Conseil de défense sanitaire ce mardi en France, l'OMS se prépare "à pire" qu'au Covid-19

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Face au nombre important d'hospitalisations et à l'absence de diminution de contaminations, Olivier Véran n'exclut pas de nouvelles mesures restrictives.
Face au nombre important d'hospitalisations et à l'absence de diminution de contaminations, Olivier Véran n'exclut pas de nouvelles mesures restrictives. (Crédits : YARA NARDI)
Un Conseil de défense se tient ce mardi 29 décembre en visioconférence, pour évoquer la situation épidémique. Un possible reconfinement est envisagé en France. Au même moment, le nombre de contaminations s'accélère dans de nombreux autres pays comme en Afrique du Sud où le cap du million de personnes infectées a été franchi.

La France réunit mardi le conseil de défense et réfléchit à des reconfinements locaux pour prévenir un nouveau rebond de la pandémie de coronavirus, qui a atteint un niveau alarmant en Angleterre, tandis que l'Afrique du sud durcit ses restrictions après avoir franchi le cap du million de personnes infectées.

Alors que les campagnes de vaccination prennent de la vitesse en Europe et aux Etats-Unis face à la pandémie qui a tué plus de 1,7 million de personnes --dont 186.000 en Russie--, l'OMS s'inquiète de ce qui nous attend à l'avenir, et qui pourrait être "pire".

Lire aussi : Que sait-on du nouveau variant Coronavirus détecté en Angleterre ?

Possible reconfinement en France

En France, malgré les espoirs que fait naître le début de la campagne de vaccination, le pays finit l'année sous la menace d'un possible nouveau confinement, qui pourrait être local selon certains élus, et un conseil de défense se réunit en matinée sous la présidence du chef de l'Etat Emmanuel Macron.

"La question se pose d'avoir recours à un nouveau confinement, peut-être localisé", a déclaré à l'AFP Jean Rottner, président de la région Grand Est, qui dit avoir "longuement analysé la situation" avec Olivier Véran, le ministre de la Santé.

Sur les sept derniers jours, 12.000 nouveaux cas quotidiens de contamination ont été détectés en France, loin de l'objectif des 5.000 fixé par le gouvernement. La moitié est du pays est particulièrement touchée.

"Au coeur de la tempête"

En Angleterre, le nombre de malades du nouveau coronavirus hospitalisés a dépassé le pic de la première vague, s'établissant à 20.426 lundi, et le nombre de contaminations a atteint un nouveau record de 41.385, plongeant les soignants "au coeur de la tempête", selon un responsable des services de santé.

Lire aussi : Nouveau variant du Covid : le Royaume-Uni de plus en plus isolé ?

En Afrique du sud, les autorités ont adopté pour leur part de nouvelles restrictions: la vente d'alcool est interdite et le port du masque désormais obligatoire a annoncé lundi soir le président Cyril Ramaphosa, qui a également décidé d'étendre le couvre-feu, en vigueur dès 21H00 au lieu de 23H00.

La vitesse des contaminations est "particulièrement alarmante", a insisté le président, le pays étant devenu dimanche le premier pays africain à dépasser le million de contaminations.

"Nous avons baissé la garde, nous en payons désormais le prix", a-t-il ajouté.

Avec près de 26.000 morts en novembre, et 186.000 cette année, la Russie a de son côté vu d'un seul coup son bilan de l'épidémie de Covid-19 multiplié par trois, après l'adoption par l'office russe des statistiques (Rosstat) d'une nouvelle comptabilité plus proche des normes internationales.

Ces nouveaux chiffres placent la Russie au troisième rang mondial, derrière les Etats-Unis (près de 335.000 morts), selon les derniers chiffres publiés lundi soir, et le Brésil (plus de 191.000).

Malgré ce nouveau bilan alarmant, les autorités russes ont rejeté l'idée de tout nouveau confinement, tablant sur l'efficacité du vaccin national, le Spoutnik-V, déployé début décembre.

Lire aussi : "Spoutnik V", le vaccin russe anti-COVID-19, produit une réponse immunitaire chez 100% des patients testés

Se préparer à "pire" qu'au Covid-19

Le Bélarus a annoncé mardi le lancement de sa campagne de  vaccination contre le nouveau coronavirus avec l'arrivée dans le pays du premier lot de vaccins Spoutnik V, tandis que la campagne de vaccination qui a commencé ce week-end, après le feu vert de l'UE au vaccin Pfizer-BioNTech, se poursuit dans la plupart des pays européens.

