Coronavirus : Trump déclare l'état d'urgence et mobilise des milliards de dollars

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La Chambre des représentants américaine a approuvé un train de mesures visant à atténuer l'impact du coronavirus sur l'économie du pays.
La Chambre des représentants américaine a approuvé un train de mesures visant à atténuer l'impact du coronavirus sur l'économie du pays. (Crédits : JONATHAN ERNST)
Donald Trump a déclaré vendredi l'état d'urgence pour renforcer la lutte contre le nouveau coronavirus qui a contaminé plus de 2.000 personnes et fait 47 morts aux Etats-Unis. Partout dans le monde, les pays se replient sur eux-mêmes.

Donald Trump avait beau se montrer "très confiant" face au coronavirus, il a fini par prendre la mesure de l'épidémie et réagir. Le président américain a déclaré vendredi soir l'état d'urgence dans le pays, alors que le nombre de cas dans le pays a franchi la barre des 2.000, dont 47 morts. La Chambre des représentants américaine a également approuvé samedi à l'aube, à une large majorité, un train de mesures visant à atténuer l'impact du coronavirus sur l'économie du pays.

L'absence de couverture maladie universelle affaiblit les Etats-Unis face au virus

A couteaux tirés en pleine campagne présidentielle, républicains et démocrates sont finalement parvenus à s'entendre, comme les y avait encouragés le président Donald Trump. Adopté par 363 voix contre 40 par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, le texte doit désormais être examiné par le Sénat, à majorité républicaine, puis être signé par Donald Trump pour entrer en vigueur.

Selon Mme Pelosi, le texte prévoit "le dépistage gratuit pour toute personne ayant besoin d'être testée, y compris celles qui n'ont pas d'assurance", ainsi qu'un arrêt maladie d'"urgence", avec "deux semaines de congés et jusqu'à trois mois d'arrêt pour raison familiale ou médicale".

Les Etats-Unis n'ont pas de système de couverture universelle pour la santé et des millions d'Américains ne sont pas, ou mal, assurés, tandis que les congés maladie payés ne sont accessibles qu'à une minorité d'employés, beaucoup étant payés à l'heure. Cela rend la société américaine plus vulnérable à l'épidémie, beaucoup de personnes n'étant pas en mesure d'arrêter de travailler pour rester confinées chez elles.

La proposition de loi prévoit également un accès plus aisé à l'assurance chômage, ainsi qu'aux bon alimentaires, notamment pour les enfants privés d'école pour éviter la propagation, et débloque des fonds fédéraux afin de financer le programme "Medicaid", couvrant la santé des Américains aux revenus les plus modestes.

Ce plan de soutien à l'économie avait été annoncé lundi en grande pompe par Donald Trump, qui avait fait de l'économie l'un de ses principaux arguments de campagne. Il avait ensuite fait l'objet d'âpres discussions avec les démocrates.

Etat d'urgence et soutien aux entreprises

Le président a déclaré vendredi l'état d'urgence, lors d'une conférence de presse dans les jardins de la Maison-Blanche, annonçant "une forte hausse" des capacités à tester le virus aux Etats-Unis, dans le cadre d'un "nouveau partenariat avec le secteur privé".

Il a également promis une aide fédérale pour les prêts étudiants, qui représentent une lourde charge pour les travailleurs américains dans leurs premières années de carrière. Par ailleurs, les réserves stratégiques de pétrole des Etats-Unis vont être portées à leur maximum. Le président a dit avoir "demandé au secrétaire à l'Energie d'acheter à très bon prix de grandes quantités de pétrole brut pour le stockage aux Etats-Unis".

Vendredi, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait assuré que l'administration entendait venir en aide en priorité aux petites et moyennes entreprises qui sont les plus vulnérables en raison du ralentissement très fort de l'activité.

Les compagnies aériennes, durement affectées en raison des interdictions de vol, seront également aidées: "Nous injecterons de l'argent". Donald Trump a interdit aux voyageurs non-américains d'entrer aux Etats-Unis pendant trente jours à partir de l'espace Schengen. Et la Grande-Bretagne, jusque là épargnée par l'interdiction, pourrait allonger la liste des pays concernés. Le président a indiqué vouloir également aider les croisiéristes, mais a annoncé la suspension des croisières vers l'étranger pour 30 jours.

Steven Mnuchin avait néanmoins tenté de rassurer, affirmant que le coronavirus posait un problème économique de "court terme", alors que la situation est cette fois très différente de "la crise financière (de 2008, NDLR), dont on ne savait pas quand elle finirait". "Mais nous surmonterons cela et l'économie sera alors plus forte que jamais", avait-il anticipé, "l'économie et les marchés seront plus forts, plus tard dans l'année".

"Jusqu'à 50 milliards de dollars" d'aides aux Etats et collectivités locales

Donald Trump a aussi activé vendredi une loi de 1988, le "Stafford Act", qui permet à l'Agence américaine de gestion des situations d'urgence (FEMA) d'aider les Etats et les collectivités locales en cas de "catastrophe". La Fema disposait à la fin février de plus de 42 milliards de dollars de fonds fédéraux, mais le président américain a évoqué des fonds pouvant aller "jusqu'à 50 milliards de dollars". Dans une lettre, des élus démocrates du Congrès lui avaient demandé mercredi d'activer ce dispositif pour financer à hauteur de 75% des tests de dépistage, des équipements médicaux, des structures de soins provisoires... à charge pour les Etats de payer les 25% restants.

Donald Trump avait déjà invoqué cette loi pour faire face à des catastrophes naturelles, notamment pour venir en aide à la Californie ravagée par des incendies ou après des inondations dans le MidWest. Mais elle n'a servi qu'une fois pour lutter contre une épidémie: en 2000, le président démocrate Bill Clinton s'en était servi pour faire face à l'explosion de cas de contamination au virus du Nil occidental dans le New Jersey et à New York. Les fonds fédéraux avaient financé des mesures d'éradication des moustiques.

Trump s'octroie des pouvoirs extraordinaires

Donald Trump a également eu recours à une autre loi votée en 1976, le "National Emergencies Act". Celle-ci autorise le président des Etats-Unis à invoquer des pouvoirs extraordinaires prévus dans d'autres textes à condition de préciser lesquels. Par simple décret, la Maison Blanche peut ainsi mobiliser la garde nationale ou réquisitionner des biens.

Cette loi avait servi après les attentats du 11 septembre 2001 pour renforcer les pouvoirs de l'armée. Invoquant une "urgence migratoire", Donald Trump l'avait activée en février 2019 pour contourner le refus du Congrès de financer un mur à la frontière avec le Mexique. Cette fois, il s'en sert pour étendre les pouvoirs du ministre de la Santé afin qu'il assouplisse le cadre réglementaire pour donner "le maximum de flexibilité" aux hôpitaux (sur le nombre de lits, la durée des séjours, etc) et améliorer la couverture des malades.

Comme le Stafford Act, cette loi n'a servi qu'une fois pour un problème de santé publique: en 2009, le démocrate Barack Obama l'avait invoquée lors de l'épidémie de grippe H1N1 pour lever certaines dispositions du secret médical, ce qui avait permis aux hôpitaux de réagir plus rapidement.

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a écrit le 14/03/2020 à 18:27 :
And welcome to the real world : Trump vient d'annoncer un test gratuit pour tous les américains...mais un seul à faire d'ici la fin de l'année, au choix des citoyen...:-))))
Dans le seul pays développé où l'espérance de vie diminue depuis dix ans... C'est fantaaaastic...!!!!
a écrit le 14/03/2020 à 15:53 :
Bonjour Alex,
Avez- vous ecoute la conférence de Trump, et dans la langue du pays?
Si le pb du vaccin a été effleuré , c'est surtout sur les mesures de test massif bientôt disponibles , en cooperation avec Roche Lab, qui sont mises en place,,,même un drive- in test, n'est ce pas ?
Vous savez pourquoi on a des chiffres encore ridiculement bas en Fr? Par ce qu'on ne teste que les gens malades. Le taux de con tamination est au bas mot 1000 fois supérieur aux chiffres officiels de l'apparatchisme français . D'ailleurs, les médecins au contact des réalités ne le cachent pas, mais le Prez- sans- dents ne se montre qu ´entoure de scientifiques acolytes de salon,,, pour ne pas affoler, et par incompétence.
Le système hospitalier français est au bord de la rupture, disent les médecins au contact.
Vous pensez que le territoire est protégé par la Sécurité Sociale, un mot creux ,quand vous voyez que la progression de la contamination est géométrique. D'ailleurs, les taux suivent ceux de l'Italie, bavez 10 jours de retard, parce que des mesures inadéquates sont prises. Quand vous avez une gangrène attaque un membre, vous ne coupez pas un centimètre tous les 3 jours, vous coupez en haut pour que l'infection ne se généralise pas! .
Les mesures de confinement drastiques qui ont marché à Singapour, Taïwan, en Corée du Sud, et maintenant en Italie empêchent la propagation. La méthode Micron, du pas par pas, va entraîner une crise de beaucoup + longue durée , avec des effets désastreux en sanitaire, et catastrophiques en termes économiques .
Bonjour à Tchernobyl, le syndrome bien français , qu'ils seraient les meilleurs au monde- on veut bien pour les fromages- mais pas en cette matière, ou alors sûrement les plus vaniteux.
Rendez- vous dans un mois, ou même 15 jours ....
Il serait grand temps que les médias français sorte de leur semi-desinformation, mais c'est dur de dire la vérité,,,, n'est ce pas ?
a écrit le 14/03/2020 à 10:40 :
Welcome to the real world. Trump a été raillé, injurié, traité de fou, particulièrement par les médias français. Sa prestation ,entouré de nombreux chefs d'entreprises, scientifiques était une merveille de com, et d'efficacité. En Franz_istan, on a eu droit à un discours vide et contradictoire du Micron ,installé sur son bureau d'une époque révolue...Bon, vous direz, il a pas les moyens, le prèz-sans -dents d'une nation déficitaire à tous les joints, mais surtout il a pas de cojonès-disons-le- car il est incapable de prendre de vraies mesures. C'est le "en même temps" de rien d'effectif, la marche arrière engagée avec la marche avant...C'est un cas d'école: l'a pas été capable de faire la réforme des retraites, sera pas capable de faire face à cette crise sanitaire et économique. La France sera bientôt le pays le plus infecté par le virus d'Europe, mais rassurez-vous, braves présomptueux de français , grâce à vos gouvernants et média crypto-communistes, vous êtes informés du contraire !
Réponse de le 14/03/2020 à 14:26 :
D'accord avec vous. Cet homme tant raillé est de la trempe d'un Ronald Reagan qui a fait énormément pour son pays et la paix avec l'ex-URSS (et donc du monde). Mais que voulez-vous beaucoup aiment hurler avec les loups. C'est plus facile.
Réponse de le 16/03/2020 à 8:50 :
Il faut évidemment relativiser ces positions extrêmes des médias, avec cet anti-trumpisme qui confine au ridicule. Bien sûr, l'homme n'est pas forcément sympathique, et a ses travers, mais ses positions ne relèvent pas uniquement de crises de mauvaise humeur! Qui peut croire que les entreprises et leurs dirigeants, les fonctionnaires de l'administration américaine ne donnent pas leurs avis, et qu'il y a de fait une cohérence à cette politique. On est tout de même bien obligé aujourd'hui de constater que mettre une limite à la mondialisation débridée n'est pas stupide (qui ne l'a fait sinon Trump avec sa politique envers la Chine - et l'Europe-.). Ce mépris de nos politiques et de nos médias envers l'homme ne sert pas nos intérêts. Sans doute nombre seraient contents de voir un vieillard de 80 ans, respectable mais sénile, diriger la première puissance du Monde?
a écrit le 14/03/2020 à 10:39 :
Welcome to the real world. Trump a été raillé, injurié, traité de fou, particulièrement par les médias français. Sa prestation ,entouré de nombreux chefs d'entreprises, scientifiques était une merveille de com, et d'efficacité. En Franz_istan, on a eu droit à un discours vide et contradictoire du Micron ,installé sur son bureau d'une époque révolue...Bon, vous direz, il a pas les moyens, le prèz-sans -dents d'une nation déficitaire à tous les joints, mais surtout il a pas de cojonès-disons-le- car il est incapable de prendre de vraies mesures. C'est le "en même temps" de rien d'effectif, la marche arrière engagée avec la marche avant...C'est un cas d'école: l'a pas été capable de faire la réforme des retraites, sera pas capable de faire face à cette crise sanitaire et économique. La France sera bientôt le pays le plus infecté par le virus d'Europe, mais rassurez-vous, braves présomptueux de français , grâce à vos gouvernants et média crypto-communistes, vous êtes informés du contraire 8
Réponse de le 14/03/2020 à 11:33 :
La réunion de Trump une merveille de communication ? Il ne comprenait même pas clairement ce que les patrons de groupes pharmaceutique lui expliquait à propos de la complexité de la création d'un vaccin.

Les États Unis auront bien plus de problèmes à juguler l'épidémie avec un système de santé publique déficient et une large partie de la population qui n'est pas assurée.
Je pense que beaucoup d'américains seraient content d'avoir un système comme en France ou chacun à droit à une prise en charge de qualité et couverte par la sécurité sociale.

Trump est ridiculisé non seulement dans la presse française mais partout dans le monde et non sans raison.
Réponse de le 14/03/2020 à 12:48 :
@Phoenix
Trump ne savait même pas de quoi il parlait ! Il n'a aucune conscience du problème . Il ne sait que réduire les budgets dont celui du CDC et faire acheter au prix fort le pétrole de schiste de son copain.
Les US vont connaître un problème pire que la Chine et l' Europe. Bonne nouvelle, Trump dégagera aux prochaines élections, à moins que le virus ne l'emporte avant.

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