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ÉconomieInternational

États-Unis: la Fed maintient ses taux et table sur une seule baisse en 2024

latribune.fr

Publié le 13 juin 2024 à 06:32 - Mis à jour le 13 juin 2024 à 06:32

Le principal taux directeur de la Fed reste dans la fourchette de 5,25% à 5,50% dans laquelle il se trouve depuis juillet dernier, son plus haut niveau depuis plus de 20 ans.

Le principal taux directeur de la Fed reste dans la fourchette de 5,25% à 5,50% dans laquelle il se trouve depuis juillet dernier, son plus haut niveau depuis plus de 20 ans.

Joshua Roberts

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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La Réserve fédérale américaine a, sans surprise, maintenu ses taux à leur niveau ce mercredi. L’institution a signalé qu'elle pense les abaisser une seule fois en 2024, face au rebond de l'inflation du début d'année et malgré de récents chiffres plus encourageants. Son président, Jerome Powell, a prévenu qu’il faudra observer plusieurs mois de baisse de l'inflation pour que la réduction des taux soit lancée.

Les ménages et les entreprises américains vont devoir attendre encore avant d'emprunter à un coût moins élevé. La banque centrale américaine (Fed) a laissé, sans surprise, son principal taux directeur dans la fourchette de 5,25% à 5,50% dans laquelle il se trouve depuis juillet dernier, son plus haut niveau depuis plus de 20 ans. La décision a été prise à l'unanimité des membres du comité de politique monétaire (FOMC), qui s'est réuni ces mardi et mercredi.

Une situation qui pourrait durer. Le président de l'institution monétaire, Jerome Powell, a en effet averti que les taux d'intérêt resteront à ce niveau élevé « aussi longtemps que nécessaire », si « l'économie reste solide et que l'inflation persiste ». Il a prévenu qu'il faudrait observer plusieurs mois de baisse de l'inflation pour que la réduction des taux soit lancée. Et a notamment estimé que la hausse des salaires, qui est une bonne nouvelle pour le porte-monnaie des Américains, reste trop élevée pour permettre un retour de l'inflation à un niveau acceptable.

« Si le marché du travail devait s'affaiblir de manière inattendue ou si l'inflation devait chuter plus rapidement que prévu, nous sommes prêts à réagir »,et donc à abaisser les taux, a néanmoins assuré Jerome Powell, lors d'une conférence de presse suivant l'annonce.

Une seule baisse prévue en 2024

Autre annonce très attendue de cette réunion : les responsables de la Fed ont indiqué qu'ils ne pensent abaisser les taux qu'une seule fois en 2024. Dans le détail, quatre d'entre eux n'anticipent aucune baisse, sept en voient une seule, et huit tablent sur deux. Une rigueur qui a surpris. Mais Ian Shepherdson, chef économiste pour Pantheon Macroeconomics, juge que « la Fed devra bientôt faire marche arrière (sur ces prévisions), car le marché du travail va probablement s'assouplir sensiblement au cours de l'été, tandis que (l'inflation) sera certainement meilleure » que prévu.

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Etats-Unis : la Fed ne devrait baisser ses taux qu'à partir de novembre

Le FOMC a, dans son communiqué, fait état de « modestes progrès supplémentaires » vers son objectif de 2% d'inflation. Après un rebond en début d'année, la hausse générale des prix est repartie à la baisse seulement ces deux derniers mois. Elle a connu une timide amélioration en avril, confirmée en mai, avec un ralentissement à +3,3% sur un an contre +3,4% en avril, et même des prix stables sur un mois, selon l'indice CPI publié également ce mercredi. Mais cette bonne nouvelle n'a pas été suffisante pour convaincre la Fed d'enclencher la baisse des taux. Elle a en revanche convaincu les acteurs du marché, qui oscillaient entre septembre et novembre pour une première baisse des taux, que celle-ci arriverait dès la fin de l'été, selon l'évaluation de CME Group.