La livraison des doses dans huit pays européens subira cependant un léger retard, en raison d'un problème logistique à l'usine Pfizer en Belgique, a annoncé le ministère espagnol de la Santé, sans préciser quels étaient les sept autres pays affectés.

Lire aussi : Vaccin: le "léger problème logistique" de Pfizer en Belgique touche au contrôle de la température

Après l'Espagne -qui a officiellement franchi lundi la barre des 50.000 morts-, l'Italie et la France ce dimanche, la Belgique a procédé à de premières injections dans trois maisons de retraite, et le Luxembourg a vacciné de premiers professionnels de santé.

Les autorités espagnoles ont annoncé qu'elles allaient tenir un registre des personnes refusant de se faire vacciner contre le Covid-19, qui sera partagé avec d'autres pays européens mais ne sera pas rendu public.

En dépit de l'optimisme régnant depuis le lancement des campagnes de vaccination, Michael Ryan, le responsable de l'OMS en charge des situations d'urgence, a estimé lundi que cette pandémie, la pire depuis 100 ans, était "une sonnette d'alarme".

"Cette pandémie a été très sévère. Elle s'est répandue à travers le monde très rapidement et elle a touché chaque recoin de la planète, mais ce n'est pas nécessairement la pire", a mis en garde le médecin, lors de la dernière conférence de presse de l'année de l'organisation onusienne.

Nouvelle souche sur plusieurs continents

La pandémie a fait au moins 1.773.138 morts et contaminé plus de 81,4 millions de personnes dans le monde, selon un bilan établi mardi matin par l'AFP.

Un variant du coronavirus apparu récemment en Grande-Bretagne, vraisemblablement plus contagieux que la souche d'origine, a été repéré dans des pays de plus en plus nombreux.

Cette nouvelle souche a été repérée dans plusieurs pays européens et sur d'autres continents, notamment au Canada, en Jordanie ou au Japon. Elle était déjà présente dans le nord de l'Allemagne dès le mois de novembre où elle a été identifiée chez un patient, ont indiqué les autorités sanitaires allemandes mardi.

Un Nouvel An qui inquiète

Face à des niveaux de contamination préoccupants, la perspective du Nouvel An suscite des inquiétudes.

En Australie, aucun spectateur ne sera autorisé jeudi soir sur les bords de la baie de Sydney pour admirer le traditionnel feu d'artifice du Nouvel An. Au Brésil, les autorités de Rio de Janeiro ont annoncé la fermeture des accès aux plages pour le Nouvel an afin d'éviter tout rassemblement.

Mais la pandémie n'empêchera apparemment pas la star brésilienne du Paris SG et attaquant de la Seleçao (sélection brésilienne), Neymar, de fêter le réveillon comme il l'entend: des médias brésiliens assurent qu'il se prépare à organiser une fête géante de fin d'année dans une annexe de sa luxueuse villa près de Rio de Janeiro, ce que son entourage nie farouchement.

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Commentaires
a écrit le 30/12/2020 à 9:12 :
C'est une étude qui devrait, sans aucun doute, provoquer de nombreuses réactions alors que la gestion de la crise du Covid-19 a été critiquée par de nombreux observateurs. Selon une étude du Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies, le nombre de personnes contaminées par le nouveau coronavirus à Wuhan, berceau de la pandémie, serait dix fois supérieur au bilan annoncé jusqu'ici par Pékin. Le Covid-19 est apparu à la fin de l'an dernier dans la ville de 11 millions d'habitants du centre de la Chine, placée en quarantaine pour 76 jours par les autorités à compter du 23 janvier 2020. Selon des tests sérologiques effectués en avril après le pic de l'épidémie, 4,43% des habitants de Wuhan étaient porteurs d'anticorps, c'est-à-dire que leur organisme avait réagi à la présence du virus.

