Peter Thiel : le milliardaire qui veut réconcilier Donald Trump avec la Silicon Valley

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Peter Thiel, co-fondateur de PayPal, a affiché publiquement son soutien à Donald Trump lors de la convention républicaine à Cleveland, le 21 juillet 2016.
Peter Thiel, co-fondateur de PayPal, a affiché publiquement son soutien à Donald Trump lors de la convention républicaine à Cleveland, le 21 juillet 2016. (Crédits : Reuters/Mike Segar)
Le co-fondateur de PayPal a pris de court la Silicon Valley, plutôt démocrate, en soutenant la candidature de Donald Trump. Membre de son équipe de transition, Peter Thiel a organisé mercredi une rencontre entre le républicain fraîchement élu et les géants de la tech américaine.

Peter Thiel fait figure d'exception au sein de la Silicon Valley. Le milliardaire de 49 ans a soutenu Donald Trump pendant sa course à la Maison Blanche avec un chèque de 1,25 million de dollars. L'homme d'affaires s'est vu offrir une place dans l'équipe de transition du magnat de l'immobilier. Première contribution : il a organisé mercredi une réunion entre les géants de la tech (Google, Apple, Facebook...) et le président élu, qui n'a eu de cesse d'attaquer la Silicon Valley pendant sa campagne.

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Avec une fortune personnelle estimée à 2,7 milliards de dollars en 2016 selon Forbes, Peter Thiel s'est forgé un nom dans la Silicon Valley. Après une rapide carrière d'avocat d'affaires et de trader, il a un premier succès en 1998 avec la création de PayPal - revendu à eBay en 2002 pour 1,5 milliard de dollars. Peter Thiel a ensuite enchaîné les succès. Alors que Facebook est encore à ses prémices en 2004, il investit 500.000 dollars dans le projet de Mark Zuckerbeg et il siège toujours au conseil d'administration. La même année, il lance Palantir, société spécialisée pour l'analyse de données à grande échelle. Valorisée à 20 milliards de dollars, elle compte aujourd'hui parmi ses clients le FBI, la NSA, la CIA ou encore la DGSI. Il créée également en 2005 le capital-risque Founders Fund, qui compte dans son portefeuille Airbnb, Spotify ou encore Space X...

Des "réactions viscérales" à la Silicon Valley

La Silicon Valley a vu d'un mauvais œil la prise de position de Peter Thiel, qui traîne une réputation de provocateur. Il ne s'attendait pas à "ce genre de réactions viscérales", confie-t-il au Washington Post. "C'est la première fois que je fais quelque chose de grand dans ma vie - ce qui est juste ce en quoi croit la moitié du pays - et c'est la chose la plus controversée." L'association "Project Include", qui promeut la diversité dans le secteur de la tech, a rompu ses relations avec Y combinator, un incubateur de start-up dont Peter Thiel est partenaire. En cause : des actions "en conflit direct avec nos valeurs", justifie la directrice Ellen Pao dans une publication sur Medium... alors que Donald Trump a multiplié les sorties misogynes, homophobes et racistes pendant sa campagne.

"La principale question que les gens me posent, c'est : [Peter Thiel] est-il devenu fou ? Comment peut-il défendre des idées pareilles ?", raconte à Bloomberg Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn. Il a connu Peter Thiel sur les bancs de Stanford, alors qu'il étudiait le droit et la philosophie. "Et je dois leur expliquer que Peter a toujours été quelqu'un de très radical, et qu'à mon avis, il s'invente des raisons politiques qui ne sont même pas dans le programme de Trump."

Libertarien assumé

Fils d'immigrés allemands et ouvertement gay, Peter Thiel a justifié son soutien au candidat polémique lors de la convention républicaine à Cleveland, le 21 juillet 2016. "Je suis fier d'être gay, je suis fier d'être Républicain, mais par-dessus tout, je suis fier d'être Américain." Et de poursuivre: "Je ne prétends pas être d'accord avec chaque partie du programme de notre parti. Mais les guerres sociétales artificielles ne font que détourner notre attention de notre déclin économique."

Ce n'est pas la première fois que l'investisseur-star s'investit dans la politique. Libertarien assumé, il a soutenu le candidat Ron Paul à deux reprises lors des primaires pour la présidentielle américaine, dont une première fois en 2008. Cette année-là, il investit aussi dans The Seasteading Institute. Si le projet est aujourd'hui au point mort, cette organisation souhaitait construire des îles artificielles dans les eaux internationales. Le but : y vivre sans lois, ni taxes.

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Commentaires
a écrit le 15/12/2016 à 14:47 :
La démagogie des uns peut faire en effet contrepoids avec la démagogie des autres.

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