Chine : nouvelle salve de mesures pour relancer l'économie
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Nouvelles mesures de soutien au secteur immobilier chinois. Lors d'une conférence de presse ce jeudi à Pékin, le ministre du Logement Ni Hong a annoncé que les autorités vont notamment « augmenter l'échelle de crédit des projets sur liste blanche à 4.000 milliards » de yuans (517 milliards d'euros) d'ici fin 2024. Ce système de la « liste blanche », instauré au début de l'année, est un mécanisme par lequel les municipalités recommandent aux banques des projets immobiliers à financer en priorité. Cette nouvelle enveloppe prévue correspond à près du double de celle fixée précédemment (environ 2.230 milliards de yuans, soit environ 289 milliards d'euros).
Le ministre a par ailleurs ajouté qu'« un million de logements vétustes (situés) dans des villages urbains seront rénovés » grâce à la restructuration de financements. « Les villages urbains présentent de nombreux risques pour la sécurité et des conditions de vie médiocres. Les gens sont désireux de faire des rénovations », a-t-il expliqué.
Ces nouvelles annonces viennent s'ajouter à de précédentes, faites il y a moins de trois semaines, principalement en faveur des secteurs du logement et de la construction. Ces derniers ont longtemps représenté au sens large plus d'un quart du produit intérieur brut (PIB) de la Chine, se développant à une vitesse fulgurante durant deux décennies.
Mais ils souffrent depuis 2020 d'un durcissement par Pékin des conditions d'accès au crédit pour les promoteurs immobiliers. Cette décision politique a précipité des poids lourds tels que Evergrande ou Country Garden au bord de la faillite. Depuis, les chantiers inachevés, le ralentissement économique et un recul des prix qui déprécie la valeur d'un bien dissuadent les Chinois d'investir dans la pierre. Une spirale que tente de casser le gouvernement chinois.
C'est pourquoi, fin septembre, les autorités chinoises ont dévoilé un paquet de mesures de relance, l'un des plus importants depuis plusieurs années. Parmi elles : des baisses de taux d'intérêt, notamment pour les prêts immobiliers hypothécaires existants, ou encore des assouplissements de restrictions sur l'achat de logements - y compris dans de grandes villes à l'instar de Pékin, Shanghai (est), Chengdu (sud-ouest) ou encore Tianjin (nord).
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Selon les autorités chinoises, les taux de ces prêts immobiliers « baisseront en moyenne d'environ 0,5 point » dans le cadre de ces réductions, ont-elles indiqué ce jeudi. Ce qui « profitera à 50 millions de familles et à 150 millions d'habitants », a précisé Tao Ling, le gouverneur adjoint de la banque centrale chinoise.
Des analystes ne semblaient pas convaincus que les annonces de ce jeudi allaient stimuler les marchés de façon significative, contrairement au bond de plus de 20% enregistré par les Bourses chinoises fin septembre au lendemain de la révélation du précédent paquet de mesures.
« Plus on avançait dans la conférence de presse, plus on voyait que les marchés n'étaient pas vraiment emballés » par les annonces, a indiqué dans une note Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management. Et d'expliquer : « Ils [ndlr : les autorités chinoises] essaient encore de parler pour ne rien dire, en insistant encore davantage sur la stabilisation du secteur immobilier ».
Pour les autorités chinoises en tout cas, stimuler la demande de logement a pour but d'assurer une reprise durable de la deuxième plus grande économie du monde. Et outre ces mesures en faveur de l'immobilier, c'est un plan global de relance budgétaire ambitieux que la Chine a dévoilé le week-end dernier.
Il prévoit notamment un recours massif à l'endettement public, un relèvement du plafond de la dette des collectivités locales pour leur permettre de dépenser davantage ou encore des mesures de soutien aux personnes à faibles revenus et aux étudiants afin de stimuler la consommation.
L'ambition de Pékin est d'atteindre une croissance économique d'environ 5% d'ici 2024, mais nombre d'analystes jugent cet objectif optimiste, du fait des nombreux obstacles auxquels l'économie est confrontée. Un groupe d'experts interrogés mercredi par l'AFP a indiqué tabler sur une croissance annuelle de 4,9% pour cette année, un résultat qui serait toujours dans la fourchette établie par le gouvernement mais qui se révélerait l'un des plus faibles de ces dernières années.
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D'ici là, la Chine doit publier ce vendredi les chiffres de sa croissance trimestrielle pour la période juillet-septembre. Selon ce même groupe d'experts, elle devrait atteindre +4,5% sur un an. Et serait ainsi la plus faible de l'année après +5,3% et +4,7% respectivement au premier et deuxième trimestre.
(Avec AFP)
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