Canal de Panama : les États-Unis affirment être dispensés de péage, démenti peu après
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Construit par les États-Unis, inauguré en 1914, le Canal de Panama était resté sous souveraineté américaine jusqu'en 1999.
STRINGER
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Construit par les États-Unis, inauguré en 1914, le Canal de Panama était resté sous souveraineté américaine jusqu'en 1999.
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Le Panama a-t-il cédé face aux menaces de Donald Trump de « reprendre le canal » ? « L'État du Panama a donné son accord pour ne plus faire payer aux navires de l'État américain la traversée du canal de Panama », s'est félicité le département d'État sur le réseau social X, ajoutant que cela « va faire économiser des millions de dollars à l'État américain ».
Mais l'Autorité du canal de Panama, un organisme indépendant créé par la Constitution panaméenne pour administrer le canal, a rapidement démenti. « L'Autorité du canal de Panama, qui a le pouvoir de fixer les péages et autres droits pour le franchissement du canal, annonce qu'elle n'a procédé à aucun ajustement de ces droits », a-t-elle écrit dans un communiqué sur X. Elle a ajouté être « disponible pour établir un dialogue avec les fonctionnaires compétents des États-Unis concernant le passage des navires de guerre de ce pays ».
Avant même de prendre ses fonctions le 20 janvier, Donald Trump avait fait monter la pression sur le Panama, menaçant de « reprendre » le canal entre l'Atlantique et le Pacifique. Construit par les États-Unis, inauguré en 1914, il était resté sous souveraineté américaine jusqu'en 1999. Le Panama avait récupéré le canal cette année-là, en vertu d'un accord conclu en 1977 avec le président démocrate de l'époque, Jimmy Carter.
« Nous avons été très maltraités par ce cadeau insensé qui n'aurait jamais dû être fait. La promesse que nous avait faite le Panama n'a pas été tenue », avait déclaré Donald Trump dans son discours d'investiture, affirmant que les navires américains étaient « gravement surtaxés ». « Et surtout, la Chine exploite le canal de Panama, et nous ne l'avons pas donné à la Chine, nous l'avons donné au Panama. Et nous allons le reprendre », avait-il asséné. Selon Washington, l'influence croissante de la Chine autour du canal menace les intérêts américains et pourrait permettre à Pékin de bloquer cette voie maritime stratégique en cas de conflit.
En visite dimanche au Panama, le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait laissé entendre que le président panaméen José Raúl Mulino avait pris note des préoccupations des États-Unis concernant les péages imposés aux navires militaires américains. « C'était une visite utile et très respectueuse. C'est une visite qui, je pense, a le potentiel de parvenir à dissiper les inquiétudes que nous avons », a déclaré le secrétaire d'État à la presse en arrivant lundi au Salvador.
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En cause : la concession accordée depuis 1977 à une filiale du conglomérat hongkongais CK Hutchison pour exploiter les ports panaméens de Balboa et de Cristóbal, aux deux entrées du canal, la voie d'eau elle-même restant administrée par l'Autorité du canal de Panama. Hutchison Ports PPC, filiale de Hutchison Holdings, avait obtenu une première concession de 25 ans, qui a été prolongée de 25 ans en 2021.
Depuis les pressions du président américain, la société fait l'objet d'un audit des autorités panaméennes afin de vérifier si elle respecte ses engagements financiers. Deux avocats panaméens ont également déposé une plainte demandant l'annulation de la concession. Pendant la visite du secrétaire d'État américain, le président panaméen a en outre annoncé que son pays ne renouvellerait pas le mémorandum d'accord sur la participation du pays au projet mondial chinois d'infrastructures dit des « Nouvelles routes de la soie ».
Conclu en 2017, ce mémorandum avait fait du Panama le premier pays de la région à s'associer à ce programme de Pékin. Il est renouvelé tous les trois ans par tacite reconduction, la prochaine échéance étant en 2026. L'ambassadeur chinois auprès des Nations unies, Fu Cong, a jugé lundi cette décision « regrettable », affirmant lors d'une conférence de presse que le projet est « une initiative économique » et « n'a rien à voir avec un quelconque agenda politique ».
« La campagne de diffamation lancée par les États-Unis et certains autres pays occidentaux contre l'Initiative de la Ceinture et de la Route est totalement infondée », a poursuivi l'ambassadeur chinois, en répétant que « la Chine n'a pas participé à la gestion et à l'exploitation du canal de Panama, et n'a jamais interféré dans les affaires du canal ».
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Les gouvernements américain et panaméen prévoient de nouveaux pourparlers vendredi sur le canal, par lequel transite 5 % du commerce mondial, et dont les États-Unis et la Chine sont les principaux usagers.
(Avec AFP)
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