Présidentielle américaine : Harris courtise les électeurs indécis, y compris républicains
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Kamala Harris mène une campagne centriste à destination des électeurs modérés.
Jonathan Drake
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Kamala Harris mène une campagne centriste à destination des électeurs modérés.
Jonathan Drake
Une stratégie électorale assumée. La candidate démocrate à la présidentielle Kamala Harris s'est affichée jeudi avec la républicaine Liz Cheney, qui a appelé les Américains à choisir le camp de « la vérité » plutôt que Donald Trump.
Dans l'Etat clé du Wisconsin (nord-est), la fille de l'ex-vice président Dick Cheney a ainsi joué les porte-paroles de luxe pour Kamala Harris à Ripon, où le parti républicain a été imaginé en 1854. « Je vous demande de vous tenir dans la vérité, de rejeter la cruauté dépravée de Donald Trump. Et je vous demande plutôt de nous aider à élire Kamala Harris à la présidence », a lancé Liz Cheney, sous les vivats.
Kamala Harris, qui mène une campagne centriste à destination des modérés, en a profité pour saluer cette figure de la droite américaine comme une « véritable patriote ». Elle a aussi loué la « conviction de dire la vérité » de cette républicaine, personnage clé de la commission d'enquête sur l'invasion du Capitole le 6 janvier 2021, par des partisans de Donald Trump.
A 33 jours du scrutin de novembre, la vice-présidente et candidate démocrate espère que ce genre de soutiens pris au camp conservateur puisse influencer les rares indécis restants. Donald Trump « piétine de manière irresponsable nos valeurs démocratiques », a-t-elle attaqué, en soulignant les risques de son éventuel retour au pouvoir. « Il a refusé d'accepter la volonté du peuple et les résultats d'une élection qui était libre et équitable. »
Ce pas entre les deux femmes intervenait au lendemain de la publication par la justice de nouveaux éléments à charge contre l'ex-président. « Avec des complices agissant à titre privé, Donald Trump a lancé une série de tentatives toujours plus désespérées pour renverser le résultat de l'élection », a affirmé mercredi le procureur spécial, qui instruit ce dossier au niveau fédéral.
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En meeting jeudi dans le Michigan, un autre Etat clé manufacturier de la « ceinture de la rouille », Donald Trump a continué a s'accrocher aux mensonges qu'il alimente depuis quatre ans. « Nous avons gagné en 2020. L'élection était truquée », a-t-il assuré, contre toute évidence.
Le milliardaire a une nouvelle fois publiquement insulté Kamala Harris, en la traitant de « folle » et en utilisant plusieurs fois le pronom « il » pour la désigner. Le tribun sait que l'élection se jouera sans doute à quelques dizaines de milliers de voix près, celles d'électeurs encore indécis dans les fameux « swing states ». Mais il fait le pari que ce n'est pas un discours modéré, mais sa rhétorique toujours plus violente qui les séduira. « Si vous voulez que votre pays descende aux enfers (...) votez Kamala », a encore déclaré le candidat de 78 ans, en promettant d'être le « champion » des ouvriers.
Le républicain a vanté ses projets de lourdes taxes sur les importations, censées protéger les industries américaines, et a poursuivi ses violentes attaques sur l'immigration. Sans preuve, il a accusé le président Joe Biden et Kamala Harris de dilapider les fonds destinés aux victimes de catastrophes naturelles, alors que l'ouragan Hélène vient de ravager des régions du sud-est des Etats-Unis, au profit d'immigrés en situation irrégulière qui recevraient des « bons d'achat » et seraient logés « dans des hôtels de luxe ».
Pour mémoire, ce puissant ouragan, qui a fait 155 morts selon le dernier bilan, est devenu un enjeu politique. Car même s'il ne « s'agit en rien de la pire des tempêtes que les Etats-Unis aient connu », rappelle à La Tribune Romuald Sciora, chercheur à l'IRIS, l'échéance de l'élection se rapproche, avec deux candidats qui sont toujours au coude-à-coude dans les sondages. Sans compter que parmi les Etats touchés par la catastrophe naturelle, la Caroline du Nord et la Géorgie font partie des Swing States, ces Etats clés qui pourraient tout changer lors des élections.
Autre événement, devenu caisse de résonance politique dans cette campagne américaine : la grève des dockers américain qui a pris fin jeudi, après qu'un accord ait été trouvé avec l'ILA, le puissant syndicat du secteur. Selon le Wall Street Journal, qui cite des personnes proches du dossier, les employeurs du secteur ont proposé une augmentation des salaires de 62% sur six ans. Une proposition acceptée par les représentants de salariés. Durant les trois jours de conflit, l'ex-président Donald Trump a critiqué Joe Biden, qui « aurait dû travailler à un accord » avec les dockers, « la force vive » des Etats-Unis.
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Le livre pro-avortement de Melania Trump détonne
Lors de son dernier meeting, Donald Trump n'a en pas évoqué les mémoires à paraître de son épouse Melania Trump, dans lesquels elle soutient fermement le droit à l'avortement. Ce livre détone et fait déjà le bonheur de l'équipe de campagne de Kamala Harris, qui a hissé la question des droits reproductifs en thème central.
D'autant que la démocrate accuse Donald Trump d'être l'architecte du recul du droit à l'avortement aux Etats-Unis. D'ailleurs, le candidat républicain s'est souvent félicité d'avoir nommé trois juges conservateurs à la Cour suprême qui a mis fin à la garantie constitutionnelle à l'IVG après son mandat.
Sur Fox News, il a rapidement expédié son apparent désaccord avec sa femme. « Nous en avons parlé et je lui ai dit : "Tu dois écrire ce en quoi tu crois, je ne vais pas te dire ce que tu dois faire" », a affirmé l'ancien président républicain, sur la chaîne conservatrice.
(Avec AFP)
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