États-Unis : les ventes au détail progressent à nouveau, tirées par les droits de douane... ou l'inflation
CV (avec AFP)

Un supermarché Walmart en Floride.
Jc Milhet / Hans Lucas via Reuters Connect
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Un supermarché Walmart en Floride.
Jc Milhet / Hans Lucas via Reuters Connect
Les droits de douane que Donald Trump impose au reste du monde continuent de tirer la consommation à la hausse aux États-Unis. Les ventes au détail ont, en effet, poursuivi leur progression au mois de juillet, pour le deuxième mois d'affilée et en parfaite conformité avec les attentes du marché.
Selon les données publiées ce vendredi par le département du Commerce, elles ont progressé de 0,5 % sur un mois, pour atteindre 726,3 milliards de dollars, moins cependant qu'en juin, où elles avaient progressé de 0,9 % (contre 0,6 % comme annoncé initialement). Les analystes anticipaient précisément une progression de 0,5 %, selon le consensus publié par MarkerWatch.
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Cette croissance ce mois-ci est principalement tirée par les ventes de véhicules automobiles et d'ameublement, alors que d'autres secteurs, tels que les matériaux de construction, l'électronique, la restauration ou encore les magasins de proximité, voient leurs ventes reculer.
L'économie américaine reste largement tirée par la consommation des ménages qui avaient reporté leurs achats il y a deux mois dans la crainte des droits de douane à venir. Ces derniers sont désormais effectifs depuis le 7 août et imposés par le dirigeant américain aux pays des 90 principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Ils s'établissent entre le seuil minimal de 10 %, sur la majorité des produits entrant sur le sol américain, et vont jusqu'à 50 %. De leur côté, les produits européens sont, pour la plupart, concernés par un plafond de 15 %, ceux provenant du Japon par au minimum 15 % en plus des taux appliqués avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Les consommateurs américains ont donc anticipé ces surtaxes dont ils pourraient être les principaux perdants. Et pour cause, quand les États-Unis mettent en place des droits de douane sur les produits importés d'un pays, ce sont les importateurs américains qui s'acquittent de la taxe. Et non le pays exportateur. Or, l'administration Trump n'a cessé d'affirmer que les pays exportateurs allaient payer la plus grande partie des tarifs douaniers. La hausse des prix sur les consommateurs américains devrait donc être minime. D'autant que, toujours selon l'administration, les entreprises étrangères préféreraient ne pas augmenter leurs prix afin de conserver leur part de marché et leur compétitivité aux États-Unis. Un argument qui ne vaut que pour les secteurs où les produits peuvent être facilement remplacés par d'autres fabriqués aux États-Unis.
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Ainsi les grossistes ou les détaillants américains ont désormais deux possibilités : répercuter une partie ou le total du coût de la surtaxe sur leur marge ou augmenter leurs tarifs. Pour 2025, le Budget lab de l'Université de Yale anticipe déjà une inflation de 1,9 % aux États-Unis et une perte de revenu moyenne de 2 500 dollars par ménage.
D'ailleurs, les données publiées par le département du Commerce ce vendredi sont publiées en valeur, et non en volume. Autrement dit, la hausse de la vente au détail pourrait autant s'expliquer par une consommation plus importante que par une hausse des prix.
Pour l'heure, l'inflation reste néanmoins modérée bien qu'elle progresse. Selon les derniers chiffres, elle s'est élevée à 2,7 %, avec une progression mensuelle de 0,2 point par rapport à juin, contre 2,8 %, selon les analystes. Un chiffre toutefois plus élevé quand on exclut l'énergie et l'alimentation, par nature plus volatiles. Les prix à la consommation augmentent alors de 3,1 % sur un an (contre + 2,9 % sur un an, en juin), dépassant cette fois-ci les attentes.
De quoi inquiéter les consommateurs. En témoigne la confiance de ces derniers qui a chuté de nouveau au mois d'août : Selon l'estimation préliminaire du baromètre publié ce vendredi par l'Université du Michigan, l'indice ressort à 58,6 points, en recul de 5 % sur un mois, avec une baisse de deux sous-indicateurs pris en compte, la confiance dans les conditions économiques actuelles et celle dans l'activité économique à venir.
Une estimation qui a surpris les analystes, alors que ces derniers tablaient plutôt sur une légère hausse de l'indice, à 62,5 points au mois d'août contre 61,7 points en juillet, selon le consensus publié par MarketWatch. Sur un an, l'indice se situe 13,7 % en deçà des niveaux observés alors.
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Il s'agit « de la première baisse en quatre mois », a rappelé la directrice de l'enquête, Joanne Hsu, citée dans le communiqué, pour qui « cette détérioration est largement nourrie par une hausse des inquiétudes relatives à l'inflation ». « Les consommateurs ne se préparent pas au pire scénario, comme c'était le cas en avril », mais ils « continuent à s'attendre à ce que l'inflation et le chômage se détériorent dans le futur », développe-t-elle.
(Avec AFP)
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