La Russie se bat sur deux fronts: un nouveau « Grand Jeu » en Asie centrale
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Gérard Vespierre.
Valérie Semensatis
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Gérard Vespierre.
Valérie Semensatis
A l'image du « Grand Jeu » du 19e siècle, entre l'empire russe et l'empire britannique et leurs influences respectives, en Asie Centrale, il s'est ouvert un nouveau « Grand Jeu » entre l'empire russe actuel et ses adversaires du 21e siècle, l'Union européenne et les États-Unis. Il convient d'y ajouter la Chine, tant le jeu de Pékin est dual, dans cette partie du monde, vis-à-vis de son « allié stratégique » russe.
Après son opposition au seul empire britannique au 19e siècle, la Russie actuelle est confrontée, sur ses frontières orientales, à l'action économique et politique (donc stratégique) des trois plus grands ensembles géopolitiques du monde.
Tous les pays d'Asie Centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Turkménistan, Tadjikistan, Ouzbékistan) sont donc soumis à un triple ballet diplomatique et économique de la part des pays européens, des États-Unis et de la Chine, depuis le début des années 1990.
L'Otan, bras stratégique atlantico-européen a mis en place en 2004 un « Représentant spécial » en charge de promouvoir la politique de l'Alliance en Asie centrale (et au Caucase). Il rapporte directement au Secrétaire général de l'Organisation.
L'Union européenne a également mis en place des relations structurées avec les pays impliqués. Les cinq ministres des Affaires étrangères d'Asie centrale ont été reçus, dans le cadre d'une « grande première » par leurs 27 homologues de l'UE le 23 octobre 2023.
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La Chine n'est pas en reste. Dans le cadre du déploiement de ses importants investissements ferroviaires et industriels dans chaque pays d'Asie centrale traversé par les « nouvelles routes de la soie », elle a symboliquement réuni, en mai 2023, les dirigeants des cinq pays chez elle à Xi'an, point de départ des routes de la soie historiques... La Russie n'y était pas conviée...
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Le Kremlin continue naturellement de maintenir le maximum d'échanges politiques et économiques avec ses anciennes républiques. Mais les pays d'Asie centrale disposent des mêmes ressources énergétiques que leur ancien tuteur russe, pétrole, gaz et uranium. Sur le marché mondial, la Russie et les cinq pays d'Asie centrale sont donc des producteurs concurrents, visant les mêmes débouchés géographiques: l'Europe et les deux géants asiatiques, Chine et Inde.