant être imputées à des détenteurs d'avoirs russes illicites »est l'une des priorités du ministère de la justice depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.