Les producteurs américains de soja tirent 50 % de leurs revenus agricoles des exportations. Et la Chine est leur principal marché. Les contre-mesures promises par Pékin risquent donc de leur faire très mal.Il n'y a pas, parmi les soutiens de Donald Trump, que les patrons des grandes entreprises qui n'apprécient pas ses menaces de droits de douane tous azimuts. Les agriculteurs américains, éléments essentiels de la réélection du président américain, craignent aussi d'être fortement lésés.
Premier pays exportateur agricole mondial, les États-Unis tirent en effet 20 % de leur revenu agricole des exportations. Pour les oléagineux (notamment le soja) et les céréales, cette part dépasse respectivement 50 % et 60 %. Autant de recettes qui pourraient être affectées par les contre-mesures douanières des partenaires commerciaux des États-Unis si, après la mise en pause annoncée hier soir du gros de ses menaces, des accords satisfaisants pour les agriculteurs américains n'étaient pas trouvés avec leurs pays clients.
La Chine, un marché agricole à 24,6 milliards de dollars
Le scénario du pire est d'ailleurs loin d'être écarté avec la Chine, vis-à-vis de qui Trump, au lieu de désamorcer la guerre commerciale, a pour le moment choisi l'escalade. Les droits de douane imposés par Washington au produits chinois, qui avaient déjà été fixés à 104 %, atteindront désormais 125 %, a annoncé hier le président. Tout en laissant la « porte ouverte pour des négociations », Pékin a déjà riposté, en confirmant pour sa part des taux de 84 % sur l'ensemble des produits américains importés sur son territoire, et en promettant de « se battre jusqu'au bout ».
Problème: la Chine est le troisième débouché commercial pour les agriculteurs américains, après le Mexique et le Canada. En 2024, il pesait 24,6 milliards de dollars (22,4 milliards d'euros). « Pour le soja américain, la Chine est même le principal marché: les Américains y écoulent plus de la moitié de leurs exportations », analyse Christian Ligeard, conseiller pour les affaires agricoles à l'ambassade de France aux États-Unis.
Production abondante et dollar fort