En Bourse, le phénomène s'appelle "Buy the Dip" ou "achetez à la baisse". Il se joue aussi dans l'univers des crypto-actifs, alors que les cours des jetons numériques sont entrainés depuis plusieurs semaines dans l'oeil du cyclone, prisonniers des craintes générées par le resserrement monétaire des banques centrales. Malgré cela, quelques fervents supporters de la cryptomonnaie star profitent de cette période morose pour augmenter leurs réserves. S'appuyant sur leurs observations, mais aussi sur leur situation financière qui leur permet de prendre de tels risques à contre-courant, ils...... sur un retour en force de leur actif fétiche à long terme. A l'inverse, d'autres considèrent cette pratique financière comme dangereuse.
Volatil mais toujours attractif. Malgré « l'hiver des cryptomonnaies » qui s'est abattu début mai sur les monnaies numériques décentralisées, des passionnés poursuivent leurs emplettes sur leurs jetons favoris, au premier rang desquels le bitcoin. L'actif, qui influence tous les autres cours (NFT, Ether, stablecoins...) a pourtant touché en juin les bas-fonds, sous les 19.000 dollars, soit son plus bas niveau depuis décembre 2020. La chute est vertigineuse, à -72% par rapport à son plus haut de novembre 2021 (à 68.991 dollars). Au global, la déconfiture de l'ensemble des cryptomonnaies est encore plus marquée, avec une capitalisation globale qui a fondu de 800 milliards en un mois, passant même brièvement sous les 1.000 milliards de dollars en juin.
Pourtant, les pro-bitcoins n'avouent pas leur actif fétiche vaincu par la hausse des taux des banques centrales qui ont actionné le resserrement monétaire et sonné le glas des positions risquées en pleine flambée de l'inflation. Bien au contraire. Non seulement, selon eux, il y a de quoi minimiser la chute, mais la stagnation en eaux troubles du bitcoin autour des 20.000 dollars l'unité serait surtout le signe d'une période propice pour faire ses emplettes, selon le vieil adage boursier, « achetez à la baisse ».
« Buy the Dip, c'est juste les soldes. On essaye d'augmenter l'exposition quand le bitcoin est au plus bas. J'ai donc commencé à en racheter, dès qu'il a commencé à évoluer sous les 45.000 dollars. Là, à 20.000 dollars, je rachète beaucoup plus fort », explique à La Tribune Owen Simonin, premier influenceur français en matière de cryptomonnaies et PDG de Just Mining, une société spécialisée dans l'investissement sur les cryptos.
Bitcoin VS la bulle
« Cela ne veut pas dire que le bitcoin ne peut pas descendre encore plus bas. Mais comme j'ai beaucoup de liquidités, je revends des stablecoins (des cryptos adossés à aux cours d'une devise traditionnelle NDLR) contre de la cryptomonnaie, du bitcoin et de l'ethereum car je pense que les cryptos vont se relever. C'est comme ça que j'ai construit mes plus gros profits par le passé », justifie-t-il. Cette stratégie de moyenner à la baisse n'est cependant pas sans risque : une valeur peut toujours baisser à nouveau de 99%, après une première chute de 99%. C'est notamment ce qui est arrivé aux valeurs Internet lors de l'éclatement de la bulle en 2000, comme le rappellent les critiques du "buy the dip".