Un responsable de la Fed réaffirme son indépendance face à Trump ou Wall Street
latribune.fr
Le responsable réagissait aux mauvais chiffres du marché du travail américain, tombés hier. Un paramètre qui pousse en faveur d’une baisse des taux de la Réserve fédérale.
Le rôle de la Fed « consiste à ne pas surréagir devant un rapport mensuel ou ce qui s’est passé sur les marchés il y a deux semaines », a déclaré vendredi le président de la Fed de Chicago.
La Réserve fédérale (Fed) ne doit pas agir en se basant sur un seul rapport décevant, ou pour satisfaire le gouvernement américain et les marchés financiers, a plaidé vendredi un des responsables de la banque centrale des États-Unis.
Un propos tenu en réaction aux chiffres officiels sur le marché du travail américain publiés vendredi. Ceux-ci montrent que les États-Unis créent beaucoup moins d'emplois que par le passé. Le taux de chômage est désormais de 4,3 %, son plus haut niveau depuis octobre 2021.
Cette publication, jugée décevante, a conforté les investisseurs dans l'idée que la Fed allait baisser ses taux pour la première fois depuis décembre à l'issue de sa prochaine réunion, le 17 septembre.
« Ne pas surréagir »
Président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee a souligné, dans une interview à Bloomberg TV, qu'il lui fallait plus d'éléments pour être convaincu que l'emploi va mal. Le cadre a ajouté qu'il voulait être sûr que l'inflation n'allait pas dérailler. Le rôle de la Fed « consiste à ne pas surréagir devant un rapport mensuel ou ce qui s'est passé sur les marchés il y a deux semaines », a-t-il déclaré.
« La loi est claire : le FOMC (comité définissant les taux d'intérêt, NDLR) stabilise les prix, maximise l'emploi. Elle ne parle pas de satisfaire le gouvernement ou de satisfaire la Bourse. Ce n'est pas dans le mandat que le Congrès nous a donné », a-t-il insisté. Toute fois, Austan Goolsbee, a fait savoir qu'il restait « indécis » quant à une baisse oun une hausse des taux.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
La Fed fait l'objet de pressions continues de la part du président Donald Trump, qui réclame des taux d'intérêt plus bas pour faciliter l'accès au crédit. Les banquiers centraux américains avaient jusqu'ici préféré ne pas toucher aux taux, redoutant un rebond d'inflation en raison des nouveaux droits de douane imposés par la Maison-Blanche.