Rapporté à la population de la ville, cela signifie que quelque 480.000 personnes ont été contaminées, soit presque 10 fois plus que le bilan de 50.000 contaminations communiqué jusqu'à présent par les autorités.
a écrit le 29/12/2020 à 22:10 :
Ça fait plus d'un an que ce virus est la et inquiète tout le monde, pourtant on a toujours pas chercher un moyen de savoir qui était immunisé ou non, en gros on est toujours pas capable de savoir exactement qui a déjà eu le virus en lui asymptomatique ou pas, de ce fait on sait pas non plus si on peut l'avoir plusieurs fois ou non (information importante pour savoir si me vaccin servira pu sera inutile...) et du coup ne connaissant pas les asymptomatique on ne sait pas non plus si ils ont un mode de vie particulier qui pourrait aider (traitement particulier, régime alimentaire...) En résumé après un an on est presque toujours au même point...
a écrit le 29/12/2020 à 18:33 :
"Avec près de 26.000 morts en novembre, et 186.000 cette année, la Russie"

Sinon, en temps normal.

Selon Alexeï Rakcha, démographe à RosStat, le taux de natalité va baisser au moins jusqu’en 2030 à cause du faible nombre de femmes nées dans les années 90. Les projections démographiques des experts de l’ONU estiment que la population russe va se réduire de 20 millions de personnes d’ici 2050, pour passer de 146,8 à 123 millions d’habitants (sans compter la Crimée). La Russie s’apprête à perdre annuellement 400 000 individus à partir de 2027.
a écrit le 29/12/2020 à 18:15 :
J'avoue que j'ai énormément de mal à comprendre cette déclaration de l'OMS : comment le savent ils, alors qu'ils n'ont pas vu (pas voulu voir ?) venir le covid, malgré le réseau de surveillance mondial des virus supervisé par le CDC américain ? Et la dengue, Ebola, zika, chikungunya, et touti quanta, ne sont-ils pas déjà des menaces du niveau du covid ?
Sauf à ce que tout cela, y compris l'instauration d'une climat de peur, participe d'un plan beaucoup plus vaste ...
Réponse de le 29/12/2020 à 22:17 :
C'est bien pire et triste et grave, après un an on dépense des milliards souvent rendu inutile pour des bêtises comme les masques, le confinement 2 qui n'a jamais existe du au travail sur site... Alors que ces même million aurait pu servir a établir des tests rapide et faisable par nous même (respirer 10 minutes dans un appareil plutôt qu'un coton tige en plastique non recyclable (en janvier ils seront interdit comme les autres?) de 15 cm dans le nez pour qu'on puisse tous se tester et s'isoler soit même... de plus on aurait détecté les asymptomariques aussi...
a écrit le 29/12/2020 à 17:42 :
"qui pourrait être local selon certains élus"

Faut dire qu'estrosi à les boules avec Monaco à côté ou tout est ouvert ,pas de virus chez nos riches monégasques.Il demande maintenant à Castex de demander à son homologue monégasque d’appliquer les mêmes mesures sanitaires que la France.À défaut, il demandera que les déplacements avec la principauté soient limités aux seules justifications professionnelles..Ah,ah
a écrit le 29/12/2020 à 17:36 :
Il faut le marteler en quelle langue, que les "cas,contaminés ou infectés" n'auront rien à 99,9% et que le problème vient principalement de la destruction progressive depuis plusieurs années dans toute l'Europe des hôpitaux publiques au bénéfice du secteur privé. On en voit simplement les conséquences aujourd'hui.
a écrit le 29/12/2020 à 14:12 :
Si l'on nous prévoit le pire c'est que le pire était prévue et que l'on fait "l'inverse" pour que cela arrive afin de confirmer les prévisions! Il s'agit de ne pas se ridiculiser!
a écrit le 29/12/2020 à 12:56 :
Information ultra importante étant donné que tout ce qui nous est tombé dessus a été annoncé auparavant quelque part jusqu'à présent.

Logiquement si on doit se taper "pire" que le covid 19 cela voudra tout simplement dire que nos dirigeants, encore une fois, ont été d'une ineficacité déplorable et seulement ça. Bon vous me direz c'est pas difficile à voir c'est sûr.

Donc si pire que le covid 19 devait se produire, notre seule alternative serait de nous débarrasser de notre classe dirigeante visiblement paramétrée pour faire sans cesse pire.

Ca ne sera pas simple au début n'étant pas habitués à nous autogérer mais vu que nous n'avons plus de dirigeants compétents il faudra bien se débrouiller, on fera toujours mieux qu'eux en tout cas visiblement c'est certain.

Vivement demain donc, vivement que le "pire" arrive enfin même... :-)
a écrit le 29/12/2020 à 12:42 :
Tant que le virus n'aura pas eu son compte de morts nous serons plongés dans le cahos. Enfin, nous y sommes déjà et apparemment ça va s'aggraver !

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