États-Unis : l’inflation américaine accélère face à des chiffres de l'emploi moroses

La hausse des prix aux États-Unis a accéléré sur un an à 2,9 % en août, contre 2,7 % le mois précédent.
Willy Kurniawan

La hausse des prix aux États-Unis a accéléré sur un an à 2,9 % en août, contre 2,7 % le mois précédent.
Willy Kurniawan
L'inflation poursuit sa lente progression outre Atlantique. La hausse des prix aux États-Unis a accéléré sur un an à 2,9 % en août, contre 2,7 % le mois précédent, d'après l'indice des prix à la consommation (CPI) publié ce jeudi. Un chiffre qui correspond aux anticipations des marchés. Même constat sur un mois : l'inflation a grimpé de 0,4 %, après 0,2 % en juillet.
Du côté de l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire hors prix de l'alimentation et de l'énergie, l'indice est resté stable sur un an à 3,1 %. Si la hausse des prix s'éloigne désormais de plus en plus de la cible de la Fed fixée à 2 %, la Réserve fédérale américaine, la Fed, pourrait néanmoins baisser ses taux lors de sa prochaine réunion la semaine prochaine. Elle se retrouve prise en étau entre une inflation qui reprend de la vigueur et le coup d'arrêt sur le marché du travail aux États-Unis. Pour rappel, la Fed doit répondre à un « double mandat », ses deux objectifs étant la stabilité des prix et le plein-emploi.
Mardi, le département américain du Travail a, en effet, revu à la baisse les emplois créés entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025 de plus de 900 000 emplois. Au mois d'août, les chiffres de l'emploi atteignaient à peine 22 000. Les inscriptions au chômage ont même grimpé à 263 000 la semaine dernière. Des chiffres moroses qui confirment bel et bien une possible baisse des taux semaine prochaine.
Par ailleurs, Donald Trump continue à mettre la pression sur les dirigeants de la Fed et en particulier son président, Jerome Powell, qu'il a surnommé « Jerome too late » (Jerome trop tard). « Pas d'inflation !!! « Trop tard » doit baisser le TAUX, FORTEMENT, dès maintenant. Powell est un désastre total, il n'y comprend rien !!! », commentait encore hier le président américain sur le réseau Truth social. Et les ingérences se multiplient à l'égard de l'institution indépendante pour la contraindre à baisser les taux rapidement. Dernier exemple en date : le limogeage de la gouverneure Lisa Cook, qui a cependant été bloqué pour le moment par la justice.
Si une baisse des taux ne laisse plus beaucoup de doute, l'incertitude demeure quant à son ampleur. Avant que les chiffres de l'inflation ne tombent, les probabilités qu'elle soit de 25 points de base étaient de 92 %, d'après la note d'Alexandre Baradez, responsable des analyses marchés chez IG. La probabilité d'une baisse de taux de 50 points de base était, elle, de 8 %. Le fait que l'inflation corresponde bel et bien aux prévisions rajoute de la crédibilité au premier scénario. « Nous anticipons désormais deux baisses consécutives de 25 points de base lors de ses deux prochaines réunions (16-17 septembre et 28-29 octobre), suivies de deux autres au premier semestre 2026 », arguent de leurs côtés les économistes d'Allianz Trade.
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Dans une autre note, Jeffrey Roach, économiste pour LPL Financial, se montre davantage prudent : « Les chiffres élevés de l'inflation ne devraient pas dissuader la Fed de baisser les taux en septembre, mais il est possible qu'elle s'abstienne de bouger en octobre si les attentes en matière d'inflation ne semblent plus bien maîtrisées ».
D'autant que les économistes et analystes anticipent une remontée de l'inflation depuis la mise en place des droits de douane de Donald Trump bien que l'incertitude demeure sur l'ampleur de l'impact de ces surtaxes sur la hausse des prix, à cause du caractère inédit de l'offensive douanière. « Il n'y a pas vraiment de précédent moderne », avait ainsi commenté fin juin Jerome Powell.
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Pour rappel, si les droits de douane vont être supportés en partie par les exportateurs étrangers, dans les faits, ce sont les importateurs américains qui vont régler la surtaxe. Ils vont alors devoir rogner sur leur marge ou bien augmenter les prix pour les consommateurs américains. Or, à quel point les droits de douane vont-ils être supportés par les consommateurs ? Selon la banque américaine Goldman Sachs, si les entreprises américaines ont jusqu'ici largement absorbé les tarifs douaniers, les consommateurs américains pourraient par la suite absorber 67 % des coûts.