Chine : le net ralentissement de l'inflation, un signe inquiétant

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Pékin a réduit l'activité de ses industries lourdes dans le nord du pays dans le but de limiter les surcapacités mais aussi de lutter contre la pollution atmosphérique..
Pékin a réduit l'activité de ses industries lourdes dans le nord du pays dans le but de limiter les surcapacités mais aussi de lutter contre la pollution atmosphérique.. (Crédits : Reuters)
Les prix à la consommation en Chine, jauge de l'inflation dans le pays, ont nettement ralenti. Mais les prix à la production, reflet de l'activité industrielle, ont également subi un coup de frein. Pour les analystes, si l'économie du géant asiatique a trébuché au 4e trimestre 2017, ce serait notamment dû aux drastiques fermetures d'usine pour lutter contre la pollution atmosphérique endémique en hiver.

La conjoncture de la deuxième économie mondiale continue de présenter des signes inquiétants de fragilité. En témoignent, les prix à la consommation en Chine, jauge de l'inflation dans le pays, qui ont accéléré moins qu'attendu en décembre, tandis que les prix à la production connaissaient de nouveau un très vif essoufflement.

L'indice des prix à la consommation en Chine a gonflé de 1,8% sur un an en décembre, accélérant très légèrement par rapport à novembre (+1,7%), et moins qu'attendu par les experts sondés par l'agence Bloomberg (+1,9%), selon des chiffres publiés mercredi par le Bureau national des statistiques (BNS).

Sur l'ensemble de l'année 2017, l'inflation chinoise s'est établie à 1,6%, soit très en-deçà du niveau cible d'"environ 3%" que s'était fixé Pékin. Un repli des prix alimentaires a contribué à tirer l'indice vers le bas en fin d'année.

Coup de frein dans l'industrie et la construction

Surtout, le tableau continue de s'assombrir du côté des prix à la production, reflet de l'activité industrielle et des cours des matières premières. Ces derniers ont enregistré de nouveau un vif ralentissement, grimpant de 4,9% sur un an le mois dernier, contre 5,8% en novembre et 6,9% en octobre, selon le BNS. C'est leur plus faible progression depuis novembre 2016, même si c'est un peu mieux que l'anticipation du marché (+4,8%). La contre-performance s'explique en partie par une base de comparaison annuelle défavorable, mais également par un ralentissement dans le secteur de la construction et dans l'industrie.

Pour autant, "étant donné la vague de froid des dernières semaines, les prix de l'énergie se renchérissent" et devraient contribuer à conforter l'indice, tempérait Raymond Yeung, analyste d'ANZ cité par Bloomberg, attendant par ailleurs un sursaut des prix à la consommation en janvier.

Limitation des surcapacités et la lutte contre la pollution

La conjoncture reste néanmoins fragile: Pékin a réduit l'activité de ses industries lourdes dans le nord du pays dans le but de limiter les surcapacités et de lutter contre la pollution atmosphérique endémique durant l'hiver, fermant drastiquement les usines les plus polluantes.

Conséquence: la production industrielle s'est essoufflée, et selon les analystes, cette vaste campagne environnementale pourrait avoir fait trébucher l'économie du géant asiatique au 4e trimestre 2017.

Face au ralentissement marqué des prix à la production et à une inflation largement sous le niveau-cible, la banque centrale (PBOC) devrait poursuivre sa politique monétaire "prudente et neutre"... voire adopter de nouveaux assouplissements pour stimuler l'activité, selon Julian Evans-Prichard, du cabinet Capital Economics.

"Des reculs supplémentaires de l'inflation des prix sortie d'usine, qui sont largement corrélés avec les revenus d'entreprises industrielles déjà très endettées, devrait pousser la PBOC à assouplir sa politique dans le courant de l'année", a-t-il indiqué dans une note transmise à l'AFP.

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a écrit le 10/01/2018 à 18:45 :
Les actionnaires milliardaires du monde ont tous délocalisé leur production en chine afin de faire de plus grosses marges bénéficiaires, il est évident que ce déséquilibre majeur ne pouvait pas continuer éternellement.

Les américains ont toujours été numéro un et ils le seront toujours, il serait temps de le comprendre et de faire d'autres règles du jeu que celles que less riches non américains perdent systématiquement.

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