Brexit : le moral de la finance britannique au plus bas depuis la crise de 2008

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Le recul (-56%) a été observé dans la quasi-totalité des services financiers, mais a été particulièrement marqué dans les banques et les sociétés foncières.
Le recul (-56%) a été observé dans la quasi-totalité des services financiers, mais a été particulièrement marqué dans les banques et les sociétés foncières. (Crédits : Reuters)
D'après une étude publiée récemment, le niveau d'optimise a stagné ou reculé durant 15 trimestres consécutifs, soit près de quatre ans.

La confiance des entreprises du secteur financier britannique est tombée en septembre à un plus bas depuis la crise internationale de 2008 en raison des incertitudes entourant le Brexit, selon une étude publiée mardi.

Le niveau d'optimisme dans ce secteur, l'un des plus puissants de l'économie britannique, n'avait pas reculé autant depuis septembre 2008, selon cette enquête trimestrielle réalisée auprès de 83 entreprises par l'organisation patronale CBI et le cabinet de conseil PwC.

Le recul (-56%) a été observé dans la quasi-totalité des services financiers, mais a été particulièrement marqué dans les banques et les sociétés foncières.

L'étude montre que le niveau d'optimisme a stagné ou reculé durant 15 trimestres consécutifs, soit près de quatre ans.

"La menace d'un Brexit sans accord entame la confiance"

Rain Newton-Smith, économiste en chef de la CBI, la principale organisation patronale du pays, souligne :

"Le secteur est le joyau de la couronne au sein du secteur des services au Royaume-Uni. La menace d'un Brexit sans accord entame la confiance"

Il en appelle une nouvelle fois au gouvernement afin d'éviter une sortie brutale le 31 octobre et de négocier par la suite un accord "ambitieux" avec l'UE.

5000 emplois de perdus à cause du Brexit

Le secteur financier britannique, dont le cœur est situé dans la City de Londres, est l'un des plus importants au monde et craint les répercussions du Brexit qui va priver un grand nombre de banques, assurances et gérants d'actifs d'exercer leur activité dans l'UE tout en étant basés au Royaume-Uni.

Le secteur financier a déjà annoncé la perte de 5.000 emplois à cause du Brexit, beaucoup d'institutions, à l'instar de JPMorgan Chase, UBS ou autres, ayant transféré une partie de leurs activités de Londres vers d'autres villes d'Europe pour s'assurer qu'elles seraient encore en mesure de servir leurs clients européens après le Brexit, qu'il soit "dur" ou négocié.

Lire aussi : Brexit : la finance a déjà enclenché ses relocalisations

C'est moins que ce qui était initialement craint dans les mois qui ont suivi le référendum de juin 2016 et pour l'instant le secteur financier n'a pas subi d'exode massif.

Inquiétudes sur les points techniques

Au-delà de l'impact sur leur activité d'un fort ralentissement économique, de nombreuses entreprises financières s'inquiètent au sujet de points plus techniques qui restent en suspens comme les transferts de données ou la continuité des contrats.

Dans un communiqué publié lundi à l'occasion du congrès du parti conservateur qui se tient à Manchester, la City a mis encore en garde le gouvernement contre les risques toujours élevés d'un Brexit sans accord,  scénario qui n'est pas exclu par le gouvernement britannique.

Un récent rapport du cabinet de conseil EY estime par ailleurs que le Brexit a déjà coûté au secteur financier britannique 1,3 milliard de livres en délocalisations, conseils juridiques, provisions etc, plus une injection de 2,6 milliards de livres pour renforcer l'implantation des sièges des banques et opérateurs hors du Royaume-Uni.

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Commentaires
a écrit le 02/10/2019 à 15:27 :
La comparaison avec la finance française (ci-dessous) n'a aucun sens, tout simplement parce que la finance britannique était beaucoup plus puissante que la française avant le Brexit.
Cette puissance qui commence à perdre des emplois, même si ce n'est "que" 5000; c'est un indice des nuisances du Brexit !
a écrit le 01/10/2019 à 20:26 :
En France, le non renouvellement des départs dans la banque, c'est -1 % de croissance de l'emploi par an. Une saignée de 10 % à court terme. Je ne connais pas le chiffre du nombre de postes, mais c'est certainement beaucoup plus que l'évasion de ces 5000 emplois de la City (certes très qualifiés, alors que cette érosion en France touche plutôt des profils de conseillers bancaires).Ce qu'il serait intéressant de savoir, c'est si le secteur connaît une même saignée en UK hors effet brexit et si, en cumulé, l'érosion de l'emploi dans le secteur bancaire est encore plus forte qu'en France. Pas sûr...
a écrit le 01/10/2019 à 18:43 :
Pas confiance dans Boris qui prétend les emmener dans un paradis fiscal ?
a écrit le 01/10/2019 à 17:16 :
5000 emplois ne représentent pas grand chose en regard de la saignée qui s'annonce dans l'industrie automobile du Royaume en cas de brexit sans au minimum un accord de libre échange avec l'UE pour les constructeurs et les équipementiers (donc le maintien des normes de l'UE).
Réponse de le 01/10/2019 à 19:07 :
Ces sont des salaires à 150 000 £ de base, 300000 £ avec les bonus.
Et leurs activités sont très lucratives (Ce qui ne veut pas dire que leur utilité sociale soit en rapport).

Pour la GB, il me semble que ce sera perdant sur les deux plans, la banque et la construction automobile.
Réponse de le 03/10/2019 à 16:20 :
Certes mais la construction automobile et les équipementiers au Royaume-Uni c'est plus de 800000 travailleurs, 4% du PIB et 12% des exportations de produits manufacturés.
a écrit le 01/10/2019 à 16:30 :
La finance UK a simplement réalisé qu'elle n'avait aucun moyen de contrôle sur Boris.
Et que surtout l'UE n'allait pas les laisser avoir le beurre et l'argent du beurre
Effrayant!
a écrit le 01/10/2019 à 14:17 :
Les votants du Brexit ont, entre autre, voté contre les financiers de la City. Alors les pertes de la City, je pense que "cela leur en touche une sans faire bouger l'autre" (pour paraphraser le défunt Jack).
a écrit le 01/10/2019 à 12:59 :
Tant mieux, un financier qui pleure c'est des milliers de vies épargnées quelque part dans le monde.

C'est mathématiques.
Réponse de le 02/10/2019 à 8:00 :
Il est etonnant chez un esthete tel que vous, fassiez cette faute d'orthographe. !
a écrit le 01/10/2019 à 11:30 :
Pas question d'avoir des produits financiers de la City vendus dans la CE sans accord sur une juridiction Européenne pour arbitrer les conflits ! Il faudra limiter leur zone d'influence.

Les anglais ont montrés dans le passé leur capacité à esbroufer tout le monde avec leur droit à tiroir et passe-droits issus de leur "common law"...

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