Covid-19 : face au nouveau variant, l'Europe et l'Asie se ferment à l'Afrique du Sud
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L'exécutif européen se réunit ce vendredi pour trancher face à une situation sanitaire qui évolue très vite.
SIPHIWE SIBEKO
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L'exécutif européen se réunit ce vendredi pour trancher face à une situation sanitaire qui évolue très vite.
SIPHIWE SIBEKO
Face à la menace du nouveau variant de Covid-19 découvert en Afrique du Sud, la France n'a pas tardé à réagir. L'Hexagone, tout comme le Royaume-Uni, referme ses frontières et suspend les arrivées en provenance de sept pays d'Afrique australe, dont l'Afrique du Sud, a annoncé Matignon à l'AFP vendredi.
Les Pays-Bas ont également interdit les vols de cinq pays d'Afrique australe et, en Allemagne, seuls les citoyens allemands seront autorisés à rentrer d'Afrique du Sud à partir de vendredi soir, mais à condition de respecter une quarantaine de 14 jours, même s'ils sont vaccinés, a annoncé le ministre de la Santé allemand Jens Spahn. L'Italie vient aussi d'interdire son territoire à toute personne ayant séjourné en Afrique australe "au cours des 14 derniers jours".
De plus, la suspension des vols pourrait s'étendre à l'Union européenne. "La Commission européenne proposera, en étroite coordination avec les États membres, d'activer le frein d'urgence pour interrompre les voyages aériens en provenance de la région d'Afrique australe", a tweeté sa présidente Ursula von der Leyen.
L'exécutif européen se réunit ce vendredi pour trancher face à une situation qui évolue très vite. Cette annonce constitue un nouveau coup dur pour le tourisme en Afrique du Sud, juste avant l'été austral lorsque les parcs animaliers et hôtels affichent normalement complet.
De plus, en Asie, Singapour a également annoncé une interdiction similaire à compter de dimanche, sauf pour ses ressortissants et résidents. Le Japon durcit lui aussi ses restrictions aux frontières à l'encontre de six pays d'Afrique australe.
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Mais cette décision n'est pas du goût de tout le monde, le gouvernement sud-africain juge cette mesure "hâtive", et espère que Londres va revoir sa décision.
En effet, avec 10,5 millions de touristes étrangers ayant visité le pays en 2018, l'Afrique du Sud se place au deuxième rang continental derrière le Maroc, selon Business France. Le secteur touristique représente 8,6% du PIB, pour un total de 1,5 million d'emplois indirects en 2019.
Mais la menace que constitue ce nouveau variant, dont la détection a été annoncé jeudi en Afrique du Sud, est grande. Il est en effet potentiellement très contagieux et risque de muter. A ce jour, 22 cas ont été signalés, touchant principalement des jeunes, selon l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles (NICD). Des cas ont également été signalés au Botswana voisin et à Hong Kong, sur une personne de retour d'un voyage en Afrique du Sud.
Israël a également annoncé un cas de ce nouveau variant: "Il s'agit d'une personne revenue du Malawi", a indiqué le ministère israélien de la Santé disant craindre "deux cas supplémentaires de personnes revenues de l'étranger" et placées en confinement. Ces trois personnes étaient vaccinées contre le Covid-19, a précisé dans son communiqué le ministère de la Santé, sans toutefois préciser le nombre de doses ou le type de vaccin.
A ce stade, les scientifiques sud-africains ne sont pas certains de l'efficacité des vaccins existants contre la nouvelle forme du virus. Les métamorphoses du virus initial peuvent potentiellement le rendre plus transmissible, jusqu'à rendre le variant dominant.
De son côté, le laboratoire allemand BioNTech, allié à Pfizer, attend "au plus tard dans deux semaines" de premiers résultats d'études qui permettront de déterminer si le nouveau variant détecté en Afrique du Sud est capable d'échapper à la protection vaccinale, a indiqué une porte-parole.
"Nous avons immédiatement lancé des études sur le variant B.1.1.529" qui "diffère clairement des variants déjà connus car il présente des mutations supplémentaires sur la protéine spike", caractéristique du virus SARS-Cov-2, a expliqué la porte-parole à l'AFP.
Il ajoutait:
À l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les experts chargés du suivi de l'évolution du virus donnant le Covid-19 doivent se réunir ce vendredi à la mi-journée pour déterminer la dangerosité du nouveau variant.
L'agence onusienne n'a eu de cesse de demander aux pays riches de privilégier d'abord la vaccination dans les pays les plus pauvres, plutôt que se lancer dans une troisième dose de rappel.
À lire également
En Afrique du Sud, seulement 28,24% de personnes ont reçu au moins une dose et 23,8% sont complètement vaccinées, selon des données sanitaires sud-africaines du 24 novembre.
(Avec AFP)
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