En Amérique latine, la Chine poursuit son influence face à Trump

Le président chinois Xi Jinping rencontre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva à Pékin ce mardi.
Reuters

Le président chinois Xi Jinping rencontre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva à Pékin ce mardi.
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La Chine tire son épingle du jeu en Amérique latine. Le président chinois Xi Jinping a reçu mardi à Pékin des dizaines de dirigeants de la région, comme le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, à l'occasion du forum Chine-CELAC (Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes). L'occasion pour la Chine de se placer en tant qu'élément fédérateur et défenseur du multilatéralisme, le tout dans l'arrière-cour des États-Unis.
Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les liens entre les États-Unis l'Amérique latine se sont un peu plus tendus. La politique commerciale et migratoire agressive de la part de Washington a jusqu'ici profité à la Chine, qui continue d'étendre son influence dans la région. « Pékin est déjà un partenaire clé pour la région, et cela ne va faire que se renforcer », estime Adriana Meyer, économiste et spécialiste de l'Amérique du Sud chez BPI France.
Si l'Amérique latine a été moins touchée par les taxes comparées à l'Asie, Donald Trump a tout de même instauré des droits de douane réciproques de 10 % à quasiment tous les pays de la zone. Le Mexique, qui a été épargné de cette taxe plancher, a écopé d'une surtaxe de 25 % sur les véhicules ou encore l'acier et l'aluminium.
Le président chinois n'a pas hésité à rappeler mardi, lors de la cérémonie d'ouverture du forum, que « personne ne peut gagner une guerre des droits de douane ou une guerre commerciale ». Si les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l'Amérique latine, la Chine gagne de plus en plus du terrain. Ses parts de marché à l'export dans la région ont triplé en 18 ans, passant de 7 % en 2005 à 20 % en 2023, d'après une note de BPI France, « au détriment des États-Unis (-5,4 points) ».
Et en Amérique du Sud (qui ne comprend pas l'Amérique centrale), les États-Unis ont bel et bien perdu leur avantage. « L'Amérique du Sud représente 72 % du commerce entre la Chine et l'Amérique latine », pointe BPI. Le Brésil est le premier partenaire commercial de la Chine dans la région, recevant 24 % des exportations. « Le sommet qui se tient actuellement à Pékin est une opportunité pour le Brésil d'augmenter ses exportations vers la Chine, notamment de céréales et de soja, des domaines où les Brésiliens peuvent concurrencer les États-Unis », complète Adriana Meyer.
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La Chine a également avancé ses pions du côté des investissements. Mardi, Xi Jinping a même promis des milliards de crédit pour le « développement » de la région, et des coopérations plus poussées dans l'énergie, les infrastructures ou l'éducation.
Dans le détail, le stock d'IDE (investissements directs à l'étranger, NDLR) chinois est nettement moins important (187,5 milliards de dollars en 2022) que celui des Américains (1 040 Mds), et même que celui des Européens (765 Mds) pointe la note de BPI. Mais pour la Chine, l'Amérique latine est la deuxième région qui reçoit le plus d'investissements, derrière l'Asie et devant l'Afrique.
Des prêts et des financements qui interviennent souvent dans le cadre du projet des « Nouvelles routes de la soie » (BRI). Ce programme chinois consiste pour Pékin à investir et construire des infrastructures dans le monde entier, notamment dans les pays en développement. Le programme compte de nombreux pays de la région dont, entre autres, le Chili, l'Argentine, le Costa Rica, l'Équateur ou encore la Bolivie. Le Brésil n'en fait cependant pas parti.
Outre les infrastructures, le pays a quelque peu changé l'orientation de ses investissements. « La Chine s'est dernièrement focalisée sur le secteur des énergies renouvelables et des métaux critiques », pointe Adriana Meyer, la région ayant « un fort potentiel en matière de ressources minières critiques et stratégiques ». Des matières premières nécessaires pour la transition énergétique, ou encore pour les batteries des smartphones et des voitures électriques.
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Malgré la présence grandissante de la Chine, les États-Unis continuent d'exercer leur influence dans la région et mettent même la pression aux pays pour choisir leur camp. Preuve en est, le Mexique a dévoilé un plan en janvier, d'après le Financial Times, pour moins dépendre des importations chinoises. De son côté, le Panama a préféré se retirer du projet des « Nouvelles routes de la soie » après la crise diplomatique autour du canal de Panama soupçonné par l'administration Trump d'être sous l'emprise de Pékin.