Chine : un créancier lance une requête en liquidation contre le promoteur Country Garden
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Le country garden center a shanghai
ALY SONG
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Les difficultés de Country Garden, l'un des principaux groupes immobiliers chinois, sont connues de longues dates. En juin dernier, son endettement a été estimé à 191 milliards de dollars (175 milliards d'euros). Reste qu'un de ses créanciers agréés, Ever Credit Limited, compte tout faire pour récupérer au moins une partie de son argent. Il a pour cela lancé une requête en liquidation du groupe auprès d'un tribunal de Hong Kong, comme l'a annoncé Country Garden ce mercredi 28 février.
Ever Credit Limited est une filiale de Kingboard Holdings, société cotée à Hong Kong. En octobre dernier, Kingboard a révélé que Country Garden n'avait pas remboursé 1,598 milliard de dollars hongkongais à Ever Credit, sur un prêt de 1,88 milliard de dollars hongkongais. Il lui demande dans sa requête une compensation d'environ 1,6 milliard de dollars hongkongais, soit 189 millions d'euros.
Fin de non recevoir du côté du géant chinois. « La société s'opposera vigoureusement à la requête », a déclaré Country Garden dans une déclaration à la Bourse de Hong Kong.
Suite à cette annonce, le cours de l'action de Country Garden a chuté jusqu'à 13,7% ce mercredi, à 0,63 dollars hongkongais, comparé à la clôture la veille.
Country Garden n'est pas la seule entreprise du secteur immobilier en difficulté. Le secteur connaît une crise depuis plusieurs mois en Chine. En témoigne le fait qu'un tribunal de Hong Kong a ordonné fin janvier la liquidation d'un autre poids lourds, Evergrande, qui a accumulé les dettes jusqu'à afficher un passif de plus de 300 milliards de dollars et n'a pas été en mesure de présenter un plan de restructuration acceptable pour ses créanciers.
Face aux difficultés de ces géants, la Chine a lancé plusieurs séries de sauvetages de son secteur immobilier. Dernières annonces en date fin janvier : Pékin a promis l'octroi de nouveaux prêts rapidement. Et à l'automne, le Parlement chinois a appelé les banques à faire d'avantage pour l'immobilier. Elles auraient d'ailleurs accordé près de 10.000 milliards de yuans (1.400 milliards de dollars) de prêts au secteur l'année dernière, selon le gouvernement chinois.
Si la Chine tient tellement à aider ce secteur immobilier, c'est parce qu'il a connu durant deux décennies une croissance fulgurante qui lui a permis de représenter au sens large plus du quart du PIB du pays. Les déboires des poids lourds tels que Country Garden et Evergrande se répercutent ainsi sur des centaines de milliers de sous-traitants et ont de lourdes conséquences sur l'emploi et la stabilité sociale dans le pays. Ils alimentent en effet la défiance des acheteurs, sur fond de logements inachevés et de chutes des prix du mètre carré.
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« Le secteur immobilier est au milieu d'une transition sur plusieurs années pour devenir durablement plus petit (...) et nous n'en sommes qu'au début », a alerté au début du mois la responsable Chine du FMI, Sonali Jain-Chandra, à plusieurs médias dont l'AFP. Cette tendance va donc se poursuivre en 2024, selon elle, estimant qu'il y « reste encore beaucoup à faire ».
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Cette crise de l'immobilier participe à plonger la Chine dans une certaine crise, en paralysant son activité. Le pays a signé en 2023 l'une de ses croissances les plus faibles en trois décennies. Mais son produit intérieur brut (PIB) a tout de même augmenté de +5,2% sur un an - pour comparaison, celui des États-Unis a grimpé d'à peine +2,5% et celui de la zone euro de +0,5% - ce qui laisse dubitatifs certains économistes. La comparaison se fait en effet avec 2022 lorsque les restrictions contre le Covid-19 avaient lourdement pénalisé l'activité. L'objectif de croissance du gouvernement chinois pour cette année doit être fixé en mars.
(Avec AFP)
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