Banques, paiements, défense… La « dépendance » du Vieux Continent à la première économie mondiale est régulièrement dénoncée, y compris par des instances européennes. État des lieux d’une situation que Donald Trump cherche à accentuer avec sa politique commerciale protectionniste.« Jour de la Déclaration de Dépendance européenne » aux États-Unis, tacle l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, « soumission » pour François Bayrou, « capitulation », « victoire pour Trump » s'insurgent des économistes... Les mots ne sont pas tendres, au lendemain de la rencontre du 27 juillet 2025 en Écosse, entre le leader d'« America First » et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annonçant « le plus grand deal jamais conclu ».
Si les contours de l'accord et son application, sur le plan juridique notamment, doivent encore être précisés, cette question de la « dépendance » et du retour de la souveraineté européenne a été mise au pilori par la guerre commerciale déclenchée en février par Donald Trump lors de son « Liberation Day ». Lequel lui avait permis de donner sa vision de l'UE, « créée dans le but d'arnaquer les États-Unis ». Son vice-président, JD Vance, a même été jusqu'à la qualifier de « vassal permanent ».
Pourtant, fin 2024, le rapport Draghi appelait à rééquilibrer la relation, vers une autonomie renforcée de l'Union sur les secteurs stratégiques. Encore récemment, pour défendre l'Ukraine, l'Europe s'est engagée à bâtir sa propre armée. Ces vœux pieux ne datent pas d'hier. « Les Américains nous donnent de l'argent et nous payons en cédant une part de notre indépendance ; c'est effrayant », dénonçait déjà, en 1950, le président français, Vincent Auriol, au sortir de la Seconde Guerre mondiale qui déboucha sur le célèbre plan Marshall, nécessaire à la reconstruction du Vieux Continent.
Voici les secteurs et les chiffres de cette « dépendance » européenne à la première économie mondiale qui ressurgit lors de crises, comme celle du Covid-19 avec les vaccins, ou encore celle des semi-conducteurs. Autant d'échanges que Donald Trump cherche à maîtriser pour assurer la domination américaine.