Corée du Nord : série d'incidents à quelques heures de la visite de Vladimir Poutine
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Vladimir Poutine, le président russe, doit effectuer mardi et mercredi une visite d'Etat en Corée du Nord (photo d'archives).
Reuters
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Vladimir Poutine, le président russe, doit effectuer mardi et mercredi une visite d'Etat en Corée du Nord (photo d'archives).
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Moscou poursuit son rapprochement avec Pyongyang. Vladimir Poutine doit effectuer ce mardi et demain mercredi une visite d'Etat en Corée du Nord, à l'issue de laquelle un accord de partenariat stratégique pourrait être signé entre ces deux pays, liés par les liens « indéfectibles de frères d'armes », selon le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
Le président russe a également affirmé que Pyongyang « soutient fermement » l'offensive militaire russe en Ukraine et l'en a remercié. Vladimir Poutine présente son assaut contre l'Ukraine et ses efforts diplomatiques comme une bataille pour lutter contre l'hégémonie américaine sur la scène internationale.
Le maître du Kremlin est accompagné de son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, et de son ministre de la Défense, Andreï Belooussov. Il s'agit seulement de la deuxième visite en Corée du Nord du dirigeant russe. Il s'y était rendu pour la dernière fois il y a près d'un quart de siècle, peu après son accession au pouvoir, pour rencontrer le père de Kim Jong Un, Kim Jong-il.
Parmi les priorités de cette rencontre : la signature d'un accord. Le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, a expliqué aux médias russes que « des documents importants, très significatifs » seront ainsi signés, évoquant « la conclusion possible d'un accord de partenariat stratégique global ».
Mais Américains et Européens s'inquiètent depuis des mois du rapprochement accéléré de Moscou et Pyongyang, accusant les Nord-Coréens de livrer des munitions à la Russie pour son assaut contre l'Ukraine en échange d'une assistance technologique, diplomatique et alimentaire.
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Cette visite « montre à quel point le président Poutine et Moscou sont désormais dépendants des pays autoritaires du monde entier. Leurs amis les plus proches et leurs plus grands soutiens de l'effort de guerre russe - la guerre d'agression - sont la Corée du Nord, l'Iran et la Chine », a commenté lundi le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg depuis Washington, soulignant que la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, désormais « viole les sanctions » imposées à la Corée du Nord.
Ce voyage en Corée du Nord intervient neuf mois après que Poutine a accueilli Kim Jong Un dans l'Extrême-Orient russe, une visite au cours de laquelle les deux hommes s'étaient couverts d'éloges mais sans conclure, officiellement du moins, d'accords.
Selon les Occidentaux, Pyongyang a puisé dans ses vastes stocks de munitions pour ravitailler massivement la Russie, et le Pentagone a accusé la semaine dernière Moscou d'utiliser des missiles balistiques nord-coréens en Ukraine. En échange, selon Washington et Séoul, la Russie a fourni à la Corée du Nord son expertise pour son programme de satellites et a envoyé de l'aide pour faire face aux pénuries alimentaires du pays.
En mars, la Russie avait également utilisé son veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin à la surveillance des violations des sanctions internationales visant la Corée du Nord, un cadeau majeur à Pyongyang.
Alors que se prépare la venue du chef du Kremlin, des incidents ont eu lieu non loin de la frontière. Plusieurs dizaines de soldats nord-coréens ont franchi mardi la frontière avec la Corée du Sud, avant de battre en retraite sous les tirs de sommation de l'armée sud-coréenne, un acte accidentel, selon Séoul. Pour rappel, la Corée du Sud a fourni une importante aide militaire à l'Ukraine, où le président sud-coréen Yoon Suk Yeol s'est rendu le mois dernier, et prend part aux sanctions occidentales contre Moscou.
Lors d'un autre incident, plusieurs soldats nord-coréens ont été blessés par l'explosion de mines, alors qu'ils travaillaient près de la frontière, a annoncé l'état-major interarmées de Séoul. D'après la même source, l'incursion de soldats nord-coréens de mardi était accidentelle et liée à l'explosion de mines, car tous transportaient des outils.
Selon un responsable de l'état-major interarmées de Séoul, ces soldats effectuaient des travaux de déblayage et posaient des mines le long de la frontière, mais ont « subi de nombreuses pertes à la suite d'explosions répétées de mines terrestres au cours de leur travail ». Malgré cela, les militaires du Nord « semblent imprudemment poursuivre leurs opérations », a ajouté ce responsable.
Depuis quelques mois, la Corée du Nord s'emploie à démanteler les routes et les voies ferrées qui la reliaient au Sud à l'époque où les relations entre les deux pays étaient meilleures. Selon le responsable de l'état-major sud-coréen, l'armée du Nord est également en train de renforcer les fortifications de son côté de la frontière en posant des mines, en construisant de nouvelles barrières antichars et en déboisant de larges zones.
C'est la deuxième fois en moins de deux semaines que des soldats nord-coréens franchissent la ligne de démarcation intercoréenne, qui sépare les deux Etats. Les relations entre le nord et le sud traversent actuellement une période parmi les plus tendues depuis des années. Les deux pays restent techniquement en guerre, le conflit qui les a opposés de 1950 à 1953 s'étant terminé par un armistice et non un traité de paix.
Alors que les incidents montent entre les deux Corées, la tension monte plus généralement dans la région. En parallèle de la visite de Poutine, la Russie a entamé mardi des manœuvres navales dans le Pacifique, avec notamment des exercices de lutte anti-sous-marine et de frappes aériennes, a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.
Une vidéo publiée par le ministère montre plusieurs navires et un sous-marin naviguant en formation au large de la mer du Japon à Vladivostok, port d'attache de la Flotte russe du Pacifique, non loin de la Corée du Nord.
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Des manœuvres qui impliquent, dans le détail, environ 40 navires, vedettes et bateaux, ainsi qu'une vingtaine d'avions et d'hélicoptères. Elles « vont durer du 18 au 28 juin dans les eaux du Pacifique, des mers du Japon et d'Okhotsk », dans l'Extrême-Orient russe, a précisé le ministère russe de la Défense.
(Avec AFP)
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