En Inde, l'économie carbure plus que jamais au charbon... par nécessité
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vue d'une centrale électrique au charbon à Ahmedabad, principale ville de l'État du Gujarat, au nord-ouest de l'Inde India.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vue d'une centrale électrique au charbon à Ahmedabad, principale ville de l'État du Gujarat, au nord-ouest de l'Inde India.
Reuters
A l'instar des pays de l'Union européenne avec le gaz, l'Inde cherche à sécuriser ses stocks de charbon pour faire face à la hausse de la demande d'électricité prévue sur la fin de 2023 et début 2024. Dans un avis publié par le ministère de l'Energie indien, les producteurs d'électrons sont donc incités à augmenter de 6% leurs stocks de charbon thermal d'ici septembre, qui représente la source de 70% de l'électricité. Sans cela, estime le ministère, il y aura des pénuries car il manquera 24 millions de tonnes.
Pourtant, année après année, le pays extrait toujours plus de charbon. La production locale a progressé de 6,3% en 2021, pour atteindre 805 millions de tonnes, et de 11% en 2022, à 893 millions de tonnes. A l'horizon 2025, le milliard de tonnes devrait être atteint. Mais cet effort reste insuffisant. La consommation a atteint 959 millions de tonnes en 2021 (+14,2%) et 1,027 milliard de tonnes en 2022 (+7,1%), selon les dernières données recueillies par l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Les importations restent donc nécessaires. Si elles avaient baissé de 10,3% en 2021, elles ont augmenté à nouveau en 2022, de 7,8% (+152 millions de tonnes). Et elles devraient encore grossir cette année, comme l'anticipe le ministère de l'Energie indien. Le charbonnage et son commerce représentent un secteur primordial chez le géant asiatique. Le milliardiaire indien Gautam Adani, troisième personne la plus riche du monde derrière Bernard Arnault et Elon Musk, a fait fortune principalement dans le négoce du charbon.
À lire également
Or, même si le charbon reste l'hydrocarbure le meilleur marché, son prix international reste élevé. Contrairement à ceux du gaz naturel et du pétrole qui ont chuté pour revenir à leur niveau d'avant l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, le prix de référence international pour l'Asie, fourni par le marché de Newcastle (Australie), évoluait ce mercredi, juste sous le seuil de 400 dollars la tonne, soit un prix supérieur de 99% à celui où il se trouvait il y a un an.