Reste maintenant à attendre les chiffres de l'inflation selon l'indice PCE, mesure privilégiée par la Fed. Il est, lui, resté stable en avril à 2,7% sur un an et les données de mai seront publiées fin juin. L'institution monétaire est mitigée à son sujet : elle voit cet indice d'inflation finir l'année à +2,6% (en hausse par rapport aux +2,4% de ses dernières prévisions, publiées en mars), puis à +2,3% en 2025 (contre +2,2% auparavant prévus).

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Jeu d'équilibriste

Dans ce contexte, la Réserve fédérale évolue sur une corde raide. Si elle commence trop tard à abaisser ses taux, elle risque de faire ralentir trop fortement l'activité économique, ce qui pourrait compromettre la belle santé du marché de l'emploi américain. Cela inquiète d'ailleurs le Parti démocrate du président Joe Biden, à moins de cinq mois de l'élection présidentielle qui l'opposera au républicain et ex-locataire de la Maison Blanche, Donald Trump. Deux élus démocrates du Congrès ont ainsi envoyé un courrier au président de la Fed ce lundi, l'avertissant qu' « une politique monétaire excessivement restrictive pourrait mettre en péril le marché de l'emploi vigoureux » aux États-Unis. Pour rappel, l'institution monétaire est indépendante du pouvoir politique mais, évidemment, ses décisions ont des conséquences importantes sur l'économie américaine.

En maintenant ses taux à ce niveau, la Fed marque en tout cas sa différence avec son homologue européenne, la BCE. Celle-ci a enclenché le desserrement de sa politique monétaire la semaine dernière, en abaissant ses taux directeurs pour la première fois depuis 2019. Pour autant, l'institution européenne s'est elle aussi montrée prudente, précisant que cette première baisse ne sera pas obligatoirement suivie d'une autre dès sa prochaine réunion. Car les gardiens de l'euro s'attendent à un parcours « cahoteux » de l'inflation dans les mois qui viennent et préfèrent aller doucement dans leur politique de desserrement monétaire plutôt que trop vite et de risquer de ruiner les efforts réalisés ces dernières années.

A LIRE AUSSI

La BCE baisse enfin ses taux directeurs, après deux ans de resserrement monétaire

Record à Wall Street

À la Bourse américaine, après les chiffres de l'inflation ce mercredi, le Nasdaq et le S&P 500 ont inscrit des records. Le premier, à forte coloration technologique, a grimpé de +1,53% à 17.608,44 points, signant son 16e record de l'année. Quant au second, il a aussi franchi un 28e sommet cette année, gagnant 0,85% à 5.421,03 points et s'installant au-dessus de la barre de 5.400 points pour la première fois. En revanche, le Dow Jones s'est très légèrement replié face à la prudence de la Fed, de 0,09% à 38.712,21 points.

Les investisseurs ont d'abord célébré la publication de la baisse de l'indice CPI des prix à la consommation aux États-Unis. « Le rapport de ce matin sur l'inflation était formidable. Les investisseurs ont répondu en envoyant les actions vers la lune et les rendements obligataires en bas de l'échelle », a résumé José Torres, économiste pour Interactive Brokers. Un enthousiasme qui s'est un peu freiné en deuxième partie de séance à la suite de la décision de la Fed.

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La Fed confirme ses prévisions sur la croissance et le chômage

La Fed a aussi dévoilé ce mercredi ses nouvelles prévisions. Elle a confirmé celle sur la croissance du produit intérieur brut (PIB) : elle s'affichera, d'après elle, à +2,1% en 2024 et +2% en 2025, comme indiqué après sa réunion de mars. L'OCDE est plus optimiste pour cette année, tablant sur +2,6% selon ses dernières estimations publiées début mai (en hausse de 0,5 point par rapport à celles de février). Mais plus pessimiste pour 2025, s'attendant à une croissance de +1,8% (+0,1 point). Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit, lui, une croissance de +2,7% en 2024 et de +2,1% en 2025, selon ses chiffres actualisés en avril. Pour rappel, elle avait atteint +2,5% et +1,9% ces deux dernières années.

Quant au taux de chômage, la prévision dévoilée ce mercredi par la Fed reste identique pour cette année, à +4%, mais est révisée pour 2025, à +4,2% contre +4,1%.

(Avec AFP)

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