Crash du Boeing : l'Iran annonce des arrestations dans le cadre de l'enquête

L'Iran a annoncé, ce mardi 14 janvier, avoir procédé à des arrestations dans le cadre de l'enquête sur la catastrophe de l'avion civil ukrainien abattu par erreur, une affaire qui a suscité l'indignation dans le pays et entraîné une troisième nuit de manifestations.
(Crédits : Wana News Agency)

(Article publié le 14/01/20 à 10h15, MAJ le 14/01/20 à 13h10)

Les paroles ont été suivis d'actes. L'Iran a annoncé en fin de matinée avoir procédé à des arrestations dans le cadre de l'enquête. "Une vaste enquête a été menée et des gens ont été arrêtés", a annoncé le porte-parole de la justice, Gholamhossein Esmaili, lors d'une conférence de presse télévisée, sans préciser le nombre de personnes arrêtées.

Plus tôt, le président iranien Hassan Rohani avait assuré que son pays avait l'obligation de retrouver et sanctionner tous les responsables de la catastrophe aérienne du Boeing ukrainien abattu par erreur par un missile iranien le 8 janvier près de Téhéran. "Pour notre peuple, il est très important dans cet accident que quiconque a été fautif ou négligent à tout niveau" soit poursuivi en justice, a-t-il dit dans un discours télévisé, précisant que "tous ceux qui devraient être punis doivent être punis". "Le système judiciaire doit former un tribunal spécial avec des juges de haut-rang et des douzaines d'experts (...) le monde entier va regarder", a poursuivi M. Rohani.

Le général de brigade Amirali Hajizadeh, commandant de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution, avait endossé samedi la "responsabilité totale" du drame, tout en disant que le soldat chargé de tirer avait agi sans ordre. M. Rohani a estimé impossible "que seule la personne ayant appuyé sur le bouton soit fautive. Il y en a d'autres et je veux que cela soit expliqué au peuple de façon claire".

Après avoir démenti l'hypothèse selon laquelle l'avion d'Ukraine International Airlines ait pu être abattu par l'un de leur missile, les forces armées iraniennes ont reconnu, samedi 11 janvier, leur responsabilité dans le crash de l'appareil, abattu le 8 janvier près de Téhéran, en évoquant une "erreur humaine" tout en dénonçant "l'aventurisme américain" dans ce drameLe général de brigade Amirali Hajizadeh, commandant de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution, avait endossé samedi la "responsabilité totale" du drame, tout en disant que le soldat chargé de tirer avait agi sans ordre. M. Rohani a estimé impossible "que seule la personne ayant appuyé sur le bouton soit fautive. Il y en a d'autres et je veux que cela soit expliqué au peuple de façon claire".

Indignation de la société civile

L'annonce de la responsabilité iranienne a provoqué une vague de colère dans le pays, où des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent depuis trois jours des manifestations rythmées par des slogans hostiles aux autorités, y compris au clergé chiite. L'AFP n'a pu obtenir de confirmation indépendante sur l'authenticité de ces vidéos.

Le  groupe de coordination des pays dont des ressortissants sont morts dans le crash du Boeing ukrainien en Iran se réunira jeudi à Londres à l'initiative du Canada, a annoncé lundi le ministre canadien des Affaires étrangères. "Nous avons convoqué la première réunion face-à-face du groupe international de coordination et d'intervention jeudi à la maison du Canada à Londres", a indiqué le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne sur Twitter. Les ministres des Affaires étrangères des cinq pays composant le groupe tenteront de maintenir la pression sur l'Iran pour obtenir un accès consulaire, organiser le rapatriement des dépouilles et demander une enquête transparente à l'Iran, a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère.

Le groupe, créé par le Canada, qui, tout en faisant pression pour que l'Iran mène une enquête transparente dans la foulée du drame, a mis en cause les Etats-Unis pour le regain de tensions dans al région, réunit également le Royaume-Uni, l'Ukraine, la Suède et l'Afghanistan. Par ailleurs, ces pays se sont concertés à deux reprises par téléphone, notamment pour réfléchir à d'éventuelles compensations financières. L'annonce de la responsabilité des forces armées a créé un choc en Iran et une vague d'indignation. Lundi, selon des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, des Iraniens sont descendu dans les rues pour la troisième journée consécutive et semblaient scander des slogans contre les autorités

Lire aussi : L'Iran admet avoir abattu par erreur l'avion d'Ukraine Airlines

L'annonce de la responsabilité des forces armées a créé un choc en Iran et une vague d'indignation. Lundi, selon des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, des Iraniens sont descendu dans les rues pour la troisième journée consécutive et semblaient scander des slogans contre les autorités. Parmi les 176 victimes de la catastrophe se trouvaient en majorité des Iraniens et des Canadiens. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a assuré lundi que "justice sera faite".

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 14/01/2020 à 17:24
Signaler
Le premier responsable, c'est évidemment Rohani lui-même. Vu l'état d'alerte militaire, les vols civils auraient du être suspendus. Le troufion de base qui a finalement appuyé sur le bouton n'est que le dernier maillon d'une chaîne d'incompétents ...

à écrit le 14/01/2020 à 11:40
Signaler
Ne pas arriver à faire la différence entre un avion civil de grande dimension,un drone ou un avion de combat,je pense que le manque de formation ,l'idéologie et la bêtise crasse en sont la cause.

à écrit le 14/01/2020 à 11:16
Signaler
Les dirigeants iraniens ont voulu monter leur peuple contre les Etats Unis après leur frappe chirurgicale (élimination d'un personnage trouble hors de son pays qui n'était là que pour causer des morts et organiser des attentats..): résultat? 50 morts...

à écrit le 14/01/2020 à 10:24
Signaler
C'est le moment d'aller chercher des opposants politiques à exécuter: "Ils ont cherché à s'enfuir cela prouve que c'étaient bien eux les coupables !" AU sein d'une dictature "punir les coupables" ne veut rien dire. Enfin je ne les accable pas...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.