Chine : l'État accusé de "fausser" le jeu dans le secteur bancaire

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Contrairement aux autres pays, la Chine maintient une présence étatique envahissante dans ses banques et ses autres institutions financières, rappelle la Banque mondiale.
"Contrairement aux autres pays, la Chine maintient une présence étatique envahissante dans ses banques et ses autres institutions financières", rappelle la Banque mondiale. (Crédits : © China Daily China Daily Infor)
En Chine, les établissements bancaires contrôlés par le pouvoir sont accusées de former un État dans l'État en vampirisant l'économie nationale. La Banque mondiale appelle l'État à plus de régulation.

La Banque mondiale a exhorté mercredi 1er juillet la Chine à redoubler d'efforts pour réformer son secteur financier dominé par les sociétés d'Etat, en avertissant qu'un échec en la matière pourrait sonner le glas de "trois décennies de performance météorique" de la deuxième économie mondiale.

Pour l'institution basée à Washington, l'omniprésence de l'État chinois "fausse" le jeu dans le secteur bancaire en Chine. Il faut notamment corriger "le gaspillage opéré par certains investissements, les situations de surendettement, et un système de finance de l'ombre faiblement régulé", a jugé la banque mondiale dans un rapport.

Un État dans l'État qui néglige les PME et favorise le "shadow banking"

En Chine, les établissements bancaires contrôlés par le pouvoir, dont les dirigeants sont nommés par les hautes autorités communistes, sont accusées de former un État dans l'État en vampirisant l'économie nationale.

Ces banques d'État préfèrent prêter généreusement aux grands groupes publics et se voient accuser d'ignorer les petites et moyennes entreprises, jugées moins fiables et ayant moins d'entregent parmi les cadres de l'administration.

Privés d'accès à ce crédit, une très importante partie des entrepreneurs se tournent vers le privé, sous la forme d'instruments financiers non régulés (sociétés fiduciaires et officines de micro-crédit). Ce système parallèle de "shadow banking" (ou finance de l'ombre) a connu un essor spectaculaire ces dernières années.

Des emprunts trop importants, déconnectés de l'économie réelle

Soucieuses de gonfler à tout prix l'activité face à une conjoncture morose, les autorités locales ont par ailleurs emprunté de vastes sommes, les investissant notamment dans de grands projets d'infrastructures -parfois déconnectés de l'économie réelle et sans véritable rentabilité- et édifiant de fastueux bâtiments officiels. Une situation très préjudiciable alors que le gouvernement tente justement de relancer l'activité.

"Contrairement aux autres pays, la Chine maintient une présence étatique envahissante dans ses banques et ses autres institutions financières", rappelle la Banque mondiale, en précisant que l'État contrôle ainsi directement 65% des actifs des banques commerciales, et indirectement 95% de ces actifs.

La Chine a vu sa croissance économique trébucher brutalement au premier trimestre, à 7%, après avoir enregistré en 2014 sa plus faible performance depuis presque un quart de siècle, à 7,4%. La Banque mondiale a prévu que la Chine enregistrerait 7% de croissance en 2016 et 6,9% en 2017.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/07/2015 à 14:16 :
En Europe, ce sont les grandes banques privées qui constituent un Etat dans l'Etat. Est-ce que c'est mieux qu'en Chine ?
a écrit le 02/07/2015 à 13:34 :
Combien de petits épargnants Chinois vont se faire plumer???
En ce qui nous concerne, nos "élites" ne nous ont jamais demandé notre avis (ou l'on écarté) et nous payons chaque jour...
Sans que les dites "élites" soient inquiétées ni misa à contribution
a écrit le 02/07/2015 à 8:37 :
En lisant en diagonale, j'avais la furieuse impression de lire un descriptif de nos économies occidentales truquées... Depuis quand par exemple nos marchés remplissent la fonction de découverte de la valeur? Non je plaisante. C'est mal les chinois ce que vous faites sans que nos élites puissent en profiter.